Les jeunes et les idoles : Ronaldo, Thameur Hosni et les autres





Durant chaque période de la vie, nous avons besoin de références, de modèles et d’idéaux.


Les adolescents ont un besoin réel d’avoir un modèle qu’ils chérissent.


Chacun, selon ses propres besoins et ses propres aspirations, se fixe un idéal.


Quelles sont justement les personnes auxquelles les jeunes veulent s’identifier? Que trouvent-ils d’extraordinaire chez leurs idoles ?


 


Tunis-Le Quotidien


Durant la petite enfance, chacun d’entre nous se réfère à un modèle. Cet idéal, représente une forme embellie de la réalité. Nous nous y identifions et essayons de marcher sur ses pas. Toutefois, au fur et à mesure que nous grandissons, nos idées changent et nous cherchons d’autres références qui collent plus à nos besoins en mutation continuelle. L’idéal peut être une simple création de l’esprit qui peut ne pas avoir une existence réelle. Ceci implique une sorte de rupture avec la réalité. D’où cette tendance pour certains à mettre le monde entre parenthèses. Pour eux, la réalité matérielle n’a plus de sens en tant qu’objet, mais en temps qu’idée et en tant que pensée. L’on peut avoir un seul idéal, comme on peut en avoir plusieurs. Mais le dénominateur commun entre ces idéaux, c’est qu’ils représentent tous l’image de celui qu’on veut «s’approprier». Durant l’âge de l’adolescence, la personne qui fait l’objet d’une adoration diffère de celle de l’enfance dans la mesure où un adolescent a besoin d’une idole qui traduise ses tendances rebelles et qui reflète l’image parfaite de ce qu’il veut être ou de ce qu’il cherche chez son partenaire. Les jeunes peuvent dès lors avoir un seul être qu’ils vénèrent comme ils peuvent avoir plusieurs modèles qui représentent pour eux l’exemple type de la réussite, de la beauté et de la force. Il faut dire que cet «idéalisme» est nécessaire au développement de l’adolescent. La personnalité s’harmonise et l’individu se fixe des repères et un modèle à suivre. Dès lors, il ne procède plus de manière arbitraire. Le tiraillement entre les pulsions naturelles qui peuvent être violentes ou négatives et entre les penchants juvéniles idéalistes provoque, au début, un certain conflit dans l’esprit de l’adolescent. Mais petit à petit, cette idole différente de soi lui permettra de se réaliser. Cet utopisme jouera donc le rôle d’un régulateur de pulsions et lui permet, par ailleurs, d’atteindre un certain équilibre psychique et affectif. Cette phase s’accompagne généralement d’une insatisfaction de l’image de soi. Un jeune aspire à une image supérieure à son propre individu. Il a l’impression de ne pas être à la hauteur de son idéal, ce qui le pousse à partir à la quête d’un monde parfait en adoptant le même mode de vie et les mêmes idées que son exemple. Il jugera tout à travers ses idéaux et est prêt à défendre ses points de vue contre tout «assaillant»…


 


Ammar, 16 ans, est un fan de Ronaldo. «Né dans une famille pauvre, Ronaldo entame sa carrière pour être rapidement pris en main par des hommes d’affaires avisés ayant repéré son talent hors normes et particulièrement précoce. Ma chambre est décorée des posters de ce joueur. C’est un vrai professionnel du foot et je l’aime vraiment beaucoup. Toutefois, Ronaldo est certes mon idole, mais ce n’est pas mon unique exemple. Certes, je rêve de devenir un joueur professionnel aussi talentueux que lui, mais si je dois garder les pieds sur terre, je choisirai un exemple plus proche de moi : ma sœur. C’est une fille vraiment extraordinaire. Elle a une forte personnalité et beaucoup de caractère. C’est une fille studieuse, bonne, affectueuse, compréhensive et elle a toujours été là pour m’écouter, me comprendre, me conseiller et m’orienter. Elle est discrète et digne de confiance. Elle représente incontestablement mon exemple à suivre», dit-il.


Wahid, élève, 18 ans, bien qu’il ne soit pas trop influencé par les célébrités, voue également une véritable vénération pour Ronaldo. Mais il préfère avoir un modèle qu’il connaisse de près. «Mon idéal est incontestablement Ronaldo. C’est l’un des meilleurs attaquants au monde de la fin des années 1990 et du début des années 2000. Considéré comme le digne successeur de son légendaire compatriote Pelé, Ronaldo est pour moi le symbole du talent et de la réussite. J’aimerais tant pouvoir un jour arriver à jongler avec le ballon comme il sait parfaitement le faire. Cela dit, si je dois choisir un modèle à suivre, ce sera mon oncle maternel. Cet homme ne cède jamais aux défaites et il sait comment rester debout même s’il a eu à affronter beaucoup d’obstacles. C’est un homme responsable, raisonnable et très courageux et qui n’a jamais compté sur les autres. Il a voulu relever le défi et il a réussi. Ce qui m’épate chez lui, c’est cette capacité de persévérer et de travailler sans jamais se lasser. Il s’est toujours fixé de nobles objectifs qu’il a réussi à atteindre. Je pense qu’il est primordial qu’on ait un exemple ou un modèle. Cela nous permet d’améliorer notre potentiel. Il est vrai que certains adolescents se contentent d’avoir comme modèle un jeune artiste ayant un beau look. C’est la réussite de cet artiste, sa célébrité et sa richesse qui les font rêver et ils souhaitent devenir aussi riches et célèbres que lui. Ensuite ils s’approprient même sa façon de s’habiller et sa manière de parler. Ce n’est pas de l’idéalisme mais une sorte d’attirance qui leur permet de rêver…», dit-il.


Chama, 15 ans, est une grande fan de Thameur Hosni. La jeune fille juge cet artiste égyptien comme un modèle de réussite et de douceur. «Thameur Hosni est un artiste charmant et sensible qui a une voix très douce et pleine d’affection. Je le trouve inégalable. Toutefois, s’il y a une personne de mon entourage que je considère comme spéciale, c’est bien ma mère. C’est une femme qui garde un esprit jeune et qui s’«entretient». D’ailleurs elle a l’air beaucoup plus jeune qu’elle ne l’est réellement. En outre, elle est attentionnée, affectueuse, compréhensive, généreuse, patiente, combative et responsable… Je pense que ces qualités doivent absolument exister chez une femme. Ma mère est un exemple à suivre pour moi», dit-elle.


Henda, 16 ans, ne vénère personne spécialement. La jeune fille est en revanche influencée par le mode de vie américain. «Si je dois choisir quelqu’un, je dirai que je suis fan de la musique d’Ekon, un chanteur et musicien américain. Mais ce que j’aime vraiment, dans le mode de vie américain, c’est tant de pouvoir devenir détective privé comme ceux que l’on voit dans les séries américaines. Mais étant donné que les détectives privés n’existent pas dans les pays arabes, je voudrais faire partie du corps de la police, la brigade des tigres noirs spécialement. Ce genre de travail me passionne depuis la petite enfance. J’adorerai pourchasser les criminels et rendre aux gens la vie plus sereine et paisible», dit-elle.


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com