Les candidats au bac et le stress : Inexistant pour certains, insupportable pour d’autres





Ils passent le bac sport. Bientôt ce sera le tour du bac blanc. Pour plusieurs jeunes candidats, le compte à rebours a commencé. La partie est presque jouée et le temps qui reste à ces élèves est consacré au sprint final. A un mois du jour «J», comment les jeunes candidats au bac vivent-ils l’épreuve ?


Tunis-Le Quotidien


La majorité des candidats viennent de passer le bac sport, ils s’apprêtent à passer bientôt le bac blanc en attendant l’examen final. Les yeux cernés, l’estomac noué, le sommeil introuvable et les nerfs à vif, la majorité des candidats au bac sont sur des charbons ardents. Leurs chambres ressemblent à un fourre-tout et leur rythme de vie semble totalement chamboulé. A priori, c’est durant cette période que les retardataires doivent mettre les bouchées doubles. Ils doivent profiter du peu de temps qui leur reste pour être à point le jour J. Pour pouvoir réviser et bien retenir les leçons, les futurs bacheliers doivent booster leur mémoires et dépasser leurs lacunes. Et pour ce faire, certains misent sur la relaxation, les exercices physiques et le régime alimentaire riche et équilibré. D’autres, en revanche, tirent doublement des bouffées sur leurs cigarettes, se bourrent d’excitants, usent de produits dopants et veillent tous les soirs jusqu’à l’aube. Ils sont obsédés par la réussite. Ils rêvent de terminer leurs études secondaires en beauté pour pouvoir enfin faire leurs adieux à leur statut d’élèves. Qu’ils soient brillants ou moins brillants, tous les candidats doivent mettre le paquet. Certains ont déjà choisi leurs partenaires pour réussir à terminer leur révision à temps. Toutefois, il leur est difficile de combattre la tension et le stress. Certains, en effet, ne sont pas aidés par leur entourage. La majorité des parents et des proches les mettent sous pression. Certes, ils croient que cela les encouragera à redoubler d’efforts, mais plusieurs jeunes sont tellement étouffés qu’ils frôlent la dépression.


Abir, candidate au bac, 18 ans, est en train de réviser actuellement. Toutefois, la jeune fille ne se donne pas encore à fond. «Je peux dire que je travaille vraiment à l’aise. J’ai toujours fait passer mes études avant tout, ce qui me permet d’avoir une certaine longueur d’avance. Celui qui a pris l’habitude de travailler de manière assidue ne trouvera aucun mal. Il suffit de continuer sur la même lancée, c’est tout. Je suis à jour depuis le début de l’année et c’est ce qui va me permettre de réviser calmement maintenant. Certains élèves n’ont pas pris l’habitude de travailler régulièrement. Ils sèchent leurs cours et même quand ils sont là, ils ont la tête ailleurs. Ils se contentent de redoubler d’efforts la veille des examens. Ce sont ces élèves-là qui auront d’énormes difficultés parce que la révision du bac comporte tout le programme de l’année. Et quand on parle de révision, cela sous-entend que l’on va revoir un programme déjà compris et assimilé. Si l’on essaye de comprendre un cours pour la première fois en période d’examen, la tâche ne va pas être facile parce que le temps ne suffira pas même si on va réviser jour et nuit. Dieu merci, je n’ai pas de lacunes spécifiques, je travaille assidûment, j’ai une assez bonne moyenne jusque-là. En plus, ma famille me soutient et me laisse vivre normalement…Je ne peux espérer qu’un peu de chance maintenant. Pour l’instant, je travaille seule, mais je me donnerai encore plus lorsque je serai avec mon groupe d’amis pour réviser», dit-elle.


Khalil, candidat au bac, 18 ans, est le deuxième de sa classe. Studieux et assidu, il avance à petits pas. «Je n’ai pas encore commencé à réviser. Il est encore tôt. Je me suis juste mis d’accord sur le plan de travail avec les membres de mon groupe qui vont m’accompagner pour les révisions. Nous passerons bientôt aux choses sérieuses. En attendant, chacun de son côté essaye de dépasser ses lacunes pour qu’on soit tous au même rythme. Certes, j’ai un peu la frousse, mais j’essaye de rester calme. J’ai de bonnes notes, je travaille régulièrement et puis ma famille et mes amis me soutiennent sans me stresser. Je n’ai donc pas de raison pour m’affoler… Néanmoins, c’est une année décisive et cela me donne un peu le trac. Enfin, je ferai de mon mieux parce que je table sur la mention», dit-il.


Anas, candidat au bac, 19 ans, est en train de travailler seul en attendant que ses amis soient prêts pour les révisions en groupe. Le jeune homme n’a pas une moyenne très rassurante. Or, il compte intégrer une faculté qui exige un score élevé. Raison pour laquelle, il n’a plus une seule minute à perdre. «Si on entre dans ma chambre, c’est vraiment le bazar ! Des feuilles par-ci, des polycopies et des séries par-là, je ne sais plus où donner la tête ! J’ai un certain retard que je dois rattraper le plus tôt possible pour être dans les normes avant la date des révisions en groupe. De plus, ma moyenne ne me permet pas d’être très optimiste. Mais j’ai encore le temps et c’est à moi de jouer maintenant si je veux terminer cette année en beauté. Et puis, franchement, je rêve d’intégrer une grande école. Je ne dois donc pas me contenter de réussir puisqu’il me faut un bon score ! J’ai les nerfs à vif même si mes parents n’arrêtent pas de m’encourager. Ce bac est décisif à plus d’un titre et il faut bien que je me prive de plusieurs choses maintenant pour être tranquille plus tard», dit-il.


Inès, candidate au bac, 19 ans, ne suit pas un rythme de tout repos. La jeune fille travaille sous pression et elle craint d’ailleurs que ses nerfs ne lâchent… «Mon père, ma mère et même mes frères et sœurs ne parlent plus que de mon bac. Je suis privée de sortie et de télé et je n’ai pas le droit aux réunions de famille. Je suis tout le temps enfermée dans ma chambre, la tête fourrée au milieu de mes documents. Et ce n’est pas terminé parce que la révision ne fait que commencer. De plus, j’ai une obligation de résultat et je ne veux surtout pas décevoir ma famille. J’essaye de faire de mon mieux, mais n’empêche que je me sens à bout de nerfs et rien qu’à l’idée d’échouer, je panique totalement. Je compte continuer toute seule parce que la révision en groupe représente certains désagréments. Il va falloir que je me déplace et je serai contrainte de rentrer alors qu’on est probablement en plein travail. De plus, la révision tourne parfois en partie d’amusement et de rigolade. Je préfère donc rester seule et suivre mon rythme à moi», dit-elle.


Fayrouz, 19 ans, est en train de travailler un jour sur deux. Stressée, la jeune fille a hâte que ce «cauchemar» finisse. «Je ne crois pas que c’est la grande forme ! A vrai dire, mes parents me mettent sous pression et je n’aime pas être bousculée. A la maison, on ne parle que de mon bac. Bref, ce n’est pas la joie ! Mon rythme de vie est bouleversé et je vis dans l’expectative. C’est comme si la terre s’est arrêtée de tourner et que tout est en instance. Ouf, j’ai vraiment envie que l’on en finisse ! Mais je dois prendre mon mal en patience. J’ai dressé un programme de travail avec mes amis et nous allons nous mettre à réviser ensemble dans les jours qui viennent. Je crois que cela nous sera utile parce qu’on s’encouragera les uns les autres», dit-elle.


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com