145 US dollars !!





3 juillet 2008, il est 10h du matin en temps GMT, le baril du Brent vient d’atteindre les 145,62 US dollars (144,96 sur le NYMEX). Quand on pense que le prix du baril de Brent était dans les 10 dollars en 1998 et 30 dollars en 2003 puis dans les 60 dollars en 2007, on mesure l’ampleur de l’explosion. Et n’ayons pas peur des mots: la situation est grave. Pourquoi ?


Parce qu’un nombre incalculable de facteurs se liguent, il est impossible que nous revenions aux niveaux de prix des années passées et la tendance serait même à une poursuite de l’envolée des prix. Ces facteurs, nous les connaissons tous. C’est la raréfaction des gisements pétroliers et le tarissement des réserves tendues comme des cordes à piano par l’augmentation incessante de la demande de géants démographiques comme la Chine et l’Inde qui rejoignent à grands pas la consommation américaine et européenne, la crise constante au Moyen-Orient qui est le réceptacle des plus grandes réserves mondiales, la crainte de l’imminence d’une guerre contre l’Iran (4e producteur mondial)…


Pour la Tunisie, nous devons avoir le courage de regarder la vérité en face. Cette tendance irréversible à la hausse des prix de pétrole nous prend à la gorge alors que nous importons 72% de nos besoins en mazout, 78% de nos besoins en GPL (pour les bouteilles de gaz) et 58% de notre essence.


Bien sûr, l’Etat qui est absolument soucieux de préserver le pouvoir d’achat des Tunisiens et la compétitivité des entreprises y va de ses propres deniers pour compenser ces hausses. C’est ainsi qu’à chaque litre de mazout que vous achetez, l’Etat paye avec vous 635 millimes. A chaque litre d’essence, il vous fait grâce de 360 millimes. A chaque kilo de fuel, il vous offre 510 millimes. Et, sur chaque bouteille de gaz, il se charge pour vous de 12,2 dinars.


Qu’est-ce que cela veut dire ? Il y a quelques mois alors que le pétrole était à moins de 100 dollars, le Premier ministre a affirmé en public que chaque dollar d’augmentation dans les prix du baril de pétrole coûtait à la Tunisie 25 millions de dollars par an. C’est-à-dire que pour 10 dollars de hausse sur le marché, la Tunisie casque 250 millions de dollars. Faites le compte de ce que coûte à l’Etat une hausse de 100 dollars !!


L’argent de la Tunisie est précieux… et nous irions même jusqu’à dire qu’il est sacré ! Car cet argent sert à entretenir et à construire des écoles et des universités, des routes et des ports, des hôpitaux et d’autres infrastructures qui donnent un sens à la vie de chacun d’entre-nous. Cet argent sert aussi à créer des postes d’emploi pour nos enfants, à développer les régions de toute la Tunisie, à aider nos entreprises à exporter, à préparer les conditions qui attirent les investisseurs…


C’est ce dont nous devons tous être conscients, car, en un mot comme en cent, cet argent est la garantie de notre avenir et nous avons le devoir patriote de le sauvegarder. Comment ?


Tout simplement en assumant pleinement notre devoir de sincérité et de discipline. En n’utilisant nos véhicules que quand il le faut. En conduisant doucement. En faisant de la maintenance et de l’entretien de ces véhicules un sacerdoce. En éteignant derrière nous quand nous quittons une pièce. En nous abstenant d’ouvrir le réfrigérateur à tout va… et tous ces gestes si simples d’économie d’énergie et pourtant si significatifs quand ils sont additionnés les uns aux autres…


Manoubi AKROUT


manoubi.akrout@planet.tn




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com