Et si le problème était ailleurs ?





Durant sa tournée effectuée en fin de semaine dernière au Moyen-Orient, George Bush n’a cessé de diaboliser l’Iran qu’il tient pour responsable de presque tous les maux affectant la région.


En effet, l'Iran revient comme un leitmotiv dans pratiquement tous les discours prononcés par le chef de l’exécutif US au cours de son périple moyen-oriental. En Israël Bush a assuré au grand allié régional que les Etats-Unis le soutiendraient face à l'Iran En Arabie saoudite il a discuté avec le roi Abdallah des moyens de contenir l'influence de Téhéran, et dimanche en Egypte quand il a livré sa «vision» toute «messianique»de ce que pourrait être le Moyen-Orient dans 60 ans.


Son conseiller à la sécurité nationale, Stephen Hadley, a clairement indiqué, à ce propos, que  Bush voyait la main de l'Iran dans la plupart des tares et avatars  régionaux.


Seulement Bush a oublié un fait qui est, à notre avis, de taille, et que même si certains pays sunnites peuvent s’inquiéter de l'ascension de l'Iran chiite, tous les pays de la région et tout le monde arabe concidèrent volontiers le chaos dans la région comme l'effet des politiques régionales de l’administration américaine et de la guerre en Irak.


En fait, et même si les accusations du chef de la Maison-Blanche étaient vraies, ce dont nous doutons fort, qui a rendu l’Iran aussi puissant aujourd’hui ? Qui, en occupant l’Irak et en l’affaiblissant l’a offert sur un plateau à ses ennemis d’antan ? Qui, par sa politique pro-israélienne outrancière a créé ce sentiment de frustration chez les peuples arabes qui se tournent très logiquement vers l’Iran, le seul pays capable de tenir vraiment tête à Israël.


À tout cela il faut ajouter une vérité de taille : rien ne prouve aujourd’hui que le régime iranien essaie d’avoir l’arme atomique. Les renseignements américains eux-même ont d’ailleurs, dans un rapport,  minimisé la menace nucléaire iranienne


Pis encore pour le président américain, les pays de la région s’alarment beaucoup plus des intentions guerrières du gouvernement américain contre l’Iran que d’une éventuelle arme atomique iranienne. Une guerre de plus qui ne fera d’ailleurs qu’aggraver une situation déjà explosive au Moyen-Orient.


En fait il est, dans ce contexte, clair que le problème n’est pas l’Iran, et ce, même si le pays des Mollahs peut déranger certains, mais le vrai problème se situe de l’autre côté de l’Atlantique. Le vrai problème n’est autre, en effet, que la politique étrangère américaine et son parti pris aveugle et inconditionnel vis-à-vis d’Israël.


Et puis, s’il est vrai que l’Iran veut asseoir son hégémonie dans la région comme le prétend Bush, cette velléité est la conséquence logique de la politique dominatrice privilégiée par Washington dans la région et le monde.


M.A.B.R.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com