Dialectique gravissime





Ainsi donc, les inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) se rendront en Syrie vers la fin de ce mois pour déterminer si Damas avait entrepris de construire un réacteur nucléaire à Al Kibar. Ils auront pour mission d’enquêter sur ce site qui  a été d’ailleurs détruit par un raid israélien au mois de septembre dernier, à l’issue d’une action militaire unilatérale faisant fi des lois internationales et peut-être moins des valeurs morales.
Il est certain qu’une telle initiative ne relève pas seulement de l’AIEA mais se place dans une logique qui n’échappe aujourd’hui à personne. Comme toujours c’est la victime qui se met devant la barre des accusés pour répondre d’un crime non commis. Non seulement agressée sur son propre territoire, la Syrie devra répondre également devant la communauté internationale, représentée cette fois-ci par l’AIEA, sur ses prétendues intentions cachées derrière la construction du site en question. Drôle de logique au moment où l’attention de la communauté internationale devrait être orientée vers la mise en place de structures garantissant le respect des principes fondamentaux régissant les rapports entre les pays membres de l’organisation onusienne. Curieusement, l’agresseur bénéficie d’une immunité sans pareille. Qui plus est, il se targue d’avoir détruit des installations d’un pays avec qui, paradoxalement, il laisse croire qu’il cherche à établir un accord de paix.
L’AIEA, qui dispose de toutes les facilités d’accès à tous les sites douteux, aurait pu profiter de ses prérogatives pour inspecter les installations incriminées et prendre les mesures qui s’imposent avec la bénédiction de l’organisation onusienne pour ne pas citer d’autres pays.
Avec de tels agissements, nous entrons dans une nouvelle dialectique très grave pour la stabilité de la planète. Chacun peut prononcer et exécuter une sentence à l’encontre de son rival (s’il a les moyens) impunément et enquêter par la suite sur la véracité de ses accusations.
Et si l’enquête démontrait le contraire? Il est vrai que l’agresseur se placerait dans une situation inconfortable mais ne serait inquiété outre mesure.
Les relations qui régissent les rapports entre les pays devraient être basées sur le respect mutuel et sur le droit de chacun à la sécurité et à la stabilité.
Lotfi TOUATI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com