Le mariage fait-il partie des projets juvéniles ? : L’argent, clé du «bonheur»…





La notion de mariage perd de plus en plus de son essence. Les échecs nombreux de la vie de couple, les taux de célibat et des divorces qui « grimpent » année après année, poussent à croire qu’on n’accorde plus autant de sacralité et d’intérêt à la vie commune. Le mariage fait-il justement partie des projets juvéniles ?


 


Tunis-Le Quotidien


Le mariage coûte de l’argent, beaucoup d’argent et  de plus en plus de jeunes diplômés sont incapables d’y parvenir avant d’atteindre au moins la trentaine ! Autrefois, les jeunes couples pouvaient se contenter de très peu de choses pour se marier. Ils pouvaient également s’installer chez les parents du mari. En outre, garçons et filles ne pouvaient avoir de relation affective en dehors d’un lien officiel, ce qui les poussait à se marier dans les plus brefs délais. Aujourd’hui, le problème ne se pose presque plus. Filles et garçons se côtoient et les relations «officieuses» sont implicitement tolérées. De leur côté, les filles semblent viser haut. Si elles sont libres et financièrement indépendantes et si aussi elles peuvent avoir un…petit ami, à quoi bon alors de convoler si tôt? Elles cherchent donc un mari qui saura leur être vraiment…utile. Toutes ces raisons et bien d’autres ont contribué à la métamorphose du concept matrimonial. Cela dit, si l’on demande à une jeune personne pourquoi elle voudrait se marier, l’on peut avoir des réponses diverses. Les uns veulent se marier juste parce qu’ils s’aiment. D’autres veulent se marier pour ne pas manquer aux convenances sociales ou encore parce que le mariage est dicté par notre religion. Et entre les uns et les autres, il y a ceux qui veulent se marier pour atteindre la stabilité et fonder une famille. Toutes ces raisons sont plausibles. Cependant, est-ce qu’une personne célibataire sait ce qu’il faut faire pour la réussite d’un mariage ? La réponse n’est pas aussi évidente. En fait, pour qu’un couple résiste aux aléas, il faudrait que chacun y mette du sien. Seuls l’équilibre et l’équité permettent une cohabitation prospère et durable. Toutefois, cette culture de vie commune manque chez bon nombre de jeunes. Peut-être faut-il élaborer un programme éducatif et de sensibilisation pour les jeunes prétendants pour que les uns et les autres connaissent aussi bien leurs droits que leurs devoirs. Il faut qu’ils comprennent qu’un mariage est un lien sacré. Ce qui compte le plus, ce n’est pas le mariage en tant que tel, mais sa durée et sa réussite pour que les deux partenaires, qui se sont unis dans la joie, ne finissent pas devant un tribunal se toisant du regard et prêts à se déclarer la guerre après s’être promis amour et fidélité…


 


Zouheir, 18 ans, ne compte pas se marier. En tout cas, pas avant de trouver «la perle rare». «Soyons honnêtes ! Y a-t-il aujourd’hui des filles qui soient vraiment prêtes à s’unir pour le meilleur et pour le pire ? Franchement, cela m’étonnerait ! En fait, pour se marier, il faut d’abord qu’il y ait deux personnes en parfaite harmonie, il faut qu’il y ait assez d’argent pour couvrir les frais d’un mariage, une volonté réciproque de bâtir ensemble et surtout il faut que chacun sache assumer pleinement son rôle. Or, je m’arrête déjà au premier point. Aussi pessimiste que cela puisse paraître, je ne suis pas tombé sur une fille qui soit digne de mériter toute ma confiance, qui peut être une bonne épouse et une bonne mère. La majorité des filles n’accordent plus autant d’importance à la sacralité du mariage. Pour elles, c’est celui qui a le plus d’argent qui mérite de remporter le «gros lot» ! C’est comme si elles se vendaient à celui qui saurait mettre le paquet. Elles sont incapables de mener une vie modeste et ne sont pas prêtes à faire des sacrifices pour bâtir petit à petit un foyer aux côtés de leur conjoint. C’est la première raison qui pousse les jeunes à ajourner le mariage à une date non déterminée. On a beau être moderne et ouvert d’esprit, certaines valeurs restent ancrées dans notre mentalité d’hommes orientaux. Si je me marie, il faudra que ce soit moi qui subvienne aux besoins de ma famille. Je veux que ma future femme reste à la maison pour élever ses enfants et être la reine du foyer. Malheureusement, je ne suis pas tombé sur une seule fille qui partage mes convictions. La majorité des filles sont à craindre carrément ! Et si la relation boîte dès le départ, je ne vois aucune raison pour me marier. A quoi bon, si je sais d’avance que cela finira mal», dit-il.


Mohamed Ali, 19 ans, voudrait se marier et fonder une famille. Mais le jeune homme pense qu’il faut avoir de l’argent plein les poches avant de penser au mariage. «Pour se marier, il faut avoir les moyens. Nul ne peut aujourd’hui mener une vie modeste! Et même ceux qui croient pouvoir vivre en se contentant de peu finiront par divorcer ou, au meilleur des cas, mener une vie de couple très mal réussie. La vie coûte trop cher et le peu de choses nécessaires pour se marier valent à elles seules une fortune. Personne ne pourra se marier avant au moins quelques années de travail, si d’abord il en trouve un. Le mariage en tant qu’union ne me fait pas peur et je ne suis pas du tout contre le principe. Mais je suis réaliste et je garde les pieds sur terre. Le problème, à mon sens, ne se pose pas au niveau des partenaires. Personne ne peut dire qu’il n’y a plus de filles prêtes au mariage. Il existera toujours des filles bien, mais ce qui fait obstacle c’est le côté matériel. Et puis, on ne peut pas prendre une fille en mariage et ensuite la priver de tout ! Il faut que l’on soit capable d’assumer notre rôle d’époux et de chef de famille. Sinon, il vaut mieux s’abstenir», dit-il.


Safa, 18 ans, ne compte pas se marier avant au moins cinq ans. «Le mariage ne fait pas partie de mes projets immédiats. Je ne veux me marier qu’après avoir terminé mes études et trouvé un emploi. La vie de couple n’est pas un jeu, c’est une énorme responsabilité à assumer. Je ne peux pas dire que je serai prête à me marier pour bientôt. A vrai dire, je veux profiter de ma vie de célibataire. Je veux apprendre, découvrir et gagner en maturité avant d’être une épouse et une mère. Je ne peux pas non plus confier toute ma vie à un jeune homme qui ne saura pas être responsable. Malheureusement, les jeunes ayant la vingtaine sont très superficiels. Je ne les vois pas du tout assumer leur rôle de chef de famille. Ce n’est pas l’argent qui pose problème. Si on veut, on peut. Si deux personnes s’aiment sincèrement et si surtout, elles s’entendent vraiment, elles vont pouvoir se marier et s’entraider. Mais le problème c’est que filles et garçons manquent de maturité et de sens de responsabilité», dit-elle.


Riadh, 18 ans, ne veut pas se marier. Le jeune homme pense que seules les personnes riches peuvent aspirer au mariage. «Nous sommes très loin de l’époque où le mariage ne coûtait pas grand-chose. Avant, les couples étaient hébergés par les beaux-parents jusqu’à ce qu’ils aient les moyens d’avoir une maison. A présent, il est difficile qu’une fille accepte cette alternative. En outre, il faut beaucoup d’argent pour équiper une maison. Le problème est donc essentiellement financier. Je sais que je ne pourrai pas avoir une maison équipée, une voiture et un peu d’argent de côté pour me marier. Il me faudra des années de travail. Mais à mon avis, il vaut mieux laisser tomber l’idée de se marier et de se retrouver surendettés quelque temps après», dit-il.


Abir CHEMLI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com