Thalassothérapie en Tunisie : Comment remédier aux lacunes ?





La Tunisie est actuellement la seconde destination mondiale de thalassothérapie. Mais pour préserver cette place, il est grand temps de revoir ce produit et de trouver les moyens de remédier aux défaillances qui commencent à lui porter préjudice.


 


Tunis - Le Quotidien


Aujourd’hui, la Tunisie enregistre 41 centres de thalassothérapie répartis sur le littoral. Depuis que ce produit a été lancé en 1994 dans toute cette zone du pays, la région de Djerba-Zarzis compte à elle seule une capacité d’accueil de 250 000 curistes. En 2007, environ 160 000 curistes ont choisi cette région pour des cures de thalasso. Pour sa part, l’Office National du Tourisme Tunisien (ONTT) a opté également pour l’île de Djerba afin d’y réunir récemment les députés membres de la 7e commission parlementaire. Au cours de cette rencontre, les députés ont pris connaissance de l’état des lieux de cette activité.                                                 


D’emblée, la Tunisie semble avoir perdu ses marques sur le marché suisse qui a enregistré une véritable chute entre 2001 et 2006, passant ainsi de 50 000 curistes à 10 500 curistes. En contrepartie, le marché français n’a pas fléchi durant la même période. Et d’atteindre en 2006, 69 500 curistes contre 44 000 curistes en 2001.


Pour comprendre ce phénomène, l’ONTT a pris une importante initiative, celle de rencontrer les responsables des principaux TO suisses et français qui travaillent sur le produit tunisien afin de mettre le doigt sur les lacunes. A cet effet, il est désormais impératif de revoir la qualité, l’hygiène ainsi que le suivi des rapports d’appréciation des clients et des partenaires dans les centres. Les responsables des TO ont également souligné la motivation et la stabilité du personnel, l’importance d’une restauration plus adaptée, l’absence d’une démarche qualité et le manque de formation continue du personnel.


A ce titre, les responsables des TO n’ont pas tort. Car, nombreux sont les centres de thalasso tunisiens qui n’accordent pas d’intérêt à l’hygiène et qui mettent la réputation de leurs espaces en péril avec des pratiques douteuses de plus en plus répandues.


En réponse à ces rencontres avec les TO suisses et français, M. Raouf Joumni, DG de l’ONTT, a souligné à Djerba l’importance de créer une structure pour les professionnels de la thalassothérapie qui les réunirait à l’instar des hôteliers ou des agents de voyages. Par la même occasion, les professionnels seront invités à une sensibilisation tous azimuts quant à l’acquisition et à l’application de la norme 126.05, laquelle norme se rapporte aux bonnes pratiques en thalasso, à la mise en place d’une démarche qualité intégrant la qualité, la sécurité et l’environnement ainsi que l’utilisation des produits certifiés.


Dans cette optique, l’ONTT est déterminé à réagir dans les plus brefs délais. A ce juste titre, un guide des bonnes pratiques de comportement sera prochainement en vigueur. Et de créer également un label de qualité, «Thalasso Tunisie», en l’occurrence. Entre-temps, la Tunisie envisage aussi de renforcer la publicité institutionnelle dans le but de consolider davantage la position de la destination.


La formation continue sera placée parmi les priorités. Un cycle de formation spécifique sera alors mis en place sous la tutelle du ministère du Tourisme mais aussi du ministère de la Santé publique. Car la qualité du produit est tributaire d’une collaboration très étroite entre ces deux administrations. Aussi, les inspecteurs de ces départements bénéficieront-ils d’une formation afin de renforcer leurs compétences. A préciser que le ministère du Tourisme, conscient des défaillances d’inspection, envisage de recruter 80 nouveaux inspecteurs qui seront formés en normes de thalassothérapie.


Par ailleurs, l’administration du tourisme tunisien a pris des décisions qui consolident son orientation. En effet, la destination sera représentée aux salons et manifestations spécialisés. Mais l’administration a également élaboré et validé une norme de bonnes pratiques de la thalassothérapie, en plus de la réalisation d’une étude sur le développement du produit à l’horizon de 2020 ainsi qu’une mission d’expertise.


Maryem KADA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com