Humeurs et clameurs : Grand seigneur pas toujours grand génie





La grande désillusion subséquente à l’exclusion des deux représentants tunisiens en C1, devrait pouvoir titiller la fibre de moraliste qui sommeille en chacun des sportifs que nous sommes. Au lieu de cela, les irrésistibles tendances belliqueuses continuent de prédominer.


 


L’élimination de l’ESS et du CA à un stade aussi prématuré, soit avant la phase des poules, une triste première faut-il le rappeler, a eu l’effet d’un cataclysme. Mais, une fois le désabusement consommé, il s’agit d’en tirer les enseignements, avec mesure et  sagacité. Et au-delà des arguments, pour la plupart fallacieux, inhérents au calendrier démentiel, à la saturation mentale et physique, il y a une leçon d’humilité à tirer. Et c’est tout particulièrement valable pour l’ESS, qui n’a pas su gérer le triomphalisme consécutif au sacre africain et à la participation à la Coupe du monde  des clubs. Et même si les efforts des responsables, dirigeants et techniciens, sont méritoires, la mégalomanie, la vanité et la fatuité qui ont pris les joueurs à la gorge, leur sont toujours imputables.


En s’en prenant, à la fin du mach contre Dynamos, aux joueurs, les supporters sahéliens ne se sont pas trompés de cible, quoique leur dépit et leur rogne aient été imprégnés de trivialité et d’obscénité condamnables. Par ailleurs, l’une des banderoles exhibées fièrement (mais aux insinuations répréhensibles) mentionnait: «La Ligue des champions, pour les grands uniquement».


A la famille étoilée élargie de le prouver, en montrant que le propre des grands, c’est aussi de savoir se remettre au plus vite des pires désillusions, par une savante gestion des défaites grandeur nature.


Contester pour se faire constater


L’humilité tant prônée ci-dessus, ainsi que la pondération  et la circonspection qui devraient être l’apanage des responsables, continuent d’être bafouées, chaque dimanche. Notamment dans les divisions inférieures. Ainsi, a-t-on assisté, une nouvelle fois, à des scènes tragi-comiques, comme ce fut le cas à Ben Guerdane, entre les dirigeants locaux et ceux de Zarzouna: opération d’intimidation, un président sanctionné mais qui outrepasse sans vergogne les règlements, un entraîneur, la soixantaine pourtant, qui fond en larmes sous prétexte d’avoir fait l’objet de remarques vexatoires... et les éternelles contestations barbantes d’après-match. Un vrai gavage !


Dramatisation outrancière


Un autre phénomène prend une ampleur inquiétante, celui relatif à la dramatisation des défaites, à leur amplification pathologique. A la clé, des actes de vandalisme, des hostilités déclenchées ouvertement, des propos orduriers, des agressions contre les médias (caméra violemment repoussée à Tinja par un dirigeant de Ghardimaou). Pour quand une campagne d’épuration à grande échelle ?


Wahid SMAOUI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com