Sur le vif : Union pour la Méditerranée? Et l’unité des intentions… ?!





Le 2 janvier (12 nivôse) 1802, devant les marques d'opposition réitérées au Concordat et le rejet des premiers articles du Code civil, Napoléon Bonaparte, le Premier Consul retire tous les projets présentés aux Conseils. Lecture est ainsi faite : "Le gouvernement a arrêté de retirer les projets de loi du Code civil…C'est avec peine qu'il se trouve obligé de remettre à une autre époque les lois attendues avec tant d'intérêt par la nation. Mais il s'est convaincu que le temps n'est pas venu où l'on portera dans ces grandes discussions le calme et l'unité d'intention qu'elles demandent."


L’unité des intentions érigée en logique d’Etat. Et Bonaparte savait de quoi il parlait. Il était passé par tous les épisodes ayant mené à ce 2 janvier et il avait vu ce que les discordances étaient capables de détruire. Chacun poursuit un but différent, souvent antagonique, des autres et voilà la graine semée des pertes de temps et des rendez-vous ratés.


C’est ce que nous craignons tous quand nous évoquons cette Union Pour la Méditerranée proposée par le Président français Sarkozy et appelée des souhaits de beaucoup de Chefs d’Etat et de peuples de la région. Mais une graine a déjà été semée, car n’oublions pas que le projet qui démarrerait le 13 juillet prochain portait initialement le nom d’Union Méditerranéenne.


‘’Une nuance significative’’, a tenu à souligner M. Abdelwaheb Abdallah, ministre des Affaires étrangères. Un signe de revue à la baisse des ambitions premières ? On est tenté de le croire d’autant plus volontiers que ce n’est pas la première déception du processus euro-méditerranéen. Tout le monde reconnaît que beaucoup a été fait mais bien en deçà des aspirations du Sud. On l’a tellement répété que l’on peut craindre que ces doléances pourraient ne plus porter de sens. Et c’est là le danger du nouveau projet d’Union Pour la Méditerranée.


Oui, nous voulons y croire… mais nous revenons encore une fois à l’unité des intentions alors que cette unité est partout ailleurs : unité de la civilisation du bassin, unité de l’Histoire, unité des valeurs, unité des défis, unité des intérêts, et la liste est très longue. Aujourd’hui, Barcelone n’a donné ni sécurité partagée, ni prospérité partagée, ni réelle libre circulation des biens et des personnes. Et c’est autour de ces thèmes que le nouveau projet devra donner des réponses s’il souhaite restaurer la confiance.


Manoubi AKROUT


manoubi.akrout@planet.tn




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com