Les jeunes et l’animation estivale : Sauvez-nous de la routine !





Après le stress des études et des examens, les jeunes ont besoin de loisirs. En outre, lorsque la canicule commence à pointer du nez, ils n’ont plus de pensées que pour les plages, les baignades et le divertissement. Nombre d’entre-eux jeunes rêvent d’un programme d’animation qui leur permet de faire la bamboula. Quelles sont justement les attentes des jeunes en matière d’animation estivale ?


Tunis-Le Quotidien


Certains jeunes ne trouvent rien à faire durant l’été et ne réagissent pas. Plusieurs autres, en revanche, ont horreur de rester les bras croisés. Ils rêvent de vacances d’été bien organisées et surtout très bien animées. Ils ont attendu l’été sur des charbons ardents pour sortir de leurs coquilles, faire des rencontres, jouer, pratiquer des activités divertissantes, danser, chanter, se baigner, etc. De bonnes vacances d’été pour eux ne peuvent avoir lieu que s’il y a un programme aussi agréable que varié. Un programme qui rime avec excursion, exploration des sites un peu partout sur le territoire tunisien, spectacles, concerts, discothèque, baignades, sport, vélo, ping-pong, baby-foot, volley-ball… Et entre les uns et les autres, bon nombre de jeunes aimeraient joindre l’utile à l’agréable. Ils veulent profiter de ce temps libre pour mettre à l’œuvre tous leurs travaux artistiques qui restent à l’état de plans durant la saison scolaire. Les jeunes ont une préférence pour les actions et les activités qui s’inscrivent à la fois dans le cadre éducatif et divertissant. Plusieurs d’entre eux, en effet, ont des projets qui nécessitent d’être approfondis et peaufinés. Ils aspirent à partir en excursion pour profiter de la mer tout en étant chapeautés par des encadreurs et des animateurs qui savent les orienter et les guider. Un jeune, contrairement aux idées reçues, ne refuse pas toute sorte d’autorité. Cependant, il aimerait tant pouvoir choisir ses tuteurs…


Ahmed, 15 ans, compte passer ses vacances à Sousse, comme d’habitude. Le jeune homme y trouve tout ce dont il a besoin. «J’ai de la famille qui habite à Sousse et, chaque été, je m’y rends durant le mois de juillet. Il faut dire que l’ambiance là-bas est vraiment géniale. Quotidiennement, des animateurs se rendent sur les plages et nous proposent des jeux de compétition, de la danse, de la musique, etc. C’est une ambiance extraordinaire ! Mais il faut dire que je suis chanceux d’avoir de la famille qui habite à Sousse. En effet, plusieurs jeunes ne trouvent pas où aller. S’ils veulent un programme d’animation, ils doivent passer des séjours dans des hôtels. Et cela coûte vraiment trop cher. A défaut, ils n’ont qu’à se rendre sur les plages de la banlieue. Et franchement, je préfère pourrir dans la chaleur chez moi que d’aller me baigner dans la banlieue. Parce que, non seulement, les plages sont archi-pleines, mais, en plus, ces endroits sont très mal fréquentés. On ne peut pas profiter de l’animation tellement il y a du monde», dit-il.


Hassen, 16 ans, ne se sent pas très enthousiaste à l’idée d’être en vacances. Le jeune homme sait d’avance à quoi il doit s’attendre. «Etant donné que je n’ai aucune famille dans une station balnéaire et que ma famille ne peut pas se permettre «le luxe» de nous payer des séjours dans des hôtels, je sais que je vais rester à la maison pour combattre les moustiques et les bains de sueur ! Lorsque je me rends à la banlieue pour me baigner et profiter de l’animation de la plage, je dois prendre le train ou le bus, et tous deux regorgent de personnes. Et si jamais on prend le risque de sortir la tête des fenêtres pour prendre un bol d’air frais, on nous fauche nos chapeaux et nos casquettes ! Il ne faut surtout pas oublier qu’une fois sur les lieux, on doit composer avec les saletés parce qu’il est très probable de tomber sur des déchets alimentaires à chaque plongeon. Et si l’on veut bronzer tranquille avec notre sœur à côté, on doit également lui boucher les oreilles parce qu’une bande d’hommes à côté, armés de bières sous leurs serviettes, se permettent de dire des mots très inconvenants et de faire des gestes très indécents. Donc, je préfère rester à la maison pour faire la chasse aux moustiques ! A vrai dire, je ne comprends pas pourquoi nos lycées et collèges n’organisent pas des excursions pour nous ? On aimerait tant partir en excursion avec nos camarades et nos professeurs. On peut découvrir plusieurs endroits de la Tunisie qui sont vraiment beaux. Or même si on organise des excursions pour les jeunes, la destination ne dépasse jamais la banlieue», dit-il.


Emna, 15 ans, trouve aussi que les loisirs sont trop chers. «Les hôtels ? Il y en a beaucoup, mais on doit se contenter de leur faire «coucou» lorsqu’on passe devant ! Ce sont les touristes qui en profitent à des prix très abordables. Quant à nous, on doit se contenter de passer devant pour admirer le beau paysage avec un soupir ! Les familles ayant des revenus moyens ne peuvent pas se payer ce luxe. Et même si on fait des économies, on ne peut pas se permettre un long séjour dans un hôtel. Idem, si l’on veut louer une maison au bord de la mer. Les endroits ne manquent pas. Pour prendre le cas de Hammamet, on croit être quelque part à Miami ! Une seule journée dans ces endroits, pour une famille, coûte des centaines de dinars ! La solution ? Je crois que les entrepreneurs doivent investir dans le secteur du tourisme pour jeunes. Il n’existe pas de clubs privés. A part les maisons de jeunes, il n’y a aucun endroit spécifique pour nous. Nous rêvons d’avoir des clubs pour nous au bord de la mer où il y a une piscine, des terrains de sport, une salle de cinéma, un publinet, des activités culturelles et de l’animation. Des endroits auxquels on peut avoir accès à des prix abordables. On souhaite également que nos établissements scolaires organisent des excursions pour nous», dit-elle.


Maroua, 15 ans, partage le même avis. La jeune fille risque de reprendre ses études à la rentrée en étant encore plus stressée qu’au cours de l’année. «L’été est généralement la saison des loisirs et du divertissement. Or, on n’en profite que très peu. Mes parents font de leur mieux pour nous payer des vacances. Mais quoi qu’ils fassent, ils n’arrivent pas à nous payer plus de trois jours dans un hôtel. C’est vraiment trop cher ! Le tourisme pour jeunes, voilà ce qu’on espère! Peut-être qu’il y en a, mais si c’est le cas, cela passe sous silence et je n’ai jamais entendu parler d’un tarif vraiment étudié pour les élèves. On a le droit d’explorer les sites de nos pays sans dépenser une fortune. Nous avons de très beaux sites et de très beaux endroits. Mais pour y accéder, il faut être riche ! Nous voudrions tellement qu’on organise des excursions pour nous à des prix abordables», dit-elle.


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com