Réforme de l’assurance-maladie : Les médecins libéraux réclament l’amélioration de “l’accessibilité’’ au secteur privé





Le Syndicat Tunisien des Médecins Libéraux (STML) a réclamé dans une motion rendue publique avant-hier l’amélioration de l’accessibilité au secteur privé dans le cadre du nouveau régime d’assurance-maladie. Deux pistes sont notamment envisagées pour attirer plus d’assurés sociaux à ce secteur: la relance de l’opération du choix des filières et la révision à la hausse du plafond de la prise en charge des frais de soins.


Tunis-Le Quotidien


Les médecins de libre pratique craignent plus que jamais d’être les boucs émissaires de la réforme de l’assurance -maladie dont la première étape est entrée en vigueur en juillet 2007. Réunie le week-end dernier à Hammamet, la commission administrative du STML a en effet estimé que les praticiens exerçant dans le secteur privé risquent d’être sévèrement sanctionnés par “l’obsession” de maîtrise des coûts qui anime les architectes de cette réforme. Selon eux, un plafond de prise en charge des frais de soins situé entre 200 et 400 dinars par an constitue un “obstacle majeur” à l’accès aux soins dans le secteur privé.


La majorité des intervenants ont en effet déploré le fait que le STML n’ait pas été associé à la fixation de ce plafond jugé très dérisoire.


Ils ont également estimé “injuste” l’ouverture de l’opération de choix des filières de soins avant la détermination du plafond, chose qui explique le taux d’abstention très fort des assurés sociaux. Ces derniers auraient, selon les médecins, préféré attendre afin d’y voir plus clair. “Cette procédure a d’emblée favorisé le secteur public aux dépens du privé”, ont-ils noté.


Dans ce chapitre, les médecins réclament notamment la révision à la hausse du plafond ou du moins la suppression de certaines pathologies du plafond et l’amélioration du taux de prise en charge d’autres.


Par ailleurs, plusieurs intervenants ont souligné la nécessité de relancer l’opération du choix des filières d’ici octobre 2008 afin de permettre aux assurés sociaux n’ayant pas fait le choix des filières de soins dans les délais réglementaires d’exercer leur droit au libre choix du système de prise en charge des frais de soins.


Plus de 50% des assurés sociaux seulement avaient rendu des fiches de choix dûment remplies aux bureaux régionaux de la caisse nationale de réforme de l’assurance-maladie (CNAM) dans les délais réglementaires, en l’occurrence avant le 30 avril. Ceux qui n’ont pas choisi ont été automatiquement inscrits à la filière publique.


Ainsi, le taux des assurés ayant choisi le secteur public s’est élevé à environ 62% contre 38% pour le secteur privé.


Parmi les assurés sociaux ayant effectué leurs choix dans les délais réglementaires, 77% ont choisi le secteur privé ( système de remboursement et filière de soins privée) alors que 23% seulement ont opté pour les établissements publics de santé.


La CNAM avait proposé en mars dernier trois filières de prise en charge des frais de soins dans les établissements de santé publics et privés.


Il s'agit du système de remboursement , de la filière publique, et de la filière privée. La date-butoir pour le dépôt des demandes de choix avait été fixée initialement au 31 mars avant d’être prolongée au 30 avril sur une décision présidentielle.


Le choix de la filière reste valable pour une année renouvelable par reconduction tacite tant que l'assuré n'aura pas déposé une demande pour migrer vers une autre filière avant le 30 septembre de chaque année.


Dans la filière publique, les assurés sociaux bénéficient d'une prise en charge pour les prestations services dans les structures sanitaires relevant du ministère de la santé publique (centre de santé de base, hôpitaux universitaires et régionaux, policliniques de la CNSS,...) moyennant le paiement d'un ticket modérateur. L'affilié est exonéré du paiement de ce ticket lorsqu'il souffre de maladie chronique ou de longue durée et lorsque les frais engagés dépassent le plafond annuel du ticket modérateur qui n’ a pas été encore fixé.


Pour la filière privée, l’assuré doit choisir un médecin de famille conventionné avec la CNAM qui doit orienter le patient en cas de nécessité vers un médecin spécialiste. Toutefois, l'aval du médecin de famille n'est pas indispensable pour certaines maladies ou soins qui relèvent des spécialités médicales suivantes: la gynécologie-obstétrique, l'ophtalmologie, la pédiatrie, la médecine dentaire, les maladies chroniques et de longue durée, pour lesquelles l'assuré a obtenu l'accord préalable de la couverture de la CNAM. Au cas où, l’assuré social dépasse le plafond autorisé, ses frais de soins ne seront pas pris en charge par la caisse.


Le système de remboursement permet, quant à lui, à l'assuré social de se faire soigner par tous les prestataires de soins publics et privés conventionnés avec la CNAM en contrepartie du paiement intégral des frais. Il sera ensuite remboursé dans la limite du plafond annuel fixé, et ce, pour les maladies ordinaires. Pour les maladies chroniques, l'assuré bénéficiera d'un remboursement intégral des frais engagés sans aucun plafond.


W.K.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com