En marge du 1er congrès International des ingénieurs arabes expatriés : Un premier pas dans la concrétisation des projets d’avenir





Ils étaient des centaines à répondre à l’invitation de l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens (OIT) et de la Fédération Arabe des Ingénieurs (FAI). Durant quatre jours, des sommités arabes expatriées dans le domaine de l’ingénierie s’étaient réunies pour débattre de questions se rapportant à la contribution de l’ingénieur arabe dans le développement du Monde arabe en général et de son pays d’origine en particulier. Le premier congrès international s’était soldé par la signature d’une série de projets concrets. Nous avons saisi l’occasion pour recueillir les témoignages de Mme Om Elkhir Nafaâ, Algérienne, ingénieur urbaniste à Paris, et de MM. Jihad Chami, Président de l’Union des ingénieurs euro-arabes, Nizar Rouis, informaticien Tunisien et chef de projet dans une entreprise suisse depuis plus de 12 ans. Témoignages.


 


Tunis-Le Quotidien


Jihad Chami, président de l’Union des ingénieurs euro-arabes (Allemagne)


Les mécanismes adéquats avant tout


Ces rencontres scientifiques organisées pour la premières fois en Tunisie entre des ingénieurs expatriés constituent une occasion propice qui permet aux compétences arabes de tisser des rapports solides et d’établir des relations de partenariat durables. Je crois que c’est le moment d’approfondir les contacts et de consolider les liens entre les ingénieurs arabes. Certaines parties arabes ne croyaient pas encore en l’importance des ingénieurs expatriés. Elles pensent malheureusement que l’ingénieur arabe rentre dans son pays avec une manne céleste. Mais l’essentiel c’est qu’il introduise de nouvelles pratiques et de nouvelles manières d’appréhender le travail. Je crois que c’est la méthode qui nous manque le plus. Il est difficile d’avancer sans méthode. Je suis fermement convaincu que tout travail qui ne repose pas sur des mécanismes adéquats est voué à l’échec. Les Arabes possèdent toutes les conditions du développement à savoir l’argent et les ressources humaines mais il leur manque un élément essentiel comme je vous l’ai dit, les mécanismes adéquats.


Nizar Rouis, Tunisien, informaticien et chef de projet dans une entreprise suisse


Je redécouvre le pôle technologique


Je suis heureux de prendre part à ce premier congrès international des ingénieurs arabes expatriés. Ce genre de rencontres aurait dû commencer plus tôt. Mais comme il faut un début à toute chose, on ne peut que manifester notre vif intérêt à cette rencontre d’envergure. Je pense que la FAI a réussi à ce propos. Elle a pu permettre à des compétences arabes vivant à l’étranger de se mettre en contact et leur a offert l’occasion de signer des accords de coopération et de lancer des projets communs.


Je reste convaincu que l’ingénieur tunisien ne souffre d’aucun complexe par rapport à ses homologues étrangers en raison de la solide formation initiale reçue en Tunisie. L’essentiel c’est qu’il garde confiance en lui-même. J’ai suivi ma formation universitaire en Tunisie et je suis établi depuis 12 ans en Suisse. A mon retour, cette année, je redécouvre le technopôle d’El Ghazala. Véritablement, je suis agréablement surpris par le niveau atteint par ce complexe d’envergure internationale. Quand on respecte son travail, on peut s’attendre à des résultats probants. Il faut laisser la politique aux politiciens et faire ce qu’on a à faire dans le cadre de ses compétences.


Je crois que les possibilités de coopération sont énormes et que les projets à réaliser entre la Tunisie et les ingénieurs arabes expatriés sont énormes.


Om Elkhir Nafaâ, Algérienne, ingénieur urbaniste établie à Paris


L’évolution technologique doit se faire avec le respect de l’identité


C’est une bonne initiative que d’avoir réuni les compétences arabes dans le domaine de l’ingénierie et permis à chacun de s’exprimer à sa manière. J’ai rencontré un collectif de Tunisiens, d’Algériens et de Syriens, ce qui m’a permis de connaître des ingénieurs de tous bords.


Comment tirer profit d’une telle rencontre ? La réponse à cette question n’est pas si simple. Les domaines d’intervention sont complexes. Je pense que l’essentiel est de garder le contact et de s’organiser en réseau, ce qui n’est pas difficile. Les moyens de collaboration sont énormes. J’ai rencontré des ingénieurs qui travaillent dans mon domaine, nous avons pu ainsi confronter nos expériences. Désormais les échanges peuvent se faire dans les deux sens.


Pour parler de ma spécialité qui est l’aménagement, beaucoup d’avancées ont été réalisées dans ce domine. Nous savons aujourd’hui maîtriser le temps et les moyens techniques pour faire un bon travail dans les meilleurs délais. Nous sommes en mesure de construire pour le futur. Il est fort intéressant de travailler pour les générations futures. Je dois cependant mettre l’accent sur un aspect important. L’évolution technologique doit se faire de pair avec le respect de l’identité. Les ouvrages doivent garder l’âme de leurs villes.


Propos recueillis par L.T.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com