Accalmie précaire





Ainsi donc, Israël et le Hamas ont décidé, d’un commun accord, d’enterrer la hache de guerre, à la faveur de la trêve négociée par l’entremise de l’Egypte et devant entrer en vigueur à partir d’aujourd’hui. D’une durée de six mois, ce cessez-le-feu est porteur d’une accalmie relative après de longs mois de violence non-stop qui ont marqué l’actualité au Proche-Orient.


L’Etat hébreu qui a, pendant longtemps, rejeté toute perspective d’arrêter ses exactions à Gaza dans le but avoué de mettre au pas définitivement l’indomptable mouvement islamiste, a fini par accepter cet accord. Celui-ci prévoit, outre l’arrêt des tirs palestiniens vers Israël et les attaques israéliennes, un allégement progressif du blocus imposé par Tel-Aviv sur Gaza. Des négociations par l’intermédiaire de l’Egypte doivent, d’autre part, commencer le 22 courant sur le sort du soldat israélien Gilad Shalit, capturé en juin 2006 par des groupes armés palestiniens et détenu depuis dans la Bande de Gaza.


Si tout va bien, en principe, le cycle infernal des représailles et des contre-représailles sera relégué, ne serait-ce que pour un temps, aux oubliettes.


Malgré le déséquilibre des forces, en faveur d’Israël, le Hamas a fait preuve tout au long du bras de fer musclé l’ayant opposé à l’Etat hébreu, d’une capacité de résistance farouche. Par moment, il a certes plié … mais en aucun cas il a cassé, remettant à chaque fois les pendules à l’heure du réalisme.


La foi associée à une volonté tenace de ne pas céder au diktat constituent une arme redoutable pour briser le joug de l’occupation et permettre au peuple palestinien de recouvrer ses droits spoliés.


La question qui se pose d’emblée est de savoir si cette accalmie va durer au delà des six mois initialement prévus. Il faut se rendre à l’évidence à cet effet que cette trêve est fragile. Car si elle offre un arrêt des hostilités, les problèmes de fond en revanche gardent toute leur intensité. Prévenir un retour brutal à la case départ dépend, en fait, de la suite que vont donner les gouvernants israéliens aux revendications des Palestiniens. Tel-Aviv doit se rendre à cet effet à l’évidence que sans une ouverture réelle d’une fenêtre d’espoir pour les Palestiniens, l’insécurité et l’instabilité continueront à prévaloir dans la région.


Le recours à la force à outrance pour juguler toute velléité de résistance palestinienne ayant révélé ses limites, l’Etat hébreu gagnerait certainement à donner une chance effective à la  paix sur la base d’une résolution politique du conflit. Tel-Aviv ne peut, de toute façon, se dérober éternellement à l’inévitable, à savoir la création d’un Etat palestinien libre et indépendant qui constitue la seule voie passante et la condition sine qua non d’une paix durable au Proche-Orient.


Chokri Baccouche




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com