Portrait : Amel Badri L’artiste qui parle avec la nature





De la lumière de l’aube qui éclaire les vallées, des délicieux babillages des ruisseaux et des fleuves…et des soupirs des fleurs champêtres, l’artiste-peintre Amel Badri a fait un art qui échappe aux standards. De ses odes d’amour et de reconnaissance à sa muse, l’artiste nous a parlé.


Pénétrer l’univers de l’artiste-peintre Amel Badri, c’est s’offrir une balade printanière ici et là, dans ces champs qui font la beauté de la Tunisie. C’est aussi écouter les gazouillis des oiseaux se confiant aux branches des arbres et admirer les chorégraphies des fleurs. Et ce n’est jamais de l’exagération, car l’artiste a choisi de se laisser guider par sa fidèle et généreuse muse qui a pu ranimer sa flamme et l’a aidée à faire ses premiers pas dans le monde mystérieux des formes et des couleurs. «J’ai appris, au fil des années, à être à l’écoute de tout ce qui m’entoure. Quand j’ai commencé à peindre, j’avais la sensation qu’un nouveau monde ouvrait ses portails devant moi, m’appellait. Je ne sais en fait si la nature qui m’est venue ou c’est moi qui l’ai cherchée», souligne Amel Badri qui a étudié les langues avant de décider de tout laisser tomber pour se consacrer à son art et à sa famille. Dans son atelier situé à Mutuelleville, elle élabore les projets de ses tableaux… Des tableaux qui ne sont pas les fruits du hasard. Car, pour donner le jour à une œuvre, Amel Badri fera le tour des jardins, des vallées et des montagnes pour récupérer les matériaux nécessaires. «Mes débuts en tant que céramiste m’a beaucoup appris en ce qui concerne le traitement de la matière. Comme tout le monde le sait, la céramique est une matière très sensible…Un geste qui manque d’adresse ou mal dosé peut tout détruire et ce n’est jamais facile de refaire l’œuvre, car même pour trouver la bonne matière, on doit parfois attendre un long temps. Je pense que ces liens intimes tissés avec la matière m’ont aidée à avancer et à se pencher de plus en plus sur la question écologique. Alors en se baladant, je ne laisse rien m’échapper. Je ramasse tout. Le cœur à l’écoute de cette beauté naturelle, les sens bien éveillés…, j’essaie de tout enregistrer dans ma mémoire et dans mon cœur car l’appareil-photo ne peut pas tout prendre surtout les senteurs et les sons. Je ramasse des fleurs, des branches, des troncs d’arbres, des cailloux…tout ce qu’il me vient à la main au fil des saisons. Et c’est par la suite, et en fonction de ce que j’ai ramassé et du projet que j’ai en tête, que j’ai élaboré mon œuvre. C’est un joli moment où fusionnent des senteurs qui ont marqué mon enfance, les souvenirs de ses promenades…», nous explique Amel Badri qui a opté pour le retour à la nature, à la source de toute expression artistique. Très consciente des problèmes écologiques et très attentive à ses problèmes dus au réchauffement de la planète, l’artiste a fait de son art des vraies campagnes de sensibilisation pour la protection de l’environnement. C’est dans ce registre qu’elle donne le jour à ses récits picturaux où l’animal et l’humain, le naturel et l’artificiel, la vie rurale et la vie urbaine s’entrelacent, traduisant ce souci.


Après son exposition «Images eidétiques» du côté de la galerie «Le Damier», en compagnie de Emna Berrehouma, Selma Chérif Dziri et Sylvain Montéléone, Amel Badri est invitée pour prendre part à une deuxième exposition à la Médina Hammamet. «Je suis vraiment contente d’avoir partagé avec ce bouquet d’artistes les cimaises de la galerie « Le Damier». C’est une exposition qui répond parfaitement à mon style et mon approche», a souligné Amel Badri avec un grand sourire, espérant pouvoir mettre de plus en plus son art au service de l’environnement et parvenir à sensibiliser la nouvelle génération.


Bon vent !


Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com