E.S.S. – C.A. : Faites votre devoir et continuez la belle histoire






* Stade olympique de Sousse (16h00) - Arb: Iturralde (Esp.) - Direct TV T7


 


Le stade olympique de Sousse vibrera tout à l’heure au rythme de la «finale» du championnat de la L1 entre deux mastodontes de notre football en l’occurrence l’E.S.S. et le C.A. Soit deux grands parmi d’autres grands qui sont l’E.S.T., le S.T., le C.S.S., le C.S.H.L., le C.A.B, l’U.S.M., des clubs qui ont contribué à l’évolution du sport roi en Tunisie et lui ont permis de gagner ses titres de noblesse à l’échelle arabo-africaine et beaucoup d’estime et de crédibilité à l’échelle mondiale.


 


Deux grands vont donc se mettre à table tout à l’heure pour essayer d’en finir avec le suspense et c’est tant mieux pour les puristes, les amateurs du beau jeu, car des rencontres à enjeu comme c’est le cas aujourd’hui ne peuvent que servir le football tunisien.


Ils sont bel et bien deux grands par leur passé glorieux et leur présent flatteur. Car on ne peut oublier, les générations passées des deux côtés et faut-il citer les Chetali, Habacha, Mougou, Ajroud, Sahli, Feu Mohamed Zouaoui, Melki, Chebbi, Hsoumi, Salhi et tant d’autres du côté étoilé.


De l’autre côté, faut-il nommer les Attouga, Chaïbi, Abderrahmen, feus Jelloul et Gattous, Khouini, Zitouni, Boushih, Bayari, Naïli, Ben Othman, Abdelli etc.


C’est donc deux grandes écoles du foot et de civisme et en tant que telles  elles n’ont pas le droit de nous décevoir quel que soit les prétextes.


Côté jeu, puisque c’est le côté qui nous intéresse le plus, les deux équipes adoptent deux styles différents au moins en ce qui concerne l’animation offensive.


 


Le jeu de l’Etoile


L’équipe sahélienne puise sa force dans le bloc équipe, elle s’appuie sur une défense hermétique et un gardien très sûr de lui, jouissant en outre, d’un réflexe de félin.


Ses latéraux sont sobres et n’hésitent jamais à assurer le surnombre (alternativement) en attaque pour aérer le jeu et alimenter les attaquants en bons ballons. L’axe se caractérise par la complémentarité parfaite entre Jmel et Felhi.


Le milieu étoilé quant à lui se caractérise par ses capacités énormes à se reconvertir vite pour passer d’une situation défensive à une situation offensive.


Avec des joueurs tels que Narry, Nefkha, Ogumbiyi, Gharbi ou Tenbo et Gelson qui évolue à cheval entre les compartiments du milieu et de l’attaque. A propos de l’attaque, elle puise sa force dans la mobilité exceptionnelle de Ben Dhifallah qui bouge constamment, permettant à son compère de l’attaque qui sera cette fois-ci probablement le jeune Sassi qui affectionne les appels dans les intervalles de la défense.


L’Etoile peut constituer un danger offensif contant surtout que ses joueurs et malgré leur très jeune âge ont beaucoup gagné en maturité, ils ont appris à patienter, à ne pas paniquer voire à bercer l’adversaire pour lui porter le coup fatal. Pourront-ils faire autant face aux Clubistes? Attendons voir


 


Le jeu du C.A.


Contrairement aux saisons précédentes, le CA a fait preuve tout au long de cette saison de beaucoup de régularité. Cette constance est due à l’osmose qui existe entre l’entraîneur et les joueurs et aussi entre l’entraîneur et le public sans oublier le comité.


Cette symbiose a influé positivement sur le rendement du groupe - surtout que le secteur chargé de l’animation - à savoir le milieu du terrain est presqu’inchangé depuis plusieurs saisons avec comme éléments de base: Ouertani, Yahia et Sellami. Ce dernier est certainement le meilleur régisseur du moment.


D'autre part, la défense du C.A. est devenue cette saison plus solide comme en témoigne le record de son gardien Nefzi qui, après des débuts timides, a retrouvé toutes ses sensations pour retrouver la confiance - devant lui l’arrière-garde de Bab Jedid nous a révélé un défenseur aux qualités insoupçonnables en l’occurrence Bachtobji qui est pour beaucoup dans le stabilité de l’arrière-garde clubiste tout comme son compère Gharzoul, une valeur sûre de notre football. Sur le flanc droit de cette défense, Souissi arrive à tirer son épingle de jeu dans la récupération mais reste très limité dans le travail offensif et prive son équipe de solutions supplémentaires, alors que le flanc gauche de la défense et depuis la blessure de Amri constitue un vrai casse-tête pour Ben Chikha, même si le jeune Hmam a laissé de bonnes impressions mais a-t-il les moyens de réussir dans ce couloir défensif dans un match pareil et où il devra composer avec les relais constants de Berradhia, Gelson, Ogumbiyi, Gharbi et Traoui. Telle est l’énigme qui tracasse certainement Ben Chikha avant ce grand rendez-vous.


Le milieu clubiste est à coup sûr le point fort de l’équipe avec des joueurs expérimentés adroits et habiles qui allient rigueur et qualités techniques surtout Sellami, seul joueur capable d’adresser une passe précise et décisive de plus de 40 mètres  (chose très rare de nos jours).


En attaque, le C.A. joue le plus souvent avec trois attaquants car Ben Chikha et en l’absence (à l’heure actuelle du moins) de latéraux offensifs préfère le jeu sur les flancs, ceci est en quelque sorte imposé par la qualité des joueurs de couloirs (offensifs) qui sont mis à sa disposition. On cite Pokong et Dhaouadi, deux véritables attaquants de débordement et qui mettent l’attaquant de pointe qui sera vraisemblablement Ozagui en bonne position.


Toutefois, l’animation offensive clubiste sera fortement affectée par l’absence de Mouihbi, ce joueur de grand talent et qui sait tout faire dans les 30 mètres adverses - dommage donc pour les... puristes.


 


Le foot est un jeu


En conclusion, on omettra d’évoquer les détails qui peuvent faire la différence, car celle-ci se fera sur un petit détail mais on dira tout simplement que le football est un jeu, et jeu rime avec plaisir.


On aimerait donc que les techniciens des deux côtés se rappellent ce petit détail combien précieux et qu’ils aient le courage à demander à leurs protégés de se faire plaisir sur le terrain car en se faisant plaisir, en rendant au foot sa véritable identité qui est le jeu donc le plaisir, ils régaleront leurs galeries. Peu importe les titres, étant donné qu’à la lumière de ce que nous avons vu tout au long de cet exercice l’Etoile aussi bien que le Club Africain méritent largement d’être sacrés mais les lois du sport et de la vie sont telles qu’il n’y a qu’un seul lauréat alors bravo au futur lauréat mais d’abord que les joueurs des  deux camps fassent leur devoir «de professionnels» et écrivent en lettres d’or la belle histoire du foot tunisien et à bon entendeur...


 


Mohamed Ali FERCHICHI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com