Ziadi, Touniche, Zaâlani et les autres : On s’en prive pour… les sanctionner !





La gestion d’effectif n’est pas, semble-t-il, le point fort de nos dirigeants qui exploitent leur potentiel humain selon les sautes d’humeur et les préjugés. Ainsi, tout joueur qui pensera à son propre intérêt avant celui du club est considéré comme un… hors la loi.


 


Les exemples fusent d’un peu partout en cette fin de saison. Les clubs touchés sont, pourtant, des plus grands à l’instar du CA, ST, CSS ou autres. Aujourd’hui, dans un monde professionnel où les sentiments sont relégués au second rang, si ce n’est plus bas, les exigences de la compétition et de la rentabilité doivent pousser les dirigeants à faire preuve de plus de lucidité et de logique en réglant les cas des joueurs en fin de contrat. Partout dans le monde professionnel, on engage des pourparlers sérieux de prolongement de contrat une année avant son expiration. Un accord peut être trouvé sinon le joueur va jusqu’au terme de son contrat en ayant la possibilité d’entrer en contact avec d’autres clubs. Chez nous, on garde une formule-maison où se mêlent intérêts et sentiments pour voir naître, en fin de compte, des problèmes qui n’ont pas une raison d’être. Pourtant, une équipe a toujours besoin de tous ses atouts pour faire un bon parcours, mais la légèreté avec laquelle on traite ce problème sanctionne l’entraîneur en le privant de l’un de ses meilleurs joueurs. Les exemples ne manquent pas, cette saison, avec des joueurs qui ont signé des pré-contrats avec l’Etoile ou bien décidé d’aller tenter leur chance ailleurs.


Auto sanctions !


Légalement, la signature d’un pré-contrat ne veut pas dire que le joueur a déjà quitté son club d’origine. On peut toujours discuter avec lui et essayer de le retenir en ayant une priorité sur le club demandeur. Or, les exemples de Tarak Ziadi (CSS) et Belgacem Touniche (ST) sont frappants, s’agissant de joueurs importants dans le dispositif de ces deux équipes. Une fois la nouvelle, celle de la signature d’un pré-contrat avec l’Etoile, parvenue aux dirigeants, on ne se pose pas de questions et on décide sans même prendre l’avis de l’entraîneur. Le joueur est appelé à… comparaître devant le conseil de discipline, comme s’il venait de commettre l’irréparable, et il est automatiquement relégué chez les Espoirs. Pourquoi faire ? Juste pour ne pas jouer avec les Seniors !


Ces décisions sont parfois prises, alors que l’équipe a un besoin urgent de garder ce joueur au sein de son effectif. Le CSS, sans Ziadi, a manqué d’efficacité et on risque de regretter son départ, surtout dans la compétition africaine.


Au ST, on peine à trouver un milieu offensif aussi talentueux que Touniche mais on se contente de dire que le joueur a eu ce qu’il… mérite. Ces deux joueurs vont partir à l’ESS et le club sahélien a déjà gagné, du moins sur un premier front puisqu’il a battu le ST sans Touniche et le CSS sans Ziadi.


Autre cas, celui de Chokri Zaâlani, le défenseur du CA. Arrivé en fin de contrat, il a fait comprendre à ses dirigeants qu’il entend partir à la fin de cette saison. Remis de sa blessure, on s’attendait à le voir réintégrer l’effectif surtout après la blessure de Amri et Ouerhani, mais il a été ignoré car il ne voulait pas rempiler ! A l’ESZ, on a fait de même avec Seddik Jebnoun, mais la raison a fini par l’emporter et il a été récupéré alors que son équipe souffre pour éviter la relégation.


Une meilleure gestion


Dans d’autres clubs, on a réagi de manière différente et plus logique. A l’EST, Kamel Zaïem, Ahmed Hammi et Hamdi Kasraoui sont en fin de contrat. Ont-ils été pour autant écartés ? Hamdi Meddeb a pensé à l’intérêt de l’équipe et tout en continuant à chercher un terrain d’entente avec ces joueurs, il profite de leur présence dans l’immédiat car l’EST ne peut se permettre de mettre au frigo quelques titulaires  parce qu’ils pourraient aller ailleurs.


Une petite remarque s’impose avant de conclure. Aussi bien au CSS qu’au ST, on n’a pas l’habitude de discuter avec les joueurs partants une saison avant l’échéance prévue. C’est peut-être le manque de moyens qui en est l’une des principales causes, mais en général, il s’agit d’un manque flagrant de réalisme et de programmation qui, en fin de compte, coûte plus cher au club. Lorsqu’on laisse partir Ziadi ou Touniche parce qu’on a refusé de leur octroyer quelques autres avantages, on va devoir payer beaucoup plus pour les remplacer. Les présidents de clubs ne voient pas le problème de cet angle-là et ils évitent de… préparer le terrain à leurs successeurs qui doivent se débrouiller pour garder les meilleurs éléments. Ça n’a rien de surprenant lorsqu’on travaille au jour le jour et surtout quand on se met en tête que les problèmes de demain ne concernent pas le responsable d’aujourd’hui. Pourtant, que Ziadi termine la saison en jouant avec le CSS et que Touniche et Zaâlani fassent partie des effectifs du ST et du CA, ça ne doit rien coûter à leurs clubs qui s’entêtent à prendre une fausse revanche.


Kamel ZAÏEM




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com