Pétrole : Le baril dépasse 142 dollars





Les cours du pétrole continuaient hier de moissonner les records, au lendemain du dépassement symbolique des 140 dollars le baril, dans un contexte de fortes incitations.


Londres — AFP


Après avoir franchi pour la première fois jeudi soir le cap symbolique des 140 dollars à Londres comme à New York, les cours de l'or noir continuaient à moissonner les records: les prix ont dépassé hier pour la première fois les 142 dollars, grimpant jusqu'à 142,13 dollars à Londres et 142,26 dollars à New York.


Vers 11H00 GMT (13H00 à Paris), le baril s'échangeait à 141,02 dollars à New York et à 140,78 dollars à Londres.


Selon un véritable cercle infernal, les prix du pétrole profitent de la désaffection des investisseurs pour les Bourses d'action, qui elles-mêmes pâtissent lourdement du pétrole cher.


"Il faut observer que les flux financiers ont quitté les Bourses de valeurs, qui ont enfoncé des planchers. Selon la répétition de schémas observés plus tôt cette année, quand l'argent n'a pas d'endroit où aller il se retrouve coincé dans les matières premières, car c'est l'un des rares instruments financiers qui le fasse vraiment fructifier", observait Olivier Jakob, du cabinet Petromatrix.


Le Footsie de Londres a touché jeudi soir un plus bas depuis la mi-mars, le CAC 40 de Paris était en chute libre hier matin et le Dax de Francfort non loin d'enfoncer son plus bas de l'année (6.168 points).


"Les prix du pétrole attisent les craintes d'inflation, mettant à mal les marchés d'actions ce qui, par ricochet, entraîne une nouvelle poussée des prix des matières premières, où les investisseurs viennent chercher de meilleurs rendements", renchérissait Michael Davis, de la maison de courtage Sucden.


L'affaissement de la devise américaine, passée jeudi de 1,55 à plus de 1,57 dollar pour un euro, augmentait encore la séduction du pétrole aux yeux des spéculateurs: lorsque le billet vert baisse, ils tendent à acheter des matières premières vendues en dollars pour se prémunir contre l'inflation.


En toile de fond, les prix restaient soutenus par un cocktail très haussier composé d'inquiétudes sur les disponibilités futures d'or noir, de tensions géopolitiques et de pronostics très haussiers sur les prix de l'or noir, semblant jouer comme autant de prophéties auto-réalisatrices.


La possibilité d'une réduction de la production en Libye, évoquée par Choukri Ghanem, le PDG du groupe pétrolier public National Oil, avait semé la panique jeudi.


Tripoli envisagerait de réduire sa production en cas d'éventuelles poursuites américaines, selon des propos de Ghanem rapportés par les analystes. Ce dernier n'aurait en revanche pas indiqué de combien serait cette baisse de production, ni même à quelle date elle pourrait intervenir.


Troisième pays producteur africain d'or noir — derrière l'Angola et le Nigeria — la Libye produit en moyenne entre 1,7 et 1,85 million de barils de pétrole par jour.


Ajoutant à ce climat haussier, le président du géant énergétique russe Gazprom Alexeï Miller a déclaré que l'Opep n'avait virtuellement pas d'influence sur les prix du pétrole, dans une interview publiée hier par le Financial Times.


Il a prédit une hausse drastique des prix du brut, comme il l'a déjà fait récemment, prévoyant un prix à 250 dollars le baril (actuellement autour de 140 dollars).


"Si le pétrole parvient à clôturer au-dessus de 140,42 dollars, la situation sera clarifiée: cela signifierait que le pétrole s'engage vers les 155 dollars", a pronostiqué de son côté la banque Barclays Capital dans une note technique.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com