Eventuelle attaque israélienne : L’Iran brandit la menace du pétrole





L'Iran, quatrième pays exportateur de pétrole au monde, a lancé hier à Madrid une sévère mise en garde contre les conséquences sur les prix déjà très élevés du pétrole qu'aurait une attaque militaire des Etats-Unis ou d'Israël contre son programme nucléaire.


Le Quotidien-Agences


"L'Iran ne resterait pas impassible et réagirait férocement" à toute action hostile, a averti le ministre iranien du Pétrole Gholam Hossein Nozari, au XIXe congrès du pétrole qui se tient jusqu'à aujourd’hui dans la capitale espagnole.   "Alors que la seule mention (d'une possible attaque, ndlr) rend le marché très volatil, pouvez-vous imaginer ce qui se passerait en cas d'une quelconque action... quel serait le résultat sur le marché du pétrole?", a-t-il lancé en guise d'avertissement lors d'une conférence de presse.


Le ministre iranien a toutefois laissé entendre que l'Iran ne riposterait pas à une telle attaque en coupant ses livraisons de brut. "L'Iran a toujours été une source fiable d'approvisionnement pour le marché et l'Iran restera toujours un fournisseur", a-t-il ajouté.


Il a en revanche écarté une augmentation de la production de l'Iran, jugeant comme l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) que le marché mondial était suffisamment approvisionné.


Le secrétaire général de l'Opep, le Libyen Abdallah el-Badri, a riposté sur ce point à l'Agence internationale de l'énergie (AIE), défenseur des intérêts énergétiques des pays développés, qui avait prédit mardi des tensions futures d'ici 2012 sur le marché en raison d'une offre déficiente.


"Avec le haut niveau actuel des prix, on ne peut pas dire qu'il y aura une tension sur le marché à partir de 2012 parce que ce n'est pas vrai", a répondu à l'AIE  el-Badri dans les colonnes du quotidien espagnol El Pais.


"Avec ce niveau de prix, s'il y a de la demande, tout le monde fera des investissements et il y aura plus d'offre" en 2012, a-t-il argumenté.


El-Badri a "dénoncé la mythe de la pénurie", faisant porter le chapeau de la flambée du baril aux conséquences de la crise financière des subprimes aux Etats-Unis qui a détourné les financiers vers les matières premières, devenues le produit "le plus attractif pour la spéculation".


Il a aussi exhorté les Etats-Unis "à cesser de harceler les pays de l'Opep", soulignant qu'"avec le boycottage de la Libye, le boycottage de l'Iran et le problème créé en Irak, il y a cinq à six millions de barils par jour qui manquent sur le marché".


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La Maison-Blanche dément


Le Quotidien-Agences


L'administration du président Bush a démenti les affirmations d'une source anonyme du Pentagone citée par la chaîne ABC, selon laquelle des frappes israéliennes contre l'Iran seraient lancées avant que le pays ne se dote de l'arme atomique ou de missiles à grand rayon d'action.


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Moscou : Une opération militaire serait «catastrophique»


Le Quotidien-Agences


La Russie a mis en garde hier contre toute opération militaire qui viserait l'Iran, estimant que cela serait "catastrophique" pour toute la région.


"Tout cela est très dangereux. Si la force est utilisée, cela sera catastrophique pour tout le Proche-Orient", a déclaré une source au ministère russe des Affaires étrangères à quelques journalistes.


Cette mise en garde intervient alors que l'armée israélienne a effectué début juin des manoeuvres en Méditerranée qui pourraient être destinées, selon le quotidien New York Times citant des responsables américains, à préparer une éventuelle attaque contre les installations nucléaires d'Iran.


Téhéran est "prêt à regarder sérieusement les propositions" qui lui ont été présentées par les grandes puissances pour tenter de régler la crise du nucléaire iranien, a ajouté la source diplomatique russe, qui a fait état d'un "signal positif".


"Je ne dispose d'aucune information confirmant ces dires", a déclaré le porte-parole officiel de la Maison-Blanche Tom Casey.


Selon lui, "le nombre de sources anonymes prétendant être au fait des intentions des hommes politiques d'autres pays -israéliens ou autres- laisse rêveur".


M. Casey a ensuite tourné en dérision la source d'ABC, présentée comme un "haut représentant du Pentagone".


"Il va falloir que je trouve ce type, car apparemment il est expert des forces armées israéliennes, de l'Iran et des questions nucléaires: qu'on lui donne le prix Nobel", a plaisanté le porte-parole.


La source d'ABC a affirmé lundi que le Pentagone redoutait la "probabilité croissante" de frappes israéliennes contre l'Iran fin 2008.


Selon lui, la première "ligne rouge" au-delà de laquelle l'attaque pourrait être déclenchée serait la livraison au réacteur iranien de Natanz d'une quantité d'uranium enrichi suffisante pour mettre au point une bombe atomique, ce qui pourrait advenir courant 2009.


La seconde est l'acquisition de missiles russes sol-air à grand rayon d'action S-300 (SA-20 selon l'appellation américaine), Israël souhaitant frapper avant que les missiles soient mis en service, a annoncé la même source.


Les autorités russes ont à plusieurs reprises déclaré qu'elles n'envisageaient pas de livrer à Téhéran des S-300, capables de neutraliser missiles balistiques, hélicoptères et avions de combat, et d'atteindre des cibles terrestres ou maritimes.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com