Ben Ali : «Pas d’avenir pour l’humanité sans une solidarité internationale globale, efficace et durable»





Sharm El-Sheikh - TAP


Le Président Zine El Abidine Ben Ali s’est adressé, devant la 11e session ordinaire de la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine, par une allocution prononcée en son nom par M. Abdelwaheb Abdallah, ministre des Affaires étrangères.


Voici le texte intégral de cette allocution:


«Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux,


Excellence, Monsieur le Président Mohammed Hosni Moubarak,


Excellence, Monsieur le Président Jakaya Kikwete,


Président de l’Union Africaine,


Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine,


Excellences,


Mesdames,


Messieurs,


Il me plaît, tout d’abord, d’exprimer à son Excellence, Monsieur le Président Mohammed Hosni Moubarak, ma vive considération et de le remercier d’avoir bien voulu accueillir les assises de notre sommet, ainsi que ma reconnaissance à la République Arabe d’Egypte sœur, pour avoir réuni les conditions propres à assurer la réussite de notre présente session.


Je tiens à exprimer, également, mes vifs rmerciements à son Excellence M. le Président Jakaya Kiwete, Président de la République Unie de Tanzanie et Président en exercice de l’Union Africaine, pour les efforts qu’il a déployés avec constance, depuis son élection à la tête de notre organisation, au service des causes de l’Afrique.


Je réitère aussi mes plus chaleureuses félicitations à M. Jean Ping, à la suite de son élection à la tête de la commission de l’Union Africaine louant les efforts qu’il déploie avec sagesse et compétence dans le suivi des programmes des structures de l’Union Africaine.


Dans ce contexte, je voudrais aussi adresser mes remerciements à M. Alpha Oumar Konaré pour les contributions qu’il a apportées à l’action africaine commune, tout au long de son mandat à la tête de  la commission africaine.


Monsieur le Président,


Mesdames,


Messieurs,


Notre sommet se tient dans une conjoncture mondiale délicate qui a engendré de multiples difficultés et des défis majeurs aggravés par la hausse continue des prix des hydrocarbures et des produits alimentaires de base.


Si elles ont affecté la plupart des régions du globe, ces difficultés ont produit leur plus profond impact en Afrique dont des conflits persistants épuisent les forces et où des tensions continues ayant encore lieu dans de nombreux pays troublent la situation. Ces difficultés sont à l’origine de l’hémorragie de ses potentialités, du gaspillage de ses richesses et du ralentissement de son rythme de développement.


Conscients de l’importance de la sécurité et de la stabilité dans la réalisation du développement selon une approche globale dont les dimensions économique et sociale sont interdépendantes, nous avions appelé à diverses reprises à la nécessité de conjuguer les efforts en vue de l’élimination des foyers de tension dans notre continent et de régler les conflits par le recours au dialogue et aux moyens pacifiques, afin de permettre aux peuples africains de se consacrer à l’édification et à la reconstruction et de focaliser leurs efforts sur les voies susceptibles de remédier à leurs conditions et de renforcer les aptitudes de leurs sociétés à interagir positivement avec leur environnement régional et international.


Nos Etats africains  se doivent, aujourd’hui plus que jamais, de parfaire la coordination de leurs politiques pour pouvoir résoudre les problèmes actuels et faire face aux défis qu’ils affrontent dans le cadre de l'action africaine commune et de l'acquisition d’une invulnérabilité propre qui leur permette de s’adapter aux mutations mondiales actuelles.


Nous considérons que l’Union Africaine, avec ses divers organismes et institutions est le cadre idoine pour promouvoir le processus d’instauration de la complémentarité entre nos économies, de raffermissement des liens de solidarité entre nos peuples ainsi que des relations de coopération bilatérale entre nos pays, le règlement des conflits et la réalisation de la sécurité et de la stabilité  dans notre continent, ce qui exige d’accorder au rôle du Conseil de paix et de sécurité africain l’intérêt et le soutien requis pour atteindre cet objectif.


Tout en nous félicitant de nouveau de la mise en œuvre des processus de règlement et des pas importants franchis au niveau de certains conflits africains, nous appelons nos frères dans les autres zones   de conflit et de tension à adopter la logique de l’entente et du dialogue dans la résolution des conflits existants.


Outre les efforts déployés dans le cadre de l’Union Africaine, la compréhension de la Communauté internationale vis-à-vis de la situation dans le continent et de ses besoins  et du soutien qu’elle lui apporte pour l'aider à atténuer ses crises économiques, et notamment à réduire la pauvreté, la  propagation des épidémies et des maladies et l’aggravation des problèmes écologiques, demeure un facteur essentiel pour renforcer les efforts déployés par les pays africains dans ce domaine.


Notre initiative concernant la création d’un Fonds Mondial de Solidarité et d’éradication de la pauvreté, et notre appel  aux Etats qui jouissent de la richesse pétrolière à consacrer un dollar par baril pour le financement de ce mécanisme, s’inscrivent dans  ce cadre, eu égard à l’importance de la coopération entre les différents peuples du monde pour atténuer les difficultés économiques et conférer aux relations internationales une dimension humanitaire et solidaire plus grande.


Notre continent africain dispose en abondance de richesse, d’expertises et de potentialités qui lui permettent de consolider l’entraide entre ses pays et d’intensifier la solidarité entre ses peuples pour la construction d’un avenir meilleur pour leurs enfants. Nous appelons les dirigeants de nos Etats à œuvrer avec persévérance à dynamiser cet esprit.


Monsieur le Président,


Mesdames,


Messieurs,


Le processus de complémentarité et d’intégration souhaité entre nos Etats Africains nous impose d’accorder une attention soutenue, dans notre processus de développement, aux questions qui sont étroitement liées à la vie et aux préoccupations quotidiennes du citoyen africain, et à l’amélioration de son niveau de vie et de ses conditions d’existence.


Tout en considérant le thème de “la réalisation des objectifs de développement du millénaire, dans le domaine de l’eau et de l’assainissement”, comme l’un des axes importants des travaux de notre conférence, compte tenu de sa portée stratégique et de sa relation étroite avec les priorités de nos Etats et de nos peuples, nous sommes appelés à explorer des horizons plus larges pour notre coopération dans ce domaine, à la faveur de l’échange d’expériences et d’expertises, tout particulièrement dans le contexte de nos ressources limitées en eau et des défis que nous affrontons, afin de gagner le pari de la sécurité alimentaire pour nos peuples, dans une conjoncture mondiale où les produits alimentaires de base sont l’objet d’une spéculation effrénée.


Monsieur le Président,


Mesdames,


Messieurs,


La rareté des ressources hydriques du continent, qui ne dépassent pas 9% des réserves mondiales, nous impose de mobiliser davantage les technologies de pointe dans l’optimisation de l’économie de l’eau et la rationalisation de leur exploitation, en tenant compte du fait que certaines régions du continent souffrent de la sécheresse et de la désertification.


En dépit des acquis enregistrés dans de nombreux pays africains, les défis demeurent immenses, quant à la réalisation de notre sécurité hydraulique et à la réduction des effets négatifs des changements climatiques que connaît notre planète.


La Tunisie qui a toujours contribué à l’impulsion de l’action africaine commune, dans les divers domaines, réitère, à cette occasion, sa disposition totale à œuvrer constamment pour la concrétisation de cette orientation et à contribuer, par ses expertises et ses expériences, avec tous nos frères, à la réussite des programmes qui seront décidés par ce sommet :


Monsieur le Président,


Mesdames,


Messieurs,


Les conflits et les guerres qu’endurent notre continent, outre la rareté des ressources naturelles, la propagation des épidémies et la dureté des situations vécues par certains de ses peuples, menaçant gravement les chances de nos pays de réaliser la croissance et la prospérité, et d’assurer une vie digne à leurs enfants, dans le cadre de la sécurité et de la stabilité.


Nous affirmons qu’il ne peut y avoir de solution pour ces problèmes sans une solidarité véritable et une entraide efficiente entre les pays de notre continent selon les possibilités de chacun d’eux, et sans le soutien de nos partenaires et de nos amis dans le monde, en particulier les Etats riches. C’est cela qui garantit la paix et la stabilité dans le monde, puisqu’il n’y aura pas d’avenir pour l’humanité sans une solidarité internationale globale efficace et durable entre ses peuples.


Merci de votre attention”.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com