Le discours et la bonne méthode





Ceux qui militent en faveur d’une paix juste et durable au Proche-Orient ont certainement apprécié la teneur du discours prononcé par le Président français au Parlement israélien, dans le cadre de la visite qu’il vient d’effectuer dans la région. Un discours, diront les puristes, équilibré et pondéré. Courageux et audacieux même, lorsqu’il aborde certaines questions considérées tabous et qui exacerbent depuis longtemps les passions dans les deux camps.


Le chef de l’Exécutif français a, en fait, créé la surprise et retenu l’attention par son franc-parler et sa manière de percevoir les choses. Face  à ses interlocuteurs israéliens, il a en effet livré un message sans ambages, ni protocole déplacé, affirmant que si la “sécurité d’Israël était non négociable pour la France”, “la création d’un Etat viable, démocratique et moderne pour les Palestiniens est aussi une priorité” pour l’Hexagone.


Abondant dans le même sens, Sarkozy a fait preuve d’un réalisme à tout crin, notant que le mur érigé par l’Etat hébreu le long des Territoires palestiniens ne garantirait pas la sécurité d’Israël. “On ne se protège pas par un mur mais par un choix politique”, a-t-il souligné  avant de plaider pour la création d’un Etat palestinien “indépendant et viable” aux côtés d’Israël, avec Al Qods “comme capitale de deux peuples”.


Sarkozy a fait sensation dans ce registre, coiffant même au poteau certains responsables américains, dont le dernier en date est le candidat démocrate à la présidentielle U.S. Barack Obama, qui ont décrété avec une naïveté déconcertante “Jérusalem, capitale indivisible et éternelle de l’Etat d’Israël”. Indivisible, comble d’ironie et d’aberration “parce que son partage est une chose peu pratique”.


De toute évidence, le Président français porte en horreur l’hypocrisie politicarde distillée  à des fins bassement électoralistes. En privilégiant la voie de la vérité, il refuse d’induire en erreur ses interlocuteurs israéliens au nom d’une partialité improductive. Improductive car la paix dans la région -il ne faut point se leurrer à ce sujet - passe nécessairement par la création effective d’un Etat palestinien avec Al Qods-Est pour capitale. Le partage de la terre demeure en effet un minimum acceptable pour les Palestiniens et sans lequel toute velléité visant à stabiliser la région serait utopique et illusoire.


Nicolas Sarkozy a, en fait, montré la voie à suivre pour résorber le sempiternel conflit israélo-palestinien. La voie de la raison, puisqu’elle va droit au but sans se perdre en de vaines conjectures qui ne servent l’intérêt de personne.


Il importe donc aujourd’hui de battre le fer tant qu’il est chaud et surtout prendre de vitesse les jusqu’aux-boutistes des deux bords, hostiles à toute perspective de paix.


Le garde-frontière d’origine druze qui a choisi de “se suicider” étrangement mardi au cours de la cérémonie de départ du Président français à l’aéroport de Tel-Aviv, montre à bien des égards que la vérité tombe souvent dans l’oreille d’un sourd … extrémiste, prêt à donner la mort au moment où l’on s’y attend le moins…


Chokri Baccouche




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com