Le salut par la solidarité





La cambuse planétaire se porte mal. Elle ne nourrit plus ses hommes et son état de santé qui décline dangereusement, génère des émeutes de la faim dans les pays les plus touchés, donne le tournis aux gouvernants et beaucoup de soucis aux gouvernés à l’échelle internationale. La crise  alimentaire sans précédent qui sévit depuis quelque temps dans le monde a été ainsi le sujet-phare du Sommet de la FAO qui vient de se tenir dans la capitale italienne, Rome.


Pratiquement tous les dirigeants et chefs de gouvernement des nombreux pays ayant participé à cette rencontre se sont relayés pour exprimer leurs vives inquiétudes, dressant au passage un état des lieux peu reluisant et multipliant les appels en faveur d’une plus grande solidarité en matière de sécurité alimentaire. Jamais dans l'histoire une crise aussi aiguë, dans un secteur aussi vital, n’aura été aussi durement ressentie.


Fait nouveau, cette galère alimentaire touche d’abord les pays vulnérables et pauvres, mais les nations nanties n’en sont pas pour autant à l’abri. EIles en pâtissent également à un point tel que leurs populations investissent les rues et donnent de la voix pour exprimer leur  amertume et leur mécontentement  face à la chèreté en continu des produits alimentaires. Selon les plus récentes statistiques, les cours des denrées alimentaires sur le marché international ont augmenté de plus de 53% durant les quatre premiers mois de 2008 par rapport à la même période, une année auparavant.


Le problème, c’est que le plus dur est à venir surtout que les spécialistes s’accordent à penser qu’une accalmie n’est pas envisageable pour le moyen terme. La situation risque donc de se compliquer davantage, si des mesures urgentes ne sont pas prises par la Communauté internationale pour enrayer cette crise qui fait peser une lourde menace sur la stabilité dans le monde.


Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU a d’ailleurs dramatisé, hier, l’enjeu de ce sommet en déclarant que le monde ne pouvait se permettre d’échouer face à cette terrible crise qui exigera un effort financier de 15 à 20 milliards de dollars par an pour la mise en place d’un plan d’action d’urgence. L’objectif étant de faire en sorte que le «système commercial international fonctionne de façon efficace pour que davantage de denrées soient mises sur le marché et à des prix raisonnables».


Un objectif séduisant et ambitieux en somme mais dont la concrétisation dépend du bon vouloir et du comportement notamment des pays riches. Ces derniers sont appelés plus que jamais à s’impliquer de manière active dans une nouvelle stratégie mondiale pour la sécurité alimentaire. La solidarité, telle que préconisée  par la Tunisie, constitue à cet effet une nécessité impérieuse sans laquelle toutes velléités de circonscrire cette crise seraient vaines et utopiques. C’est à travers la conjugaison de tous les efforts et l’altruisme que l’humanité sera capable de dépasser ce mauvais pas et d’exorciser les démons de la famine, source d’instabilité majeure pour tous les occupants du village planétaire...


Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com