La grande menace…





La flambée des cours du pétrole et la crise alimentaire tenace qui prévalent actuellement, constituent à bien des égards un mélange étonnant et détonant. Une sorte de cocktail Molotov qui fait beaucoup de dégâts à l’échelle planétaire et génère des grincements de dents. Signe des temps, pays pauvres ou développés sont embarqués, de fait, dans la même galère. Ils souffrent le martyre et leurs populations donnent de plus en plus de la voix pour exprimer leur mécontentement.


Les mouvements de grèves dans des secteurs particulièrement touchés par le renchérissement du gazole, en Europe et dans d'autres contrées, font d’ailleurs boule de neige. Routiers et marins pêcheurs du Vieux continent mènent le bal de la grogne populaire depuis quelques jours à coups de barrages et de blocages. En un mot, ça va mal et ça a tout l’air de perdurer à en croire les prévisions des spécialistes. Les perspectives dressées par ces derniers ne sont pas, en effet, réconfortantes.


Aussi bien dans le compartiment des énergies fossiles que celui des céréales et autres denrées alimentaires, une embellie n’est pas envisageable pour le moyen terme. Avec un peu de chance, il faudrait attendre encore quelques années avant de voir les prix des céréales décliner. Mais concernant le pétrole, l’accalmie des cours relève proprement de l’utopie.


De là à déduire que le monde est  dans un cul de sac, il n’y a qu’un petit pas que d’aucuns n’ont pas hésité à franchir. Non sans raison d’ailleurs, car la planète est, le moins qu’on puisse, dans une mauvaise passe avec toutes les conséquences désastreuses que cette situation inextricable implique. L’économie mondiale, en proie à une récession sans précédent depuis quelques années, risque d’en pâtir davantage.


La baisse de la croissance, la montée exponentielle du chômage et de la pauvreté et la fermeture d’entreprises sont la conséquence logique de cette situation qui ne prédit rien de bon. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs le secrétaire général de l’ONU aux propos, d’habitude modérés, a carrément versé dans le pessimisme. Ban Ki-moon a, en effet, prévenu, hier à Londres, que la flambée des prix de l’alimentation et du carburant «pourraient déclencher des crises en cascade et déstabiliser le monde entier».


La sonnette d’alarme tirée par le S.G. de l’organisation onusienne sonne comme un appel de détresse lancé à l’adresse de la communauté internationale pour réagir au plus vite et prendre les mesures qui s’imposent avant qu’il ne soit trop tard. Il est impératif, à cet effet, pour sauver les meubles et circonscrire cette terrible menace que la communauté des nations consacre de toute urgence la solidarité. Le Sommet sur le pétrole prévu à Djeddah le 22 courant et devant réunir consommateurs et producteurs constitue, à cet effet, un rendez-vous de la plus haute importance pour tous les pays. Il est à espérer que la raison et le bon sens l’emportent sur la cupidité et la recherche d’intérêts strictement personnels. Les nantis doivent garder en mémoire, à cet effet, les conséquences désastreuses du renchérissement des prix du pétrole qui affecteraient non seulement les questions économiques et sociales mais aussi et surtout politiques et de sécurité.


Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com