L’œil de l’observateur – Rejeb Essayeh : «La touche des deux entraîneurs sera déterminante»





Nous y voilà enfin, à cette fameuse finale de Coupe qui nous a fait tant languir, tant souffrir. A la dernière marche, nous retrouvons les deux écuries les plus cossues du circuit, à savoir l’ESS et l’EST. Comment se présente ce duel d’escogriffes et qu’est-ce qui peut faire la différence entre eux? Rejeb Essayeh, avec sa perspicacité coutumière, nous édifie.


«Avant de décortiquer le jeu des uns et des autres, j’irai droit au but. Et même si l’assertion que j’avancerai a tout l’air d’une lapalissade, l’empreinte des deux entraîneurs sera déterminante plus que de coutume.


A l’ESS, c’est une sorte de 2 en 1. C’est que l’entraîneur sortant, Bertrand Marchand et le nouveau coach en place, Michel Decastel continuent de se concerter. Les conseils du premier, associés aux acquis engrangés depuis quelques semaines par le second, ainsi que la connaissance de ce dernier de l’ambiance et de la tradition de mise chez l’adversaire espérantiste à la lumière de son passage au parc B, constituent une banque de données extrêmement riche.


Concernant le rendement de l’ESS ces derniers temps, l’objectivité nous dicte d’observer certaines réserves.


C’est que les absences à répétition pour diverses raisons (départs, blessures, suspensions, choix...) ont grandement bémolisé le jeu étoilé. A cela, il faut ajouter l’état psychologique tout aussi perturbé de Chermiti et au risque de surprendre plus d’un l’apport mitigé de Berradhia. En effet, en s’échinant à faire oublier son prédécesseur, Ben Frej, le nouveau latéral droit fait preuve d’excès de zèle. Il y a trop de dribbles superflus dans son jeu, ainsi que cette fâcheuse habitude d’effectuer des crochets en pleine chevauchée, au détriment du jeu direct, ce qui permet à la défense adverse de trouver le temps de se replacer, outre un repli assez lent. Par ailleurs, la défense étoilée s’est caractérisée ces derniers temps par sa criante perméabilité, comme l’atteste la dernière sortie en demi-finales face au S.T.


Pour l’EST, c’est pratiquement le même son de cloche. Contre  EGSG, et mis à part le penalty marqué, le scénario fut quasiment identique, avec un gardien fébrile et toute une défense prenable.


Le fait d’avoir opté pour un seul pivot a fragilisé le rendement défensif. Certes, c’est un choix comme un autre et qui privilégie l’offensive, mais le risque de déséquilibre compartimental est évident.


De plus, à l’instar de l’ESS, l’effectif de l’EST se caractérise par son instabilité, si bien que jamais les deux équipes ont aligné les mêmes joueurs trois ou quatre matches de suite. Une autre similitude se donne à voir, celle inhérente au staff technique. En effet, le Brésilien opère pratiquement en terrain conquis, puisqu’outre son passage éclair en début de saison, il a retrouvé, à son retour, le même adjoint, étant ainsi doté de tous les éléments utiles. Pour tout dire, le match s’annonce très équilibré, même si j’estime que l’EST, un tantinet plus offensive, part avec un léger avantage. Je pense que les joueurs ne doivent pas trop s’empêtrer dans les schémas tactiques. Ce qui compte le plus, c’est le rôle à tenir sur le terrain, ainsi que le placement et le replacement. De même, la touche des deux entraîneurs sera décisive, au niveau notamment de l’homogénéité et de la complémentarité entre les lignes et les joueurs. Je n’abrégerai  pas sans émettre le souhait que l’ESS démente mes appréhensions afin que le niveau de cette finale s’élève aux cimes escomptées et que le football en sorte grandi».


Propos recueillis par


Wahid SMAOUI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com