Statu quo dangereux…





Un accord de paix au Proche-Orient avant la fin du 2e mandat, en janvier prochain, du Président américain George W. Bush est-il possible? La question taraude aussi bien l’esprit des observateurs avertis que celui des non-initiés, mais les uns comme les autres sont sceptiques à ce sujet. Un scepticisme amplement justifié, en fait, car au lendemain de la fameuse conférence d’Annapolis qui a suscité de l’espoir et promis monts et merveilles, la situation sur le terrain n’a pas évolué d’un iota. Elle a même empiré, serait-on tenté de dire, à la faveur de la poursuite tous azimuts par l’Etat hébreu de sa politique de colonisation à Al Qods et en Cisjordanie, le refus systématique des gouvernants israéliens d’aborder avec leurs interlocuteurs palestiniens les questions importantes au cœur du conflit, à savoir le retour des réfugiés palestiniens, le statut d’Al Qods... A cela s’ajoute, bien évidemment, le blocus inhumain imposé par les forces de l’occupation sur la Bande de Gaza, théâtre depuis quelque temps d’une succession d’événements tragiques dont le dernier en date est la mort d’une Palestinienne et de ses quatre enfants en bas âge, massacrés par un obus israélien.


Gaza est devenue, en fait et par la force des choses, le baromètre d’une situation intenable qui s’enlise chaque jour un peu plus dans les tourments de l’incertitude. Le plus important fonctionnaire de l’ONU dans ce territoire a d’ailleurs tiré, hier, la sonnette d’alarme dans un témoignage par liaison vidéo à la commission au développement international du parlement britannique. Décrivant les conditions humanitaires de Gaza comme «choquantes» et «honteuses» à cause du manque de produits de base, John Ging a précisé que les fermetures imposées par Israël depuis juin dernier sur ce territoire avaient un «effet dévastateur» sur la population civile. Le Chef de l’UNRWA à Gaza a même prévenu  que la Bande était proche d’atteindre le «point d’explosion» qui pourrait conduire à une nouvelle «évasion» de la part de la population palestinienne désespérée, piégée par le blocus économique israélien. L’Etat hébreu cherche-t-il à affamer les Palestiniens pour les contraindre à l’exode?


L’hypothèse n’est pas du tout à écarter, car ce qui se passe actuellement dans la région dépasse le simple cadre d’une prétendue mise au pas de «terroristes» afin de les contraindre à cesser le tir de roquettes sur les villes israéliennes.


Pour toutes ces raisons, et non des moindres, les chances de voir un accord de paix se concrétiser d’ici janvier prochain, sont bien infimes pour ne pas dire inexistantes. Il est fort peu probable en effet qu’Israël, fidèle à ses tergiversations et ses louvoiements coutumiers, fasse cette fois-ci exception à la règle.


Le Quartette pour le Proche-Orient qui a accentué, hier à Londres, ses pressions sur l’Etat hébreu en l’appelant à geler la construction de colonies en Cisjordanie et alléger son blocus de la Bande de Gaza, aura en tout cas fort à faire pour changer le statu quo dangereux prévalant dans la région. Un statu quo tenace qui constitue un obstacle majeur à une paix de plus en plus hypothétique et qui ne sert, en fait, l’intérêt de personne...



Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com