Irak : Rice cherche, désespérément, le soutien arabe





Les Etats-Unis ont engagé hier à Manama des discussions avec des Etats arabes sunnites pour les convaincre que le gouvernement chiite d'Irak œuvrait pour l'intérêt national des Irakiens, et non pour des objectifs confessionnels.


 


Le Quotidien-Agences


Au lendemain de sa visite surprise à Bagdad, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a rencontré ses homologues d'Arabie saoudite et d'autres monarchies du Golfe ainsi que ceux d'Egypte, de Jordanie et d'Irak pour leur demander d'apporter un soutien, notamment diplomatique, à l'Irak.


"C'est un bond qualitatif pour l'Irak, qui participe à ce forum, a déclaré le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, qui prend part à la réunion à laquelle participent les six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG).


"C'est très encourageant. Cela va aider l'Irak comme il va aider les pays arabes", a-t-il ajouté aux journalistes qui lui demandaient s'il était confiant quant à un soutien arabe.


Rice et les ministres du Golfe n'ont pas fait de déclaration à la presse au début de leur réunion dans un luxueux hôtel de Manama, mais un responsable américain a indiqué aux journalistes que l'Irak devrait dominer les discussions, qui porteraient aussi sur la paix au Proche-Orient et d'autres questions.


Outre l'Arabie saoudite, le CCG groupe aussi Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar.


Dimanche à Bagdad, Rice avait indiqué qu'elle espérait que la rencontre de Bahreïn apporterait "un regard clair et réel" sur l'évolution de la situation en Irak après la campagne menée par le gouvernement de Nouri al-Maliki contre les milices chiites, accusées par Washington d'être armées par l'Iran.


"Je pense que des réajustements devront être faits" dans la politique arabe à l'égard de l'Irak, a-t-elle dit, soulignant que le gouvernement Maliki agissait désormais "d'une manière non-confessionnelle".


Depuis l'invasion américaine de l'Irak en 2003, qui a renversé le régime sunnite de Saddam Hussein, les voisins arabes de l'Irak se sont inquiétés de l'insécurité dans ce pays et ont hésité à soutenir un gouvernement chiite pro-iranien.


Rice avait estimé qu'il y avait "une consolidation du centre dans la politique irakienne", propre à rassurer les pays arabes sunnites sur les intentions d'un gouvernement dominé par des chiites.


Les Etats-Unis ont fait de la réconciliation entre les différentes factions irakiennes une condition impérative à la stabilisation en matière de sécurité, susceptible de justifier une réduction de leur contingent prévue avant juillet.


Rice avait appelé les pays arabes à faire face à "leurs obligations" et les avait pressés de rouvrir leurs ambassades à Bagdad et à effacer une partie de la dette que leur doit l'Irak.


Les Etats-Unis voient dans une mobilisation arabe plus forte en Irak — notamment de l'Arabie Saoudite — un contrepoids efficace à l'influence de l'Iran.


Dimanche, le Koweït a annoncé qu'il avait décidé d'envoyer un ambassadeur à Bagdad, mais nié tout lien avec la demande américaine. La Ligue arabe a de son côté signalé qu'il nommerait bientôt quelqu'un pour diriger sa mission diplomatique.


Rice et Maliki doivent participer aujourd’hui à Koweït à une conférence des pays voisins de l'Irak et des grandes puissances, la troisième du genre après des rencontres en Egypte en mai et en Turquie en novembre.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com