Une offense contre la souveraineté des Etats





Le mandat d’arrêt lancé par le procureur de la Cour Pénale Internationale, Luis Moreno-Ocampo, contre le président soudanais Omar Al Bachir, constitue une première dans les annales de ce tribunal dans la mesure où il s’agit de la première inculpation d’un chef d’Etat souverain, de surcroît en exercice. Le droit à l’immunité comme c’est d’ailleurs la coutume dans les pays démocratiques ne lui a pas été accordé. Le procureur a élaboré une série d’accusations de génocides contre des ethnies soudanaises. Sans entrer dans les détails des attendus de l’inculpation qui devraient faire partie du secret de l’instruction, beaucoup de données ainsi que le contexte international laissent apparaître clairement qu’il s’agit d’une action s’inscrivant dans la pure logique guerrière qui prévaut durant ces derniers temps dans le monde et précisément dans la région du Moyen-Orient.


Disons-le tout de suite, la question de Darfour, d’une superficie plus grande que la France , constitue un problème très complexe envenimé par les innombrables immixtions répétées des forces obscures du mal. Il était difficile dans ce contexte que l’autorité centrale agisse selon ce que dictent la logique et le bons sens et l’intérêt du peuple soudanais.


Est-ce par hasard que les foyers de tension sont périodiquement allumés dans des pays arabes qui possèdent des potentialités considérables? Est-ce par hasard que des auteurs de véritables génocides, de tueries et de massacres répertoriés circulent librement à travers le monde parfois avec tous les honneurs, la considération et l’estime. Combien de morts sont inscrits sur la conscience de Ariel Sharon, Ehud Barak, Ehud Olmert et autres? Sur quel registre faudrait-il inscrire les millions de morts, de disparus, de blessés et de mutilés de l’Irak. Il est évident que l’administration américaine et à sa tête l’actuel président George W. Bush et compagnie assument la responsabilité de la destruction systématique de l’un des pays qui a vu la naissance de l’humanité, en l’occurrence l’Irak. Il semblerait que le procureur du Tribunal Pénal international est mal informé de ce qui se déroule dans cette petite planète.


Ce qui se passe aujourd’hui au Soudan, sous prétexte d’un prétendu génocide, s’inscrit dans une stratégie mûrement réfléchie visant à asseoir une logique machiavélique et pourquoi pas à barrer la route devant la Chine dont les relations avec le Soudan sont actuellement au beau fixe. La requête du procureur du TPI constitue une manœuvre aux visées purement politiques pour décapiter un pays souverain et le plonger dans la violence et l’anarchie. Il s’agit d’une véritable offense et une insulte contre la souveraineté des Etats membres de la communauté internationale et de l’organisation onusienne.


Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com