Qu’on ne se fasse donc pas trop d’idées





Le candidat démocrate à la Maison Blanche Barack Obama, qui se trouvait hier en Irak pour une brève visite, s'est engagé, s'il est élu, à commencer immédiatement le retrait des troupes américaines déployés dans ce pays.


Largement  favori pour être le nouveau locataire de la Maison-Blanche ses promesses nourrissent  chez plus d’un, un soupçon d’espoir pour la fin de l’occupation de l’Irak et, pourquoi pas, une nouvelle politique américaine dans la région.


Seulement peut-on vraiment y croire ?


A première  vue certes. Etant le premier afro-américain à se hisser à ce poste,  il devra logiquement apporter du sang nouveau à la politique étrangère américaine. Aussi bien ses propos sur l’Irak que son appel au dialogue avec l’Iran, et ce contrairement à son rival de la vielle école républicaine, nous amènent d’emblée à penser dans ce sens.


Oui, seulement cet optimisme devrait être mesuré. Car Obama reste avant tout un Américain. Or un Américain, l’histoire nous l’a prouvé, ne pense qu’à ses intérêts et à ceux des Américains.


La campagne militaire --qui a coûté plus de 500 milliards de dollars aux contribuables américains a été motivée, ne l’oublions pas, par le désir des Etats-Unis de contrôler les immenses réserves pétrolières irakiennes.  Une manne pétrolière, en ces temps de disette, sur laquelle aucun président américain ne cracherait. Suivant cette logique ,il est donc peu probable qu’Obama,  où n’importe qui d’autre,  soit en position de retirer les troupes US d'Irak. 


En tant que président américain il doit avant tout agir pour plaire aux  Américains qui eux pensent avant tout à protéger leurs intérêts dans la région.


Cela est d’autant plus vrai qu’Obama devra composer avec les militaires qui, eux, suivent leurs propres plans qui ne sont pas forcément conformes aux décisions politiques. Le lobbying des vendeurs de la mort, entendez les fabricants d’armes, ne resteront certainement pas les mains croisées en voyant un si alléchant gâteau s’évaporer.


Et puis, en parlant de lobbying, il  ne faut surtout pas oublier le lobbying juif qui ne permettra jamais à quiconque de toucher au statut d’Israël, en tant que première puissance dans la région.


"En tant que président je ne transigerai jamais quand la sécurité d'Israël sera en jeu", a-t-il dit début juin, au cours d'une intervention à Washington devant la principale association de défense des intérêts israéliens aux Etats-Unis.


Qu’on ne se fasse donc pas trop d’illusions. Les changements qu’apportera Obama, s’ils auront lieu, ne seront pas de nature à changer profondément la donne dans la région.


En fait rien ne changera tant que les intéressés se croisent les mains en attendant  un hypothétique changement de la politique américaine.                                     


M.A.B.R.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com