Réhabiliter les grandes cultures





Londres a accueilli hier un sommet sur les prix alimentaires, organisé à Downing Street par le Premier ministre britannique Gordon Brown. La réunion est destinée théoriquement à jeter les bases d'un plan international d'action pour juguler le phénomène  de la hausse des prix et faire face à une situation grave et délicate si les mesures nécessaires ne sont pas prises au moment opportun.
Il s’agit d’un véritable « tsunami alimentaire » pour emprunter un terme employé par la directrice du PAM, Josette Sheeran. La situation alimentaire dans le monde est on ne peut plus complexe d’autant plus que les conclusions de la Banque mondiale laissent apparaître que le « doublement des prix alimentaires durant les trois dernières années risque d'aggraver la pauvreté de pas moins de 100 millions d'Africains des pays à bas revenu ».
Le problème est donc structurel. Il est le résultat de la politique erronée sinon machiavélique de certaines puissances qui ont voulu exploiter une arme de plus pour apprivoiser les récalcitrants envers leurs visions stratégiques, les dominer d’une manière ou d’une autre et imposer ainsi leurs propres lois et leurs propres règles de jeux.
La flambée soudaine des denrées alimentaires suscite des interrogations concernant ceux qui se trouvent derrière cette flambée soudaine, au moment où d’aucuns estimaient que l’humanité était arrivée à être à l’abri de la faim et au moment où l’on croyait que l’humanité avait mis en place toutes les structures nécessaires pour éviter les crises alimentaires de ce genre.
Compte tenu de l’évolution de la conjoncture internationale, on n’a plus besoin aujourd’hui de démontrer que le secteur de l’alimentation, et particulièrement celui des grandes cultures céréalières, constitue un secteur stratégique dans toutes les économies et nécessite, selon les circonstances, une remise en question et une réhabilitation à grande échelle.
Il importe plus que jamais de tout mettre en œuvre pour assurer notre autosuffisance alimentaire, pour du moins atténuer notre dépendance vis-à-vis des autres, notamment en réhabilitant les grandes cultures et en exploitant au maximum toutes les potentialités disponibles.
Le domaine alimentaire est devenu aujourd’hui un secteur stratégique et vital qui nécessite tous les égards. Une batterie de mesures à court et long termes s’avère aujourd’hui plus que nécessaire pour résoudre à la base cette question importante de notre vie quotidienne.

 Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com