Festival de Carthage : «Al Mahassen» sortent au grand jour





Un joli bouquet enveloppé des effluves de l’authenticité : «Al Mahassen». Ce soir, à l’Amphithéâtre de Carthage, le spectacle qui s’est fait beaucoup attendre sera le rendez-vous des nostalgiques de «Rim El Fayala», «Nadouli Khali», «Hizzi Hremek» ou encore «Daouah ya Leghram» et des rythmes salhi qui font dandiner les inconditionnels de l’art bédouin comme on l’aime à la manière de la grande Souad Mahassen de sa voix éraillée et ses danses typées. Unique.


Il est des gens comme ça… pas vraiment oubliés, gardés au fond d’une mémoire individuelle et collective. Souad Mahassen est de ceux-là. On la retrouve, ravie, d’une année à l’autre ou après un certain temps. Et, à chaque fois, même combat, même succès. Depuis trente ans, sa seule lutte est menée contre l’art vite troussé et sans cachet. Elle le dit et l’exerce dans ses spectacles de danse et de chant fleurant bon les senteurs du terroir. Le spectacle de ce soir, Al Mahassen, fin prêt depuis l’année dernière pourtant, a été reporté pour on ne sait quelles causes... Qu’importe, l’heure est venue enfin pour sortir au grand jour les chansons qu’on exhume du fin fond de notre patrimoine musical basé sur l’oralité. Dans la foulée, Souad Mahasen nous dit qu’il lui est arrivée de se déplacer par ses propres moyens à l’affût de rythmes et de chants anciens qu’elle recherche auprès des vieilles dames tunisiennes dans les coins et les recoins les plus reculés du pays. Elle les reprend et les remet au goût du jour sous leurs plus beaux atours. Les arrangements nécessaires, une fois glanés, et les chants transposés sur des supports numériques, Souad Mahassen y ajoute quelques pas de danse bédouins synchrones et surtout en harmonie avec le genre musical choisi. «Ce ne sera surtout pas des pas de techtonic ou de hip hop sur des rythmes tunisiens» avance Mohamed Ali Nahdi son fils à qui incombe la tâche de mettre en scène le spectacle a priori bien ficelé. Pour ce faire, on fait appel à quelques trente spécialistes entre musiciens et danseurs. Abdelhakim Belgayed dirige les musiciens et c’est Habib Trabelsi qui signe la chorégraphie et place sous sa houlette les six danseurs du spectacle dispatchés ici sur trois couples.


Quant à Souad Mahassen, elle n’est plus à représenter. Car, l’artiste a aujourd’hui à ses pieds quelque trente ans de carrière, pendant lesquels elle a sillonné les quatre coins du monde et assisté à des émissions sur les plateaux des chaînes de TV italiennes et françaises les plus en vogue représentant comme il se doit son pays. Pour cette âme bien née, car élevée sur les grandes étendues de terre du Nord Ouest tunisien, la générosité est un devoir. Et ça se répercute sur son comportement avec son public qu’elle gâte d’un art qui coule de source. Depuis trois décennies Souad Mahassen a l’habitude et non pas la lassitude de retrouver son public fait de ceux qui font fi de la musique ne sollicitant qu’hanches et épaules, des nostalgiques du chant d’antan et même des jeunes générations en mal d’émerveillement. L’art de Souad Mahassen pour certains Tunisiens est ce que représente la chanson française d’Aznavour ou d’Adamo pour certains Français qui cherchent à tout prix à garder leur spécificité culturelle, à l’heure où l’identité ne fait que s’effriter. Voilà pourquoi Souad Mahassen place son spectacle de ce soir sous le thème «Tunisienne et fière de l’être» slogan qui accompagne sa campagne de presse de cette année.


Mona BEN GAMRA




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com