Une rencontre et après ?





Mahmoud Abbas et Ehud Olmert se sont rencontrés hier pour la énième fois pour ce qui devait être une relance des pourparlers de paix lancés il y a quelques mois à Annapolis sous l’égide du président américain George Bush.


Une nouvelle rencontre qui ne devrait, selon tous les analystes, apporter rien de nouveau. Elle a, par contre, montré une nouvelle fois l’énorme fossé qui sépare les deux parties.


Cela concerne en premier lieu la partie israélienne qui, histoire de montrer sa mauvaise foi, ce qui n’est plus d’ailleurs un secret pour personne, a annoncé quelques heures auparavant la construction de 884 logements dans deux quartiers de colonisation dans la partie orientale occupée d’Al Qods-est.


Une façon bien claire, comme l’a fait remarquer Abbas, pour miner cette rencontre. En effet, l’arrêt de la colonisation est l'une des principales pierres d'achoppement entravant les négociations israélo-palestiniennes. Un sine qua non qu’Israël avait fait semblant d’accepter mais qu’il n’a jamais appliqué sur le terrain.


Pis encore, Israël semble chercher à travers ses projets de colonisation à morceler les territoires palestiniens «en cantons isolés contrôlés par des barrages et anéantir ainsi toute possibilité de création d'un Etat palestinien indépendant», comme le fait noter à juste titre le négociateur palestinien Yasser Abed Rabbo.


Au fait, cette rencontre n’est qu’une nouvelle parade du Premier ministre israélien, histoire de montrer patte blanche au président américain qu’il devait rencontrer hier quelques heures après les entretiens avec Abbas.


Elle aura aussi le mérite d’aggraver le clivage entre le Fatah et le Hamas. Ce dernier l’a bien noté avant-hier en qualifiant de «farce» la rencontre. Il a accusé dans un communiqué  Abbas de «conférer une légitimité » à la colonisation juive en rencontrant le Premier ministre israélien au lendemain de l'annonce des nouveaux projets à Al Qods.


Et puis, de quel droit Olmert peut-il encore négocier. Pratiquement à la porte, il n’a, aux yeux des Israéliens, aucun droit pour engager Israël dans le moindre dossier. C’est d’autant plus vrai que le prochain gouvernement, selon tous les sondages, sera de droite. Une aile politique qui refuse le principe même des négociations, l’accord d’Annapolis compris.


En réalité, cette rencontre n’est qu’une mascarade de plus à ajouter à l’actif d’Israël et ce ne sont pas les assurances hier de l'administration Bush, qui tente de remporter avec le processus de paix israélo-palestinien un succès diplomatique nécessaire pour redorer son image ternie au Proche-Orient par la guerre en Irak, qui vont nous rassurer.


M.A.B.R.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com