Le jeu et les joueurs : Seul Mikari a échappé au fiasco





Avant-hier à Radès, on a fait semblant d’oublier toutes les carences de la sélection nationale jusqu’à cinq minutes de la fin. Les Aigles de Carthage, qui, à l’occasion, ont perdu leurs ailes et leurs becs, ont cru tout de même tenir le bon bout en faisant l’essentiel, mais la logique a fini par... s’imposer.


 


Que dire alors de la disposition tactique des hommes de Lemerre sinon que ce 4-3-1-2 n’a rien donné face à un adversaire appliqué et volontaire mais n’ayant rien d’un foudre de guerre. En alignant trois pivots à vocation défensive, le sélectionneur donnait l’impression d’affronter un adversaire de très gros calibre en déplacement. Car lorsqu’on défend à sept, on a toujours du mal à se repositionner en attaque et y créer le surnombre, d’autant plus que certaines individualités ont paru hors du coup pour diverses raisons. L’équipe a manqué terriblement de créativité et son jeu stéréotypé n’a pas  surpris ni fourni plus de solutions en attaque. Et comme un malheur ne vient jamais seul, le flottement d’une défense pourtant bien soutenue a fait le reste. Les attaquants du Burkina Faso n’ont pas su en profiter durant les trois quarts du match et ont pu finalement, rectifier le tir en réussissant deux buts lors des cinq dernières minutes.


Lemerre était-il conscient que le schéma  tactique adopté n’était pas le bon pour une équipe appelée à gagner et à marquer beaucoup de buts ? Nous n’en sommes pas certains car même les changements opérés laissaient comprendre que le coach ne voulait pas opter pour une nouvelle solution tactique. Dans son esprit, le but réussi par Belaïd va être suffisant pour gagner et c’est à ce niveau qu’il s’est montré naïf ou irresponsable. En attaque, la paire Jemaâ - Chermiti n’a pas trop pesé sur la défense adverse à part quelques essais timides et des... ratages impardonnables. Lemerre a tenu à écarter certains éléments qui lui étaient à première vue... imposés et c’était le cas pour Mouihbi, resté hors liste !


Enfin de compte, le 4-5-1 du Burkina Faso a eu raison des Tunisiens qui ne savaient même plus se replacer sur le terrain ni s’adapter à une tactique conservatrice qui s’est avérée vaine. Sur le plan individuel, seul Mikari a convaincu mais c’était trop peu pour mettre sur les rails une équipe à la dérive.


Kasraoui: Il a, encore une fois, montré sa fébrilité lorsqu’il s’agit de garder les bois de l’E.N. Il n’a jamais été à l’aise malgré une grande volonté de bien faire. Ce manque de confiance lui a joué un mauvais tour et il a fini par craquer durant les dernières minutes.


Frej: son  rendement a été très irrégulier et il souffre encore d’un manque de compétition qui lui fait du mal. Dimanche, il n’a pas eu son rayonnement habituel  et n’a pas constitué un véritable danger sur son flanc. Il a été remplacé par Hammami qui n’a disputé que quelques minutes.


Mikari: il fut l’une des rares satisfactions de ce match et il a accompli un travail énorme sur le côté gauche.  Ses chevauchées et ses ouvertures n’ont pas été bien exploitées par ses coéquipiers, mais il fut, de loin, le meilleur tunisien sur le terrain.


Jaïdi - Felhi: l’axe défensif qui a déjà évolué ensemble à la dernière CAN a semblé curieusement lent et dépassé. L’entente n’a pas été parfaite et les avants adverses ont eu la tâche facile tellement ils ont bénéficié d’espace. Les deux buts encaissés en quelques minutes en sont la parfaite illustration.


Mnari: il a paru loin de sa forme habituelle et il se contente désormais d’une tâche défensive qui nécessite moins d’énergie.


Zouaghi: il a essayé d’être utile dans tous les secteurs, mais il n’était pas parvenu à s’imposer dans un entrejeu où les rôles se confondaient. Son erreur sur le second but est venue confirmer ses difficultés.


Traoui: fut le plus actif et le plus offensif des trois pivots titularisés mais sa blessure l’a empêché de terminer le match. Il céda sa place à Ben Saâda qui ne s’est pas mis en évidence. Son manque de compétition ne l’a point aidé à être aussi présent que lors des matches de la CAN 2008.


Belaïd : il a bien débuté son match et il a même récidivé en marquant sur coup-franc direct. La suite fut moins heureuse et il était  rentré dans les rangs.


Jomaâ: ceux qui comptaient beaucoup sur l’opportunisme de cet attaquant ont eu tort car il n’a réussi que quelques petits gestes et sa maladresse devant les buts a fait le reste. Il est bien loin de l’attaquant qu’on vit à l’œuvre il y a quelques mois. En fin de match, il fut remplacé par Yahia qui, entré  à un moment où rien ne marchait, ne pouvait rien donner.


Chermiti: il a alterné le bon et le  moins bon mais il faut dire également qu’il n’a pas bénéficié d’un grand soutien. Ses tentatives ont manqué de réussite et on aurait souhaité voir Lemerre lui flanquer un second attaquant de pointe pour lui faciliter la tâche.


Kamel ZAIEM


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Leurs impressions


 


Radhi Jaidi


"Nous avons concédé une défaite pour avoir commis des bévues défensives. Nous en sommes conscients. C'est un revers passager qui ne doit pas entamer notre moral, l'important est de se concentrer sur les trois matches qui restent à disputer pour renverser la vapeur. Nous croyons en nos moyens et nous sommes en mesure de redresser la barre".


Issam Jomaa


"Nous avons laissé échapper la victoire qui était à notre portée. L'égalisation a été le tournant du match. Nous devons rectifier le tir lors du reste du parcours pour assurer notre qualification. Nous devons tirer les enseignements de ce faux-pas et faire preuve de vigilance lors des prochains matches pour ne pas commettre les mêmes erreurs".


Roger Lemerre


"Je suis déçu par le résultat car nous entamons une nouvelle compétition avec une défaite. Je félicite le Burkina Faso, une équipe bien compétitive, qui a effectué une bonne préparation pour ce match. Malgré l'avantage pris au terme de la première mi-temps, nous avons eu plus de difficultés en seconde période.


Nous devons accepter la défaite et redresser la barre. Nous allons faire le déplacement à Victoria pour rencontrer les Seychelles et nous devons nous racheter pour conserver nos chances de qualification. La défaite est due à des erreurs grossières en fin de match mais nous conservons toujours nos chances de qualification".


Paulo Duarte


"Nous avons remporté une victoire historique face à la Tunisie, une des meilleures formation du continent, sur son terrain et face au favori du groupe. Je suis très heureux de cette victoire qui concrétise sept mois de travail à la tête de l'équipe. Nous avons joué avec beaucoup d'audace et grand engagement. J'ai remonté le moral aux joueurs au terme de la mi-temps en leur disant qu'ils avaient mieux joué. Nous avons pris des risques en attaque en fin de match et nous avons pu remporter la victoire. En football tout reste possible".




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com