Rasheed Butt : Un globe-trotter parmi nous





L'art de la belle écriture, la calligraphie, est au sommet de son raffinement et de son harmonie à la Bibliothèque nationale là où on peut méditer sur l’exposition du Pakistanais Rasheed Butt. Une œuvre à laquelle le tout Tunis culturel et le ministre de tutelle ont rendu hommage.


Tout y est en fait, les styles d’écriture perse, koufi et neskhin sont là à travers le noble de la matière or sans oublier le papier naturel et l’encre. Un matériau exploité à souhait par l’artiste calligraphe qui nous donne à voir une esthétique du lexique coranique et de certaines formules religieuses. La langue de la révélation coranique, l’arabe, est ici magnifiée et ornée de ses plus beaux atours sous la plume de Butt qui se fait aider pour quelques détails de bordures par sa fille, par ailleurs, ingénieur en informatique. Notre invité, accompagné de sa fille, découvre la Tunisie pour la première fois et tombe sous le charme «du pays d’Ibn Khaldoun» nous dit-il en lançant, «Tunis est la deuxième capitale du monde où je choisirais de vivre après Islamabad» sa ville natale. En véritable globe-trotter, Rasheed Butt, qui est actuellement le Président de l’Association des calligraphes pakistanais, était dans plusieurs pays islamiques et non islamiques. «Son art qui se veut un moyen de communication sans pareil l’a fait apprécier et respecter par de nombreuses personnalités du monde» nous confie Saira sa fille. Ils étaient notamment, à Londres, aux USA, en Iran, en Irak, en Arabie Saoudite à Singapour, au Koweït, là où il a donné de nombreuses conférences et supervisé des ateliers de formation en calligraphie.


Saira, le nom de la jeune demoiselle, qui veut dire en français «princesse», c’est aussi en pakistanais le nom de Sarra la femme du Prophète Ibrahim. Elle nous a fait découvrir les lieux en nous donnant quelques notions en la matière. On apprend à titre indicatif que les styles d’écriture en calligraphie utilisés ici sont : le «perse», un style cursif qui met en valeur les courbes de la lettre en lui conférant de l’élégance. Le style «neskhi», le plus ancien, respecte la rigueur du caractère de la lettre arabe en y ajoutant de la souplesse. Quant au style «koufi», il tire son nom de la ville irakienne de Koufa. Ces styles ont été utilisés par l’artiste qui a réalisé avec de belles «Hilia» la calligraphie du Prophète Mohamed et d’Allah. «Hilia, nous explique Saira, est une calligraphie qui rassemble des descriptifs et des qualités du Prophète. Pour le cas d’Allah, la Hilia est un beau tableau qui décline les 99 noms divins». Et ce n’est pas tout, car les lettres et les mots de la calligraphie de Rasheed Butt, son père, ne sont pas confinés à leur seule fonction artistique, ils sont pour lui un acte d’adoration qui le fait vivre en parfaite symbiose avec le monde de l’au-delà. La calligraphie n’est qu’une manière que l’artiste a choisie pour toucher à la profondeur de l’Islam en développant l’expressivité du texte saint et de vivre la religion islamique autrement. Mieux encore, l’artiste nous informe qu’il travaille actuellement sur un projet dans son pays, le Pakistan, en vue d’introduire l’art de la calligraphie dans les programmes scolaires. «Cela aide à ouvrir les esprits» conclue-t-il.


Mona BEN GAMRA





Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com