Sarkozy en «faiseur de paix»





Nicolas Sarkozy a plaidé hier, lors d’un discours devant la Knesset israélienne, pour la création d'un Etat palestinien et le gel de la colonisation israélienne.


Le Président français aurait, à en croire ce discours, fait le déplacement en Israël en tant que faiseur de paix. L’idée est séduisante surtout en ce moment où la médiation américaine voulue par le Président Bush, semble irrémédiablement dans l’impasse.


Mais au-delà de ce constat, on est en droit de se poser des questions sur les chances réelles de sa réussite surtout qu’il a multiplié, depuis son arrivée au pouvoir, les signes d’amitié avec l’Etat hébreu. « Une vraie histoire d’amour », disait Olmert lors d’un dernier passage à Paris.


Un penchant manifeste pour la cause israélienne qui n’est pas de nature à rassurer le Monde arabe et à leur tête les Palestiniens, qui n’ont pas, d’ailleurs, caché leurs inquiétudes. C’est du moins ce qu’on pouvait sentir d’une déclaration faite samedi dernier par le négociateur Saäb Arekat qui a « exhorté », le Président français à rester « neutre ».


Des craintes fondées et qui le seront encore plus, lorsqu’on se demande pourquoi cet intérêt soudain des Français à ce conflit, eux qui ont souvent préféré rester en retrait laissant aux Américains la primauté ?


La réponse à cette question, on pouvait la lire hier sur les colonnes des quotidiens français. Pour ces derniers, ce subit intérêt est la première conséquence de la déroute du Président français après le « non » irlandais. Un « non » qui a porté un coup du destin au « faiseur de l’Europe » qu’il s’imaginait être.


« On sait Nicolas Sarkozy soucieux de donner à son quinquennat un vernis international. Ses desseins contrariés par le non irlandais, il se voudrait aussi faiseur de paix sur la scène mondiale, et notamment au Proche et au Moyen-Orient » peut-on lire sur le quotidien régional La République du Centre.


L’autre réponse, qu’on pouvait aussi lire dans la presse française, est que Sarkozy, soucieux de réussir son projet d’Union pour la Méditerranée, tentait, lors de cette visite, de rapprocher les points de vue des pays arabes avec Israël. Il sait, en effet, comme le note Le Figaro, que son projet ne pourra jamais réussir tant que le conflit israélo-palestinien perdure.


Autant dire que l’implication de Paris est un impératif qui a été imposé par des choix géopolitiques et de marketing international. Il n’est, de ce fait, nullement une volonté intrinsèque de trouver une solution finale aux souffrances du peuple palestinien qui subit depuis des décennies l’occupation israélienne. Or, à notre avis, c’est la seule solution possible pour en finir avec cette tragédie.  Une seule solution, à savoir, un Etat palestinien sur les terres palestiniennes.


Nous en sommes, hélas, encore loin !


Un constat d’échec mais cela ne doit pas pour autant minimiser l’action de Sarkozy. Au moins, lui, il aura été actif, là où d’autres ont laissé ou laissent encore le temps passer.


Med Ali BEN REJEB




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com