Céréaliculture : De nouvelles semences à l’essai, un pari pour l’avenir





«Grecale», «maestrale», «meridiano», «sagarolla», «sagittario» «nasr» et «hydra» : tels sont les noms de différentes variétés de céréales locales et importées, plantées cette année dans différents champs agricoles à titre expérimental. La réussite de ces espèces offre de belles perspectives pour la production céréalière compte tenu du rendement attendu et qui dépasserait les 70 quintaux à l’hectare. Reportage.


 


Mateur-Le Quotidien


La verdure qui s’étend à perte de vue dans la région de Mateur repose la vue des citadins habitués à des lieux exigus et au béton. Les centaines d’hectares bordant la route permettent d’espérer une récolte prometteuse, du moins dans la région. Dame nature a fait preuve de générosité durant la saison, mais les agriculteurs attendent impatiemment une pluie d’avril «qui fera pousser les épis du fond du puits» selon notre adage. L’on peut affirmer sans risque de nous tromper que, dans la région, la saison est sauvée mais la qualité et le rendement restent largement tributaires d’une meilleure pluviométrie. Ahmed Almi, agriculteur de la région, a su atténuer les aléas de la nature en procédant à l’irrigation complémentaire grâce aux dizaines de tourniquets placés un peu partout dans son champ de blé. Le système est coûteux, mais il permet d’éviter les mauvaises surprises.


Quelques kilomètres plus loin, trois fermes ont entamé cette saison une expérience nouvelle en introduisant de nouvelles variétés de semences importées d’Italie. Ces variétés offrent de prime abord de belles perspectives puisque les producteurs tablent sur une productivité de 70 quintaux à l’hectare. Le chiffre est impressionnant compte tenu de la moyenne locale située autour de 20 quintaux à  l’hectare. La productivité d’une manière générale est inhérente à certains facteurs endogènes et exogènes. Mais la qualité des semences joue un rôle prépondérant dans ce domaine.


 


Maestrale, meridiano et sagittario


Sur chaque parcelle de terrain de la ferme Ain Chalou qui a introduit les nouvelles variétés à titre expérimental, une grosse pancarte indique les noms en langue latine : «Iride», «grecale», «maestrale», «meridiano», «sagarolla», «sagittario». Pour le moment, tout semble baigner dans


l’huile, mais l’évaluation définitive ne se fera pas avant deux récoltes au moins. Les spécialistes seront en mesure de décider de l’introduction de cette variété en Tunisie. Sur un autre plan, l’Institut national de recherche en agronomie (INRAT) est en train d’évaluer de son côté les deux nouvelles espèces locales développées par ses ingénieurs «nasr» et «hydra». De même l’évaluation de cette espèce ne pourrait se faire que dans deux ou trois ans.


Le président de l’UTAP, M. Mabrouk Bahri, a effectué une visite dans la région accompagné d’une forte délégation de membres de l’organisation agricole, d’un grand nombre d’agriculteurs et de journalistes pour constater de visu la situation sur le terrain. Dans la région de Béja et de Mateur, les perspectives sont largement prometteuses mais à Jendouba et Bousalem la situation est fortement contrastée. Certains champs pourraient être sauvés in extremis par des averses opportunes. D’autres espaces ont été pratiquement rongés par les parasites et sont lourdement handicapés par le manque manifeste de pluie. La situation est délicate et incite les départements concernés et les divers intervenants à plus de vigilance pour trouver les solutions de rechange. 


Compte tenu de la situation qui prévaut dans le monde, la production des céréales vit des soubresauts en raison d’un certain nombre de facteurs dont notamment l’introduction de nouvelles cultures pour la production de biocarburants. Une flambée des prix est attendue. Nous n’avons d’autres choix en Tunisie que de développer le rendement des superficies exploitables afin d’atténuer les effets pervers de la conjoncture mondiale. Le pari n’est pas impossible à gagner.


 


Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com