Pourparlers indirects de paix avec la Syrie : Israël s’engage à un retrait total du Golan





Après un gel de huit ans, Israël et la Syrie ont annoncé hier avoir engagé des négociations indirectes de paix sous les auspices de la Turquie.


Le Quotidien-Agences


Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, en visite à Manama, a affirmé hier qu'Israël s'était engagé à un retrait total du plateau du Golan, lors de négociations de paix indirectes sous le parrainage de la Turquie.


"Des pourparlers indirects ont commencé en Turquie sous un parrainage turc" entre la Syrie et Israël et "nous avons obtenu des engagements pour un retrait du Golan jusqu'à la ligne du 4 juin 1967", a déclaré Mouallem.


"Je tiens à saluer les efforts (déployés par le) Premier ministre turc (Recep Tayyip Erdogan) depuis plus d'un an entre la Syrie et Israël", a commenté le ministre syrien.


"Nous avons obtenu des engagements pour un retrait du Golan jusqu'à la ligne du 4 juin 1967. Cela n'est pas nouveau depuis l'engagement pris en 1993 par (l'ancien Premier ministre israélien Yitzhak) Rabin et réitéré depuis par tous les gouvernements israéliens qui se sont succédé", a-t-il dit.


Mouallem n'a pas donné d'autres précisions.


L'annonce de cette médiation a été faite par Israël suivie de peu par celle de la Syrie.


A Ankara, le ministère des Affaires étrangères a confirmé cette médiation, en affirmant que les deux pays avaient décidé de poursuivre les pourparlers "avec détermination et continuité pour parvenir à une paix globale".


Israël et la Syrie ont entamé des "négociations de paix indirectes sous les auspices de la Turquie", a annoncé Mark Regev, porte-parole du Premier ministre israélien Ehud Olmert.


"Olmert s'est rendu en Turquie en février 2007 pour rencontrer son homologue Recep Tayyip Erdogan. Il avait alors été convenu que la Turquie mènerait une médiation entre Israël et la Syrie", a indiqué sous couvert de l'anonymat un haut responsable au bureau du Premier ministre.


Selon lui, "deux conseillers du Premier ministre, Shalom Turjman et Yoram Turbowicz, se sont à plusieurs reprises rendus récemment à Ankara, parallèlement à des responsables syriens".


"Le gouvernement israélien aspire à une paix globale avec les Palestiniens et les Syriens", a-t-il ajouté.


Dans un communiqué, le bureau d’Olmert a affirmé que "les deux parties ont déclaré leur intention de mener ces négociations de façon franche, sérieuse et ouverte pour parvenir à une paix globale, conformément au cadre fixé à la conférence internationale de paix de Madrid" en 1991 (Bien: 1991).


A Damas, un responsable du ministère des Affaires étrangères a confirmé ces pourparlers indirects sous le parrainage de la Turquie.


Les négociations de paix entre les deux pays, parrainées par Washington, avaient été interrompues en 2000 après avoir achoppé sur la question du plateau du Golan, conquis en 1967 par Israël et dont la Syrie réclame la restitution totale jusqu'aux rives du lac de Tibériade, principale réserve d'eau douce de l'Etat hébreu.


L'annonce officielle sur ces négociations indirectes est survenue près de neuf mois après un raid aérien début septembre 2007, attribué à Israël contre un site en Syrie qui abritait des installations nucléaires, selon des sources américaines.


Elle est d'autre part survenue après une visite en Israël du président américain George W. Bush qui, selon la radio publique israélienne, a donné son feu vert à ces discussions.


La reprise du dialogue indirect avec Damas a par ailleurs été annoncée  alors que Olmert est impliqué dans une nouvelle affaire de corruption présumée.


Danny Yatom, député du parti travailliste israélien membre de la majorité, s'est élevé à la radio contre "l'effet d'annonce" de Olmert, estimant "qu'il ferait mieux de négocier avec les témoins à charge et le procureur".


"Il est regrettable que le Premier ministre se précipite pour brader le Golan uniquement pour échapper à une inculpation", s'est de son côté insurgé le député Youval Steinitz du parti Likoud (droite, opposition).


Fin avril, le vice-Premier ministre israélien Shaoul Mofaz, du parti centriste Kadima de Olmert, s'était élevé contre toute restitution du Golan à la Syrie, jugeant qu'elle permettrait une présence de l'Iran, considéré par l'Etat hébreu comme son ennemi numéro un, dans cette région stratégique.


Le Premier ministre turc a rencontré le 26 avril à Damas le président syrien Bachar al-Assad, qui s'est dit prêt à poursuivre la coopération avec la Turquie sur une relance des pourparlers de paix avec Israël.


Israël et la Syrie sont formellement en état de guerre depuis 1948 mais ont signé des accords d'armistice ou de cessez-le-feu.


Le représentant des colons du Golan, Elie Malka, a estimé qu’Olmert "met en danger Israël en renonçant" à ce plateau conquis sur la Syrie en 1967.


"Un Premier ministre qui est prêt à renoncer à une région sous souveraineté israélienne, pour la donner aux Syriens et aux Iraniens met en danger l'avenir de l'Etat d'Israël", a a-t-il déclaré.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com