De retour de Syrie : Damas, une capitale spirituelle





Damas, la capitale de la culture arabe de l’an 2008, célèbre aussi l’année Saint Paul, l’Homme de religion qui a prêché le christianisme à ses premiers balbutiements dans le monde occidental. Le démarrage de cette festivité a été donné à « Dir Al Roya », une banlieue damascène perchée sur le haut de la colline Kawkab. C’était en la présence de représentants du Vatican et de la communauté chrétienne et de nombreux Musulmans dont le Mufti des « diars » syriennes.


2000 ans sont déjà passés sur l’anniversaire de Saint Paul. La Syrie, que nous visitons pour une semaine, veut un tant soit peu montrer à la communauté internationale que ses terres bibliques étaient le lieu d’où s’est propagée la religion chrétienne à travers le monde.


Le premier à avoir appris le Christianisme à Rome était en effet Saint Paul. Ce personnage, venu du fin fond de l’Histoire des religions, aujourd’hui vénéré au Vatican, a vécu, rappelons-le en Syrie et était parmi les premiers disciples du Christianisme. Il a pris son départ depuis la Syrie pour répandre LA BONNE PAROLE.


Conversion de Saint Paul


Saul (devenu après sa conversion le Saint Paul) était venu en effet à la tête d’une troupe en direction de Damas pour combattre cette nouvelle religion et ses précepteurs au pays du Cham. On dit alors qu’à l’entrée de la ville une lumière éblouissante l’enveloppa de sa clarté et le joncha par terre. Saul entra Damas aveugle. ‘’Anania’’, un saint, est venu le voir, sous un ordre divin, le guérit et lui confessa cette nouvelle religion. Saul est devenu Saint Paul et a été lui-même persécuté par les juifs. Ses disciples le descendirent dans une corbeille le long des remparts de Damas. Il prend la fuite en direction de Rome. Qu’en est-il aujourd’hui de cette histoire de conversion ?


A Damas, les traces de Saint Paul et de la religion chrétienne à ses débuts jusqu’à aujourd’hui existent et sont offertes à la postérité. Une visite guidée entre les rues et les ruelles de la ville ancienne notamment, nous amène entre autres à l’Eglise Anania située à Bab Charqui qui abrite le quartier chrétien et ses multiples églises. Le visiteur peut voir, entre autres, la fameuse corbeille qui a servi de démonstration lors de la visite du Pape Jean Paul II en Syrie en 2001. Mieux encore, le ministère du Tourisme syrien a conçu un nouveau circuit de tourisme religieux qui permet aux visiteurs intéressés de méditer sur les traces du christianisme. « Le chemin vers Damas » est une invitation à voir de près ce qu’est vraiment la Syrie, une terre biblique qui a choisi la spiritualité comme voie de guidance contrairement à ce qu’on voit ou entend dans certains médias qui coulent ce pays dans le moule des préjugés et des idées toutes faites que veulent propager à tout prix certaines parties…


Célébration de l’Année Saint Paul


C’était d’ailleurs l’axe principal des interventions données le jour de la célébration du 2000ème anniversaire du Saint Paul, prononcées par le ministre du Rourisme, M. Saadallah Agha Al Kalaa, le Patriarche Auguste Hazim et le Mufti musulman Ahmed Badreddine Hassoun. La Syrie, qui veut garder cette date dans les mémoires individuelles et collectives, annonce que ce jour-là, le 28 juin 2008 est le coup d’envoi de la célébration de l’Année Saint Paul. On convie à cette occasion des Musulmans et des Chrétiens à célébrer ensemble cette festivité importante. (Comme c’est le cas des différentes autres fêtes religieuses concernant les Musulmans ou les Chrétiens).


Ce qui mérite d’être relevé en premier est que cette festivité était un rendez-vous surprenant d’images. Des invités du Vatican et de plusieurs chaînes de télévision arabes et mondiales (une centaine), de hautes personnalités politiques dont le ministre du Tourisme syrien étaient tous présents à cet après-midi placé sous l’emblême de la fraternité.  On voyait bien que les Chrétiens qu’ils soient orthodoxes, catholiques ou autres sont tous représentés ici par leur chef spirituel le Patriarche Auguste Hazim. Les Musulmans n’étaient pas en reste. Ils étaient là. Et à leur tête le Mufti des diars syriennes qui a prononcé un discours dont le moins qu’on puisse   dire : historique. Ses paroles ont été traduites du côté de l’assistance par un déluge d’applaudissements qui ne peuvent que laisser pantois les invités qui connaissent mal la Syrie, en dehors de ce qu’ils voient à travers les médias et de leurs outrages faits à l’Histoire de l’Humanité.


Miser sur l’Homme


« Nous sommes frères dans la croyance » avance le mufti d’une voix sûre prêtant à l’attention. Et d’ajouter « Le Christianisme n’est pas venu en Syrie pour devenir son ennemi… Allah a choisi cette terre qu’il a bénie. C’est le berceau des civilisations et des religions monothéistes que connaît aujourd’hui l’Humanité tout entière. » Le mufti a invoqué des exemples et des faits de la réalité qui viennent à l’encontre de ce que veulent montrer certains médias. Son discours ne manquant pas d’amertume quant à l’évocation des avatars la politique internationale, il dit: « Nous avons envoyé la lumière de la religion au monde occidental. On nous a rendu des bombes et des armes de destruction massive. Nous avons parlé le langage de l’Amour et de la spiritualité, on nous a répondu par celui de la haine et de la volonté de spolier nos terres, de mutiler notre histoire et de faire gicler de partout le sang des innocents. » .. . « La Syrie, dit-il pour conclure, Bilad Al Cham, mise aujourd’hui sur l’Homme. C’est le plus saint des églises et des mosquées. » Que dire de plus ?


M.B.G.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com