Les jeunes et la virginité : On y tient quand même…!





La virginité d’une fille a été considérée depuis belle lurette comme l’unique garant de la chasteté d’une fille. Toutes celles qui perdent leur virginité sont... «souillées».


Mais évolution des mœurs oblige, la virginité perd de sa sacralité de nos jours. Plusieurs hommes pensent, en effet, que la virginité est un... «luxe» dont ils peuvent se passer.


Cependant, l’homme arabo-musulman garde aujourd’hui encore des résidus machistes. Il est difficile pour certains d’accepter une épouse déflorée. Ils refusent de ne pas être ceux qui ont eu «l’honneur d’inauguration»... La virginité est-elle justement considérée comme première preuve de pureté ?


Tunis — Le Quotidien


Autrefois, hommes et femmes ne pouvaient avoir aucune sorte de relation en dehors de la parenté ou d’un lien officiel. Aujourd’hui, les choses ont changé. La mixité de l’enseignement a permis la promiscuité entre filles et garçons. D’où la naissance de relations affectives et amoureuses. Toutefois, ces relations ne sont pas toujours couronnées par un mariage. Lorsqu’une relation prend fin, tout est normalement fini. Après un échec sentimental, l’homme peut refaire sa vie sitôt que sa «plaie» s’est cicatrisée. Sa prochaine partenaire n’accordera pas d’importance spécifique à son passé. Ceci est d’autant plus valable si cette relation n’a pas laissé de traces visibles chez lui. En revanche, une fille qui sort d’une déception amoureuse ne peut pas refaire sa vie aussi facilement. Selon nos us et coutumes, une fille est redevable de prouver sa pureté et sa continence. C’est la première condition pour mériter le statut d’épouse honorable...


Cette chasteté dépendra de la nature de son passé affectif. Le nouveau prétendant peut refuser une fille parce que son ex a laissé une... «empreinte». Cette fille portera sur elle «l’estampille» qui la déshonore et qui prouve qu’elle est... «used» ! Et quoique modernes qu’ils soient, la majorité des hommes arabes, acceptent mal l’idée d’épouser une fille de «deuxième main». Celles-ci sont considérées, comme personnes impures et douteuses. Et ceci est valable même si le prétendant en question a eu un passé affectif très riche et très varié.


En effet, la virginité d’une fille reste, pour certains, le seul garant de sa chasteté. Or la science, avec ses ingénieuses inventions, refait des virginités toutes neuves à un prix très abordable aujourd’hui...


Rym, étudiante de 23 ans, est issue d’un milieu réservé et conservateur. Elle pense qu’une fille est absolument redevable de rester vierge jusqu’au mariage. «Soyons réalistes. Aucun homme n’a été refusé juste parce qu’il a eu des relations sexuelles avant le mariage ! Nous vivons dans une société patriarcale qui a toujours privilégié l’homme et lui donne droit à certains comportements. Un homme qui fume, c’est normal. Une fille «fumeuse» est regardée de travers. Un homme qui boit un verre d’alcool, cela n’a rien de bizarre, mais une fille qui en consomme Le `Chef de l'Etat à la cérémonie de célébration du 52e anniversaire de la création de l'armée nationaleLe `Chef de l'Etat à la cérémonie de célébration du 52e anniversaire de la création de l'armée nationaleest une vraie honte pour les siens. Que dire alors d’une fille qui s’est permis d’avoir des relations poussées avant le mariage. Elle peut être considérée comme une vraie débauchée. Elle sera souillée à jamais. L’homme, lui, n’aura rien à perdre. Il ne garde aucune trace et cela ne nuira aucunement à sa réputation même s’il a eu des centaines de relations poussées. Or, il suffit d’une seule fois pour une fille, pour qu’elle soit déshonorée pour toujours. Certes la virginité ne peut pas être un gage de pureté et de chasteté par ce que certaines filles peuvent avoir plusieurs relations «poussées» avant le mariage tout en restant vierges. D’autres peuvent se refaire une virginité à l’aide de la chirurgie. Mais nul ne peut changer cette mentalité. Moi je pense que c’est vraiment trop bête de gâcher toute notre vie et de ruiner notre réputation pour faire plaisir à un homme. Personne ne peut garantir qu’une relation aboutira au mariage. Et si la relation prend fin, c’est la fille qui va payer seule les pots cassés. Lui, il partira sans remords. Pourquoi donc en arriver là ? Cela ne vaut pas du tout la peine !», dit-elle.


Sarra, étudiante de 24 ans, partage le même avis. «Je crois que même si un homme accepte qu’une fille soit déflorée, il la regardera toujours de manière hautaine. Et, à la première occasion, il va lui rappeler que c’est grâce à lui qu’elle a eu le droit d’être considérée comme une femme digne. Et ceci est vrai même si cet époux a eu plusieurs conquêtes et qu’il a défloré à son tour d’autres filles. Mais c’est ainsi et personne ne pourra rien y changer ! Pourtant, si l’on va considérer les choses d’un point de vue religieux, le péché concerne aussi bien l’homme que la femme.


Toutefois, d’un point de vue moral, c’est la fille seule qui porte le chapeau. C’est peut-être injuste, mais c’est comme ça ! Et bien que la membrane de l’hymen ne prouve pas en réalité la chasteté d’une fille, elle est considérée comme un gage. Et puisque l’homme ne garde aucune trace, c’est à la fille de s’abstenir et à tenir bon à sa virginité. C’est son seul moyen pour se faire respecter», dit-elle.


Saïf, étudiant de 23 ans, est persuadé que la virginité ne prouve en aucun cas la chasteté d’une fille. Toutefois, le jeune homme n’est aucunement prêt à épouser une fille déflorée. «D’abord, plusieurs filles peuvent perdre leur hymen sans qu’elles n’aient jamais été touchées par un homme. De plus, plusieurs filles restent vierges tout en ayant eu plusieurs flirts poussés. Donc la virginité ne peut pas prouver la chasteté. Tout comme l’absence de virginité ne doit pas condamner une fille à porter l’étiquette d’impure. Mais étant donné que nous vivons dans une société arabo-musulmane et patriarcale, la virginité demeure importante.


Certains hommes n’y prêtent aucune attention. Ils trouvent même le fait d’associer la réputation d’une fille à son hymen, trop idiot. Moi, je continue à marcher sur les pas de mes ancêtres. Il est probable que mes idées soient confuses et que je sois en train de me contredire. Mais je crois que nous nous sommes trop imprégnés d’une culture anglo-saxonne au point de ne plus avoir aucun repère ! La virginité ? Oui, j’y tiens absolument ! Je n’accepte pas de «corriger» les erreurs d’un autre», dit-il.


Khalil, 20 ans, refuse également d’épouser une fille non vierge. «Il est probable qu’on me considère macho et rétrograde. Mais franchement, rien qu’à l’idée que mon épouse ne soit pas vierge, j’en ai la chair de poule. J’aurais l’impression d’avoir «ramassé» les «restes» d’un autre après qu’il se soit «rassasié». Il me sera impossible de regarder cette fille sans penser à celui (ou ceux) qui m’ont... précédé.


Je n’aurais jamais vraiment confiance en elle. Et je ne pourrais même pas la désirer si je sais d’avance qu’elle est... «usée». Les traces ne s’effacent pas. Elles seront là pour pourrir la vie de cette fille et pour pourrir la vie de son éventuel époux. Non merci, je n’en serai pas capable. Je sais que la virginité n’est point un critère de pureté et qu’une fille peut se retaper une virginité toute neuve à l’aide d’une opération. Je sais aussi qu’un homme se permet d’avoir des relations parce qu’il ne conserve pas de trace, alors qu’il ne tolère pas que sa femme soit de ‘‘second hand’’».


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com