Festival International de Carthage : Youssou N’Dour crée la sensation





Des spectacles étrangers, on en programme dans tous les festivals internationaux en Tunisie, mais celui animé avant-hier soir à Carthage par Youssou N’Dour sort de l’ordinaire et donne surtout matière à commenter aux fans de l’artiste et aux laudateurs des concerts, même ceux ayant des connaissances superficielles sur la musique africaine.


C’est qu’une heure avant le concert, les gradins de l’Amphithéâtre romain de Carthage étaient presque remplis. Des vacanciers, des étudiants, des diplomates, des résidents africains en Tunisie, sans oublier ces nombreux tunisois fans, «branchés» et ouverts sur toutes les influences musicales, ils étaient tous là dès 21h attendant Youssou N’Dour. Son concert valait bien le déplacement et ceux qui se sont rendus à Carthage ne l’ont pas regretté. Tous les ingrédients d’un concert sensationnel étaient réunis. Et l’ambiance de la soirée n’a pas trahi les espérances. «Youssou» était accompagné de deux vocalistes, deux guitaristes et trois batteurs. La danse a été assurée par deux professionnels vêtus de boubous et changeant de look et de gammes, suivant le morceau interprété par l’artiste. Après leur apparition sur scène, les instrumentistes se livrent à l’interprétation de quelques brèves notes. Soudain «Youssou» arrive… Il enchaîne les compositions. «Djambar», «Amitié africaine», «Amour», «Seven Seconds», tels furent en effet les morceaux visités durant la première partie de ce concert. Une partie au cours de laquelle le public était déchaîné. Il y eut d’ailleurs des débordements tous azimuts, puisqu’il aura fallu que les agents de la sécurité se démènent comme de beaux diables pour contenir un public de fans survoltés et qui voulaient aller près de l’artiste. Finalement, «Youssou» en personne demande à ce que le public s’approche. «Nous allons faire la fête» lance-t-il au public. N’empêche, l’ambiance de la deuxième partie fut encore plus électrique. Ce fut du pur «Mbalax», ce genre rythmé qui mit tout le monde sur pied de danse. Le roi du «Mbalax» a entamé cette deuxième partie par un coup de cœur pour l’Afrique. Il chante un de ses meilleurs morceaux «New Africa». «Je veux montrer l’autre Afrique. Une Afrique qui n’est pas synonyme de sida, de pauvreté, de guerre ou de famine», vocifère-t-il. Outre ce morceau, cette deuxième partie a également vu «Youssou» dédier d’autres compositions aux «Toroddo», classe noble des Toucouleurs, mais aussi aux Peulhs, une des nombreuses ethnies de l’Afrique de l’Ouest. Mbaye Diéye Faye, son éternel compagnon de longue date, y a apporté son grain de sel en exécutant des gammes de «Sabar», danse traditionnelle des femmes wolofs, aux côtés de Youssou N’Dour qui garde toujours, malgré l’âge, son talent de danseur habile. Le spectacle finit sur des notes surchauffées, électriques et même pétillantes qui rappellent ces concerts bringuebalés de Youssou N’Dour à Dakar et dans d’autres capitales de la sous-région ouest africaine. 


Ousmane WAGUÉ




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com