Les jeunes et l’emploi : Il faut se préparer à l’avance





Le premier souci des jeunes est de garantir leur avenir professionnel. Certains se mettent à «bouger» dès qu’ils réussissent leurs études. Stages de formation, travail saisonnier, cours accélérés… Ils font ce qu’il faut pour mettre les chances de leur côté.


D’autres, en revanche, se plaisent dans leur douce oisiveté.


Ils ne déploient aucun effort spécifique… Comment les jeunes procèdent-ils justement pour trouver un emploi ?


Tunis-Le Quotidien


Dans la culture occidentale, un jeune doit trouver un job même s’il étudie encore. Caissier, serveur, agent commercial, baby-sitter… les jeunes occidentaux exercent des activités en parallèle avec leurs études.


Les parents sont les premiers à pousser leurs enfants dans le monde actif. ce qui encourage les jeunes à gagner leur vie à la sueur de leur front bien avant d’avoir leur diplôme.


Cette culture est quasi inexistante chez nous. Pourtant la culture islamique a toujours incité les jeunes hommes à s’assumer et à travailler juste après la puberté. Mais la majorité de nos jeunes rechignent à l’idée d’effectuer des travaux jugés «ingrats» et «dégradants». Or le marché de l’emploi est saturé. Les postes vacants sont réservés aux lauréats (ou… aux personnes bien pistonnées). Les autres souffrent le martyre avant de trouver un job. En parallèle, tous les jeunes rêvent d’avoir un avenir professionnel stable. Légitime comme rêve ! Toutefois, le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Et il faut avoir les moyens de ses ambitions. Ceux qui veulent atteindre le sommet ne doivent pas rester les bras croisés. La vie est semée d’embûches et d’obstacles. Et pour atteindre un but, il faut persévérer. Nombre de jeunes sont nés sous une bonne étoile. Après les études, ils savent que les connaissances de papa vont les pistonner pour qu’ils aient un poste honorable. Ceux d’entre eux qui n’aiment pas la bureaucratie, peuvent toujours miser sur la fortune familiale pour monter leurs propres projets. Cependant, seule une minorité de jeunes bénéficient de tels privilèges. La majorité des jeunes finissent en effet leurs études tout en ignorant ce qui les attend ensuite. certains savent justement que les diplômes seuls ne suffisent pas. Ils suivent donc des cours pour parfaire les langues étrangères apprises à l’école et pour maîtriser davantage l'outil informatique. Ils ne refusent aucun stage de formation et sont toujours à la recherche de jobs même si on leur offre une infime indemnité. Ils consultent quotidiennement les offres d’emploi, frappent aux portes… Bref, ils bougent. D’autres, hélas, se contentent de hanter les cafés. Ils font la fine bouche. Ils refusent les emplois jugés ingrats… Et ils continuent pourtant à se lamenter sur leur sort.


Islam, bachelier de 19 ans, est actuellement en train de chercher un job. Le jeune homme pense qu’un travail (n’importe lequel) est toujours mieux que l’oisiveté. «Je ne suis pas né avec une cuillère en or dans la bouche. Je sais que je dois compter sur mes propres ressources pour prouver que je peux m’en sortir seul. Je suis prêt à effectuer n’importe quelle activité. Le travail est toujours une fierté. C’est le fait de faire «la manche» aux parents qui est vraiment dégradant. Cela dit, si je vais travailler dès maintenant, ne serait-ce que durant les vacances, cela sera d’un apport positif. Je vais établir des contacts avec plusieurs personnes et cela me garantira un portefeuille bien garni.


Le travail me permettra également d’acquérir de l’expérience, de devenir responsable et de faire partie de la vie active. Malheureusement, on ne nourrit pas cette mentalité en nous à un âge précoce. Ma famille a toujours été contre le fait que travaille avant d’avoir mon bac. Aujourd’hui, je peux le faire. Et d’ici la maîtrise, j’aurais gagné du temps, de l’expérience et du savoir-faire. la vie n’est pas une partie de plaisir. si l’on veut trouver une place sur le marché de l’emploi, il faut s’y mettre tout de suite», dit-il.


Saïf, 20 ans, étudiant, partage le même avis. Le jeune homme est persuadé qu’un travail va lui être d’un apport positif. «Je ne fais pas la fine bouche. Je suis prêt à travailler aujourd’hui même si l’occasion m’est offerte. Malheureusement cela fait déjà deux semaines que je tourne en rond… Je n’ai pas trouvé un emploi ! Un jeune qui veut garantir son avenir professionnel doit se mettre en tête qu’il n’est pas encore en position de négocier. Je suis encore étudiant et je n’ai pas beaucoup de choses à offrir. Se je suis embauché, c’est surtout moi qui vais en profiter. A vrai dire, la rémunération m’importe peu ! Ce qui compte le plus pour moi, c’est d’entrer dans la vie active. Les études sont plutôt théoriques. Et l’on a besoin d’être sur le terrain, d’être opérationnel et actif. Et si je ne m’y mets pas tout de suite, je sais que j’aurais du mal à trouver un poste après avoir eu mon diplôme», dit-il.


Bilel, 23 ans, voit les choses différemment. Le jeune homme voudrait trouver un job, mais il est incapable d’effectuer des travaux… ingrats. «Je suis étudiant en Physique-Chimie et je crois avoir assez de bagage pour avoir un poste convenable. Le fait de travailler comme serveur ou comme ouvrier ne me sera d’aucun apport ! L’année dernière, j’ai dû suivre un stage de formation dans une entreprise de renom. J’étais très enthousiaste à l’idée de faire partie de la vie active, même si cela ne durera qu’un seul mois. Je croyais que j’allais apprendre beaucoup de choses et que j’aurais enfin l’occasion de mettre en pratique mes idées. Malheureusement, on m’a confié les tâches ingrates. C’est moi qui achetais les cafés et les sandwiches, c’est moi qui faisait les photocopies… Bref, j’étais en quelque sorte leur… «groom!». De plus, on a bien profité de moi et de mes connaissances. Mais moi, je suis sorti avec zéro informations ! C’était un vrai fiasco et pour rien au monde, je ne voudrais refaire cette expérience. Tant que le travail ne m’ajoute rien, je préfère me rendre dans une station balnéaire pour bronzer», dit-il.


Riadh, candidat au bac de 19 ans, pense aussi que les petits jobs temporaires sont nécessaires pour un jeune. «J’espère que j’aurai mon bac. Si les choses vont comme je le souhaite, je vais chercher un petit emploi. Cela s’impose ! Je ne pourrais avoir mon diplôme qu’après trois ans au minimum. Lorsque je ferai partie des diplômés, je devrais absolument trouver un travail. Or, le marché de l’emploi est saturé et seules les personnes qui ont de l’expérience vont pouvoir trouver un emploi intéressant. Il faut donc que je m’y mette dès maintenant. Toutefois, le fait de travailler comme serveur ou comme coursier ne me sera d’aucun apport. Nous ne vivons pas à Hollywood ! Ici à Tunis les choses sont très différentes ! Si je peux effectuer des stages de formation ou si je trouve un job à mi-temps, cela doit me servir. Ça doit être le genre d’expérience qu’on peut mettre sur le CV pour nous valoriser et non pas le contraire», dit-il.


Abir CHEMLI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com