Réaction déplacée …





On savait déjà que le Conseil de sécurité de l’ONU est le théâtre de fréquentes sautes d’humeur, mais ce qui s’est passé, avant-hier, dans l’enceinte onusienne dépasse tout entendement et suscite des interrogations objectives. Il a fallu, en effet, que l’ambassadeur de Libye Giadallah Ettalhi, au cours d’une réunion consacrée au Proche-Orient, compare la situation à Gaza à celle des camps de concentration nazis, pour que trois ambassadeurs occidentaux claquent la porte et quittent la salle sans crier gare.


La réaction des trois diplomates, du reste parfaitement synchronisée et réglée comme une horloge suisse, a de quoi surprendre plus d’un. Giadallah Ettalhi  a, apparemment, “froissé” les bons sentiments de ses interlocuteurs en évoquant un parallélisme qui n’était pas de leur goût et qui ne “traduisait pas la réalité sur le terrain”. Décidément, il s’en faut de peu pour offusquer l’entendement d’une certaine diplomatie occidentale partisane, pourtant très au fait de ce qui se passe réellement dans la région.


Et ce qui se passe justement à Gaza n’est pas sans rappeler les sombres pratiques génocidaires du siècle dernier qu’on croyait à jamais révolues.


Comment peut-on en effet qualifier la situation intenable et inhumaine dans laquelle végètent depuis un bon bout de temps les populations de cette étroite Bande, théâtre d’une tragédie grandeur nature?


Persécutés, saignés à blanc, ghettoisés, affamés et livrés sans ménagement à leur triste sort, les Gazaouis d’aujourd’hui sont, en fait, logés à la même mauvaise enseigne que les juifs d’hier des camps de concentration d’Auschwitz et de Dachau. Certes, les sinistres chambres à gaz ne font pas partie du paysage, mais les raids aériens et les assassinats ciblés comblent bien ce vide. Autres temps, autres mœurs …


La réaction des diplomates en question est, en tout cas, incompréhensible, injustifiée et le moins qu’on puisse dire démesurée. Ces derniers ont péché par trop de compassion sélective, occultant au passage l’égalité des races et des religions devant les drames. A croire que la souffrance des Palestiniens de Gaza ou d’une autre localité des territoires occupés ne vaut que dalle face à la persécution subie par les juifs du temps de la terreur nazie.


A regarder de près, la comparaison établie par Giadallah Ettalhi a peut-être réveillé des souvenirs “embarrassants” qu’on tente d’enterrer vaille que vaille, dans les plis de l’Histoire. Et qu’importe si un autre peuple fasse les frais des errements passés, au nom d’une précieuse “rédemption”.


Tout ce beau monde à la “dignité” à fleur de peau a, en tout cas, intérêt à revoir sa copie car il faut bien se rendre à l’évidence qu’on ne remédie pas au mal par le … mal.


De même qu’on ne doit pas sacrifier un peuple sur l’autel des bourdes monumentales commises hier. Il est grand temps de briser ce cercle vicieux, consacrer la justice et la légalité internationale, et éviter de se perdre en de vaines conjectures qui ne font qu’envenimer davantage la situation …


 


Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com