Un crime de plus dans un contexte fragile





Une semaine presque jour pour jour après l’entrée en vigueur de la trêve conclue entre le Hamas et l’Etat hébreu, l’armée israélienne vient d’entreprendre comme à l’accoutumée une expédition punitive au cours de laquelle elle a assassiné de sang-froid deux étudiants palestiniens à Nabouls en Cisjordanie dont un haut responsable du Jihad Islamique. Les responsables hébreux estiment par ailleurs que cette action n’entre pas dans le cadre de la trêve conclue puisqu’elle ne concerne pas la Bande de Gaza selon leurs dires et ne pouvait ainsi mettre en cause l’accalmie.


Il est difficile de faire admettre aux victimes de la violence israélienne que, dans ce contexte, le sang du Palestinien abattu à Nabouls, à Ramallah, diffère du sang du Palestinien de Gaza.


Cette reprise de la violence intervient dans un contexte fragile et risque de faire échouer la trêve, d’autant plus que le Jihad islamique a déjà juré de venger la mort de l’un de ses responsables. Dans un communiqué le Jihad a affirmé que «Le retour au calme à Gaza ne veut pas dire que nous allons attendre dans nos fauteuils qu'on vienne nous massacrer un par un».


Curieusement, l’assassinat intervient au moment où le Premier ministre israélien s’entretient en Egypte avec le président Hosni Moubarak sur les modalités de la libération du soldat Shalit, emprisonné depuis plus de deux ans par la branche armée du Hamas et ce, dans le cadre du maintien de l’accord du cessez-le-feu. L’armée aurait pu s’abstenir de commettre de tels actes de violence gratuite, ne serait-ce que pour ne pas embarrasser le pays médiateur, l’Egypte, et lui permettre d’user de son influence et de sa crédibilité pour faire avancer les négociations.


Mais l’attitude de l’armée israélienne répond à une dialectique qui échappe à la logique du commun des mortels. Les assassinats ciblés se poursuivent et se ressemblent et se commettent encore une fois au mépris des valeurs communément admises.


Voila un crime de plus qui risquerait de plonger encore une fois la région dans un cycle de violence et de contre-violence et de retarder toute chance de voir la paix acquérir un droit de cité.


Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com