Le pire est à craindre





La situation au Liban est de plus en plus explosive. Les affrontements armés entre la milice pro-gouvernementale et les partisans de l’opposition emmenée par le Hezbollah se sont poursuivis, hier, et pour la troisième journée consécutive et ont causé, déjà,  des dizaines de morts. Les chaînes satellitaires, qui ont diffusé en boucle cette nouvelle tragédie libanaise, ont donné à voir des scènes apocalyptiques qu’on croyait à jamais révolues.


Des séquences particulièrement pathétiques, rythmées par des tirs d’armes automatiques et de roquettes qui ne sont pas sans rappeler la sinistre guerre civile des années 70 qui avait déchiré et ensanglanté le pays.


Vraisemblablement, la crise politique sans précédent qui secoue le Liban depuis quelque temps est entrée dans sa dernière ligne droite. L’impasse tenace de ces derniers mois semble avoir mis les nerfs à rude épreuve et il a suffi d’un simple mouvement de grève et des accusations portées à l’encontre du Hezbollah, au sujet du réseau de communications, dont il dispose, pour que la situation dégénère.


Dieu seul sait sur quoi va déboucher justement cette situation particulièrement dangereuse.


Sans verser forcément dans l'alarmisme, tout laisse à croire que le détonateur d’une nouvelle guerre civile est, malheureusement, déjà mis en place. Les facteurs déclencheurs des derniers troubles dépassent à cet effet le simple blocage pour l’élection d’un nouveau président, depuis la fin du mandat d’Emile Lahoud en novembre. La réaction à chaud de certains pays arabes en dit long sur ce sujet.


Ces derniers n’ont pas hésité, en effet, à monter au créneau en affichant leur détermination à «ne pas permettre qu’une partie soutenue par l’Iran prenne le contrôle des affaires du Liban». La tragédie libanaise à avoir des chances de s’installer dans une durée indéterminée sur fond d’un jeu d’influences, aussi sournois que vicieux, auquel s’adonnent des protagonistes aux intérêts diamétralement opposés. A moins d’un miracle, la prochaine saison estivale s’annonce particulièrement chaude cette année au pays du Cèdre et les scénarios les plus sombres sont désormais envisageables. Les interférences des uns et des autres dans les affaires libanaises risquent, en effet, de mettre le feu aux poudres et de corser davantage la situation.


En tout état de cause, la tension actuelle régnant dans le pays ne sert nullement l’intérêt du peuple libanais. Les dirigeants libanais, toutes mouvances politiques confondues, doivent puiser dans la raison et le bon sens, les ressources nécessaires pour circonscrire la terrible menace d’une nouvelle guerre civile qui pèse sur leur pays.


L’instauration d’un dialogue constructif entre tous les protagonistes de la crise reste à cet effet la seule voie passante à même de désamorcer cette bombe à retardement qui menace de tout balayer sur son passage.


Chokri BACCOUCHE




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com