Abattoirs avicoles : Hygiène et sécurité totale généralisées…





Les nouvelles dispositions inscrites dans les cahiers des charges de l’abattage de la volaille sont aujourd’hui respectées dans les grandes agglomérations. Certaines régions, cependant, ont du mal à suivre en raison de l’absence de points de vente agréés mais aussi en raison de certaines habitudes ancrées dans les mentalités des consommateurs.


Nous avons visité l’un des 19 abattoirs conformes aux normes ISO 9000 qui offrent aux consommateurs un produit véritablement sain et le moyen de se débarrasser ainsi de certaines habitudes alimentaires obsolètes. Reportage.


Tunis-Le Quotidien


La tête couverte d’une calotte stérilisée, les mains minutieusement enfouies dans des gants en vinyle, la bouche dissimulée derrière un masque de chirurgie, l’ouvrière découpe soigneusement les morceaux de viande de poulet qu’elle place au fur et à mesure dans des caisses appropriées. Ici, les intrus n’ont pas place. La poussière, les bactéries, les microbes de toutes sortes n’ont aucune chance de survivre ni de persister dans ce monde stérilisé et protégé. Nous sommes dans l’un des 19 abattoirs de poulets situés dans la banlieue sud de Tunis. Les ouvriers opèrent dans un cadre structuré conforme aux normes ISO 9000 et 22000 et HACCP.


La tâche de chaque ouvrier est rigoureusement définie et permet au produit final une traçabilité qui permet de remonter à l’origine du produit et au circuit précédant sa mise sur le marché. Les étapes de l’abattage, du découpage, de dépeçage des poulets sont rigoureusement définies et répondent à des conditions rigoureuses. Tout est presque automatisé. L’intervention de l’être humain est rare sauf dans les cas extrêmes marqués par les limites de l’automatisme.


Après l’inspection des volailles par le vétérinaire accrédité, les poulets sont au départ accrochés par l’une de leurs pattes sur une chaîne mobile et égorgés individuellement selon notre rite musulman. Et conformément aux règles d’hygiène les plus strictes.


Une fois vidé de son sang, l’animal passe dans un bac d’échaudage contenant de l’eau renouvelée, portée à une température de 50°, pour favoriser sa plumaison d’une manière mécanisée sous l’action de doigts en caoutchouc des plumeuses. L’éviscération, le nettoyage de la carcasse et le refroidissement de la volaille sont également entièrement automatisés. L’intervention humaine a lieu au moment du tri des poulets abattus. Ceux qui souffrent d’ecchymoses et de bleus, pour une raison ou une autre, sont écartés du lot. Leurs viandes seront réservées ainsi à la consommation animale.


La visite est organisée dans le cadre du suivi des dernières mesures prises par les autorités compétentes pour l’interdiction totale de la vente du poulet vif et son abattage sur place dans des conditions précaires.


Le directeur général du Groupement interprofessionnel des Produits avicoles et cunicoles, M. Ryadh Karma, a affirmé que les nouvelles dispositions régissant l’abattage du poulet vif sont appliquées aujourd’hui dans tous les gouvernorats et les grandes agglomérations. Quelques localités reculées n’ont pas encore suivi en raison notamment de l’absence de points de vente répondant aux normes.


Avec l’ouverture des abattoirs de Bizerte, de Sidi Bouzid et de Kairouan prochainement, le réseau de distribution des produits avicoles conformes aux normes sera renforcé et permettra d’éviter les risques imprévus et inutiles.


Rappelons que la production de viande de volaille en Tunisie est de 90.000 tonnes annuellement et génère un chiffre d’affaires de près de 1,740 milliard.


Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com