Il nous a quittés en silence …





* Par Boubaker Sghaïer


Il a perdu sa mère depuis quelques mois … Il vient de la rejoindre.


Je n’étais pas lié par une grande amitié avec le défunt qui vient de nous quitter, la figure médiatique et l’intellectuel, Hédi Grioui.


J’étais en désaccord continu avec lui. Toutefois, j’avais la conviction que les divergences n'excluaient pas le respect.


Je respectais les grands horizons de ses connaissances, sa culture encyclopédique et surtout son intelligence aiguë. Je connaissais beaucoup d’amis qui trouvaient du plaisir dans sa compagnie dans les espaces qu’il aimait.


Je n’étais pas de ceux-là.


Lorsque je le rencontrais, par hasard, je tenais à être très clair dans chaque mot que je prononçais. En même temps, décidais de ce que je voulais entendre et ce que je ne voulais pas.


Ses articles étaient d’une profondeur rare, écrits avec un vocabulaire éclectique et à contenu riche en données et en approches.


Le défunt Hédi Grioui était très brillant dès son enfance.


C’est un ancien du collège Sadiki. Il était le camarade de plusieurs figures connues comme MM. Fadhel Khélil, Aïsssa Baccouche, Khaled Zarrouk, Fayçal Lakhoua, Dr. Tahar Al-Benna, Khaled Guezmir, Chedly Ounis, Dr. Moncef Badra, Abdelhak Chéraïet, Hichem Gribaâ, Khaled Ben Sassi, Mohamed Mahmoud …


Il a excellé dans ses études universitaires. Il maîtrise trois langues. Il écrit en arabe, en français et en anglais.


Sa carrière professionnelle a commencé dans le journal “La Presse”, à l’époque de M. Amor Belkhiria. La période qu’il a passée dans ce journal coïncidait avec la parution des meilleures figures médiatiques tunisiennes à l’instar de MM. Slaheddine Maâoui, le défunt Mohamed Mahfoudh, Abdelaziz Dahmani, Ahmed Boughnim, l’ami Mohamed Missaoui et Mme Alya Bouhdiba …


A cette époque, le journal “La Presse” était une exception. Il a consacré une certaine audace avant la parution de journaux d’opposition, comme “Erraï”, “Démocratie”, “Le Phare” et le “Maghreb”.


Cet esprit libéral a été consolidé lorsque le Pr Abdelwaheb Abdallah, la grande compétence nationale, a assumé la direction de ce journal.


On percevait deux personnalités chez le défunt, celle qui était très créative dans ses écrits journalistiques et celle de l’intellectuel révolté qui ne s’arrêtait devant aucune forme de contraintes.


Cette caractéristique l’accompagnait depuis sa jeunesse.


C’est ce que m’ont confirmé ceux qui l’ont fréquenté de près comme le Pr Aïssa Baccouche ou le Dr Jilani Daboussi.


Le président de la section de l’Ariana de l’Union des écrivains dit que le défunt était habité par le mouvement des nouvelles idées et les luttes idéologiques.


Il était proche de tous. Il a fréquenté les symboles du mouvement de la gauche tunisienne comme Dr. Slimène Ben Slimène. Taoufik Baccar et Mongi Chemli.


Il suivait avec intérêt ce qu’éditait le périodique “Ettaqadum”. Il était proche du groupe du Parti communiste interdit et de l’expérience de “l’avant-garde” comme Mohamed Nafaâ, Abdelhamid Ben Mustapha, Mohamed Harmel et Hichem Sékik.


Même lorsqu’il a rejoint le journal “La Presse”, il n’a pas rompu avec ces figures de la gauche tunisienne. Il est parmi les journalistes qui ont le mieux connu les décennies des années soixante et soixante-dix, la fin de l’expérience des coopératives, le procès de Ahmed Ben Salah, le congrès de Korba en 1971, la scission au sein du Parti destourien à Monastir …


Il avait des relations très nouées avec la direction syndicale et à sa tête le défunt Habib Achour. Il a surpris tout le monde en s’éloignant du métier des fatigues pour aller travailler à l’Office du planning familial qui était dirigé par M. Mezri Chékir. C’était le point de départ pour une nouvelle étape dans sa vie professionnelle et politique. Il n’a pas cessé d’écrire. Il n’a pas quitté le secteur de l’information. Il a sauvegardé ses relations et ses amitiés avec le milieu de l’information y compris avec ceux qui n’étaient pas d’accord avec lui.


Qu’il repose en paix.


Il était parmi nous. On peut diverger sur sa personne, mais tout le monde est unanime sur son intelligence, son patriotisme et sa grande culture.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com