Rejeb Essayeh analyse Tunisie-Burundi (2-1) : «Rien que des défaillances»





Irrécusablement, le match face au Burundi, au cas où il laisserait des souvenirs, sera assimilé à l’une des sorties les plus catastrophiques du Onze national depuis un long bail. C’est ainsi que sur le plan technique, ce fut une véritable misère. Notre consultant émérite, Rejeb Essayeh, s’est plié, malgré tout, à son analyse coutumière, avec un petit pincement au cœur, fort révélateur.


«Pour une fois, je commencerai par ce qui devrait s’apparenter à l’épilogue, en puisant dans la déclaration d’après-match de Roger Lemerre. En effet, en mettant en exergue la bonne organisation de l’adversaire, qui a, toujours selon le Français (et il n’a pas tort) excellemment négocié son match, nous ne pouvons demeurer que dubitatifs face à la manière dont les nôtres ont préparé et appréhendé cette rencontre. En effet, quels enseignements avons-nous tirés après le premier duel disputé  une semaine plus tôt face à ce même antagoniste ?


Quelle stratégie le staff technique a-t-il concoctée pour prendre la mesure d’un adversaire largement à notre portée  ? Il ne faut pas, en outre, oublier que nous avons joué à 11 contre 10 après 17’ de jeu seulement et une possibilité de changement en moins pour les Burundis. Auparavant, et à 11 contre 11, nous avons été largement dominés par un adversaire qui a fait, le premier, le jeu. Les Tunisiens se sont contentés de balancer à l’emporte-pièce, des balles vers l’avant, sans aucune idée directrice.


Ce n’est qu’après ce fameux penalty qu’ils ont relativement maîtrisé le jeu. Sur le plan offensif, j’ai, en tant qu’observateur, très mal apprécié le positionnement de Ben Dhifallah, qui a, le plus clair du temps, occupé le couloir droit. Ce joueur aurait dû être exploité dans son registre habituel, c’est-à-dire comme attaquant axial, très fort quand il s’agit de fixer la défense adverse et d’opérer en remiseur. Balle au pied, et techniquement parlant, il est limité, donc incapable de s’acquitter de la tâche qui lui a été dévolue. Il y a eu, de la sorte, confusion des rôles entre Ben Dhifallah et Chermiti, ce dernier ayant, de surcroît, bénéficié de beaucoup de temps de jeu, alors que moralement, il était diminué.


Pour ce qui est du compartiment défensif, il a fait preuve de fébrilité et de flottement, comme l’atteste le but des Burundis ! Ces derniers ont bien joué le coup, en constatant que Mikari laissait  des espaces béants. Et comme  il n’y avait ni couverture, ni replacement, ni glissement, il était devenu facile de surprendre notre arrière-garde. Par ailleurs, le défaut de recours aux services de Yahia et Mouihbi, est une véritable énigme. C’est que ce dernier, tout au moins, aurait pu être d’un grand apport, surtout à 11 contre 10,  grâce à ses qualités de passeur décisif ou de puncheur. Pour tout dire, il était  évident qu’une préparation judicieuse à ce match, a cruellement fait défaut. Il y avait quelque part démobilisation, peut-être parce que dans l’esprit des joueurs, le match était gagné d’avance, l’adversaire ayant été amadoué préalablement dans  ses propres murs. De plus, le fait que c’était la «der» de Lemerre a vraisemblablement généré un relâchement chez les joueurs. L’un des reproches à adresser à ces derniers est justement ce laxisme dont ils firent preuve, sachant qu’au cas où nous terminerions en seconde position, le meilleur capital-points sera pris en considération, sans tenir compte des matches joués contre le dernier classé du groupe. Autant dire que nous jouons réellement avec le feu».


Propos recueillis par


Wahid SMAOUI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com