Faux pas interdit





Les protagonistes de la crise libanaise sont à deux doigts de la solution finale mais ne parviennent toujours pas à un compromis qui les éloignera une fois pour toutes des risques de dérapages. Aux dernières nouvelles, des facteurs subjectifs sont entrés en scène pour éloigner encore les adversaires politiques et les contraindre encore une fois à prolonger les négociations. En effet l’amour-propre du “Cheikh” Hariri ne lui permet pas de faire des concessions sur la révision de la loi électorale et particulièrement pour la capitale Beyrouth considérée jusqu’alors son propre fief et pour laquelle ses partisans ne semblent pas prêts à une entente.


Toutes les difficultés ont été aplanies sauf le point relatif au régime électoral de Beyrouth. Les protagonistes étaient disposés à entériner les propositions fixant la composition du gouvernement d’union nationale et la formule de l’élection du Président de la République mais butent sur la question de Beyrouth, aussi paradoxal que cela puisse paraître. Il est vrai que les enjeux sont de taille car celui qui remporte les voix de Beyrouth peut espérer garder une longueur d’avance dans  la concrétisation du processus démocratique. Mais il semblerait que les divergences ne sont pas uniquement dues à ce facteur. Des interférences extérieures ont conduit les partisans de Siniora à adopter des positions raides pour saborder tout règlement pacifique de la crise qui secoue le pays depuis plus de 18 mois.  Les observateurs retiennent leurs souffles, car les dès seront jetés aujourd’hui. Si les jusqu’auboutistes remportent la partie, le Liban risquerait de plonger encore une fois dans la violence et l’incertitude. Les ennemis de la paix, qui se reconnaîtront, pourront alors poursuivre leurs processus bâtis curieusement sur une théorie dénommée “l’anarchie constructive” sans se soucier des dommages causés au Liban et à la région entière.


Tout faux pas est désormais interdit car il conduirait inéluctablement à la destruction de ce paisible pays et à la concrétisation d’agendas extérieurs derrière lesquels se dissimulent des personnages, on ne peut plus machiavéliques qui n’ont d’autres soucis que l’appropriation  des champs de pétrole de la région et la préservation de l’Etat d’Israël.


Pour eux, tout le reste n’est que détail.


Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com