Portrait – Roger Lemerre : L’incompris… !





Que retiendra l’histoire du passage de Roger Lemerre  à la tête de l’E.N. ? Un passage qui a duré près de six années. Six années de discipline, de professionnalisme, de quelques succès éclatants comme la CAN 2004, mais aussi une incommunicabilité qui a fait rager journalistes, supporters et observateurs.


 


Froid, parfois cynique, il vit de certitudes : organisation, exactitude, application, respect des règles. Il refuse qu’on s’éloigne de la ligne rouge, rejette les questions-pièges, protège ses joueurs, ne répond jamais aux détracteurs mais on sent toujours que Roger souffre de l’intérieur. Sa revanche, il la prend sur le terrain, au moment où il arrête la liste des joueurs à convoquer pour un rassemblement. Il n’y a pas lieu, pour lui, d’interférence de tâches. Le joueur est là pour jouer pas pour discuter. Le cas de Zied Jaziri est édifiant à ce sujet. Au cours de son passage en Tunisie, il a souvent déclaré qu’il aime la Tunisie mais il ne s’est jamais départi de ses principes. L’ex-entraîneur du Bataillon de Joinville, de la France championne d’Europe en 2000, a souvent été au centre de la polémique.


A-t-il changé pour autant ? Non.


Ses choix technico-tactiques n’ont pas été toujours heureux. Son 4-3-1-2 n’a pas toujours convaincu les spécialistes, les collègues techniciens. Il est toujours resté de marbre.  Il a toujours effectué des choix personnels,  subjectifs mais dont il était convaincu. Sûr de son fait, il avance, imperturbable. Roger Lemerre. On aime ou on n’aime pas.


Aujourd’hui, il dirigera la Sélection nationale pour la dernière fois face au Burundi. Il aura certainement un pincement au cœur au coup de sifflet final de l’arbitre car il va quitter ces Aigles de Carthage qu’il a défendus farouchement, qu’il a dirigés selon ses conceptions propres, faisant fi de toutes ces protestations qui s'étaient élevées contre les privilèges  accordés aux «Européens». Roger Lemerre, a certainement commis des erreurs de choix, comme tout entraîneur, comme tout être humain, mais il aura quand même œuvré en son âme et conscience. Il partira ce soir avec le sentiment du devoir accompli. Certains vont certainement le regretter, d’autres vont pousser un ouf de soulagement. Car durant son séjour parmi nous, il n’a jamais permis une quelconque ingérence dans le domaine technique imposant les entraînements à huis-clos, les points de presse à Hammamet, etc...


Complexe, discipline, professionnel, ironique, sévère, inaccessible par moments, fragile et coléreux, Roger Lemerre est réellement un personnage qui ne sera pas oublié de sitôt, un homme à part. Ses démêlés avec la presse française au lendemain du Mondial 2002 ont laissé des  traces, avec les journalistes tunisiens aussi. Il quittera ce soir Tunis, plus «riche» et plus «endurci» qu’à son arrivée. Mais ce qui est certain, c’est qu’il a réussi à installer chez nous certaines traditions qui ne manqueront de rejaillir positivement sur l’avenir de notre football. Et rien que pour cette raison, on doit le remercier.


Jamel BELHASSEN


 


... Et de 74


Au commencement, c’était lors d’un certain 20 novembre 2002, à El Menzah, Roger Lemerre, nouvel entraîneur engagé par la FTF présidée alors par M. Hamouda Ben Ammar, dirige pour la 1ère fois l’E.N. dans un match amical.


Résultat : (0-0 contre l’Egypte).


La formation alignée ce jour-là se composait de : Azaïez, Trabelsi (Boussaïdi), Toujani (Chaâbani), Badra, Marzouki (Yahia), Mnari (Boujelbène), Nafti, Ben Achour (Kanzari), Melki (Sellami), Zitouni (Selliti), Jaziri.


Un seul rescapé sera de la partie aujourd’hui contre le Burundi.


Que de chemin parcouru depuis ce premier match de Lemerre et le dernier qu’il s’apprête à disputer ce soir.


Que de satisfactions mais aussi des déceptions, on aura finalement tout vu durant le long parcours du sélectionneur français avec les Nôtres en six ans d’exercice (un record pour un entraîneur national).


En 73 rencontres, il aura remporté 38 victoires, obtenu 19 nuls et essuyé 16 défaites. Le triomphe de 2004 (titre africain) reste bien sûr le point culminant du parcours «lemerrien».


A.D.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com