Des effets de la politique du clair-obscur…





Le Proche-Orient reste, décidément, ce volcan en perpétuelle activité, porteur à longueur d’année de nouvelles pathétiques, tragiques et stressantes pour l’ensemble de la Communauté internationale. Dans cette région exsangue qui traîne ses heurts et malheurs depuis des lustres, l’armée israélienne occupe souvent les devants de la scène, multipliant les incursions dans les Territoires et donnant la pleine mesure de son sinistre talent en matière d’assassinats ciblés de militants palestiniens.


Il arrive aussi que des Palestiniens, dos au mur et en désespoir de cause, commettent l’irréparable et sacrifient leur vie sur l’autel d’une liberté, ardemment recherchée, mais qui relève, encore et toujours du domaine de l’utopie. C’est ce qui s’est passé hier à Al Qods où un Palestinien, au volant d’une pelleteuse, a tué au moins trois Israéliens et blessé plus de 45 autres avant d’être abattu. La police israélienne a estimé qu’il s’agissait d’une «attaque terroriste» perpétrée par un jeune Palestinien, âgé de 30 ans, résident à Al Qods-Est occupée, marié et père de deux enfants.


Cette nouvelle tragédie révèle à bien des égards que l’injustice et la répression nourrissent les sentiments de haine et les solutions extrêmes. Elle est ainsi la conséquence logique et attendue et une réponse naturelle aux agressions israéliennes contre le peuple palestinien. Quand bien même une trêve fragile avec le Hamas serait actuellement en cours à Gaza, l’armée israélienne continue de ratisser large du côté de la Cisjordanie notamment. La poursuite de la colonisation y compris à Al Qods, où les autorités israéliennes envisagent la construction de plusieurs centaines d’habitations, corse davantage la situation et accroît par conséquent la frustration des Palestiniens. L’attaque à la pelleteuse a cristallisé, au fait, le désespoir et le dépit d’un peuple palestinien livré sans ménagement à son triste sort et qui souffre le martyre pour faire entendre sa voix et rappeler la légitimité de sa cause.


La tragédie d’Al Qods montre en tout cas que le statu quo actuel est générateur de dérives potentielles et d’instabilité permanente dans la région. Les tergiversations israéliennes risquent de doper l’insécurité et l’incertitude.


Sans l’ouverture d’une réelle fenêtre d’espoir pour les Palestiniens, la paix au Proche-Orient ne sera qu’une illusion et un rêve fugace et insaisissable.


Les gouvernants israéliens auront certainement l’occasion de mesurer les effets pervers de leur politique du clair-obscur et leur propre perception de la paix qu’ils ont toujours considérée comme une équation à plusieurs inconnues mais dont le résultat serait éternellement zéro.


Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com