Les jeunes et les études à l’étranger : Voyage au bout des rêves





Qu’est-ce qui prime pour les élèves, les bacheliers et les étudiants? A priori, ils aspirent tous à parvenir au bout du cursus universitaire. Mais ce qu’ils veulent par-dessus tout, c’est garantir leur avenir. En effet, certains jeunes croient que s’ils réussissent à décrocher des diplômes universitaires sous d’autres cieux, cela leur ouvrira plus d’horizons et de perspectives. Raison pour laquelle bon nombre de jeunes rêvent de partir à l’étranger une fois le bac en poche…


Tunis-Le Quotidien


Parmi les candidats au bac, seuls les lauréats ont la chance de profiter d’une bourse d’Etat pour partir étudier à l’étranger. Ils peuvent accéder aux meilleures universités du monde. En revanche, ceux qui ont eu leur bac, avec mention bien ou passable, ne peuvent pas aspirer à une telle opportunité. Toutefois, qu’ils soient brillants ou passables, certains jeunes gens tiennent absolument à obtenir leurs diplômes universitaires sous d’autres cieux. Si leurs moyennes le leur permettent, ils n’auront qu’à régler la paperasse et plier bagages à destination de l’étranger. D’autres, en revanche, ne peuvent pas bénéficier d’une bourse d’Etat. Or, ils font de ce voyage d’études, une vraie idée fixe. Pour ce faire, ils n’ont qu’à mettre le paquet… Ceux qui ont les moyens de se payer les frais d’études à l’étranger peuvent se permettre de réaliser leur rêve. Les autres, en revanche, doivent bon gré mal gré poursuivre leurs études supérieures at home. Toutefois, le rêve de partir reste possible. Au bout d’un premier cycle universitaire réussi brillamment, ils peuvent toujours obtenir une mention qui leur permet de poursuivre leurs études de deuxième cycle à l’étranger. Sinon, ils peuvent toujours le faire après la maîtrise. S’ils obtiennent une maîtrise avec une mention et qu’ils réussissent un parcours universitaire sans faute, les étudiants peuvent toujours partir pour préparer un master, un DESS ou un doctorat. Ce rêve est, pour ainsi dire, un dénominateur commun chez la majorité des jeunes élèves et étudiants. Les uns pensent que cela leur permettra de voyager, d’explorer un nouveau pays, de s’ouvrir de nouveaux horizons, d’avoir un meilleur niveau d’études… Une fois au bout du chemin, ils reviendront en Tunisie pour servir leur pays. D’autres tiennent juste à partir parce qu’ils trouvent qu’une telle expérience vaut la peine d’être vécue. Ce voyage d’études leur permettra, croient-ils, d’avoir des diplômes de très haut niveau et la chance de résider à l’étranger, de vivre de manière plus libre et peut-être même de faire fortune…


Mondher Malki, bachelier, 19 ans, a déboursé huit mille dinars pour partir étudier à Marseille. Le jeune homme a hâte d’y être. « D’abord, je voudrais préciser que j’ai totalement confiance en notre système éducatif. Les diplômés des universités tunisiennes peuvent s’estimer heureux. Plusieurs étudiants étrangers viennent ici pour poursuivre leurs études. Donc, si je tiens absolument à partir, c’est pour une autre raison. Depuis tout petit, je rêvais de devenir pharmacien. Malheureusement, mon score ne me l’a pas permis. J’ai été ajourné au deuxième tour. Et, franchement, je ne suis pas du tout prêt d’étudier autre chose. J’en ai donc discuté avec mes parents et, ensemble, nous avons pris la décision pour que je parte étudier en France. Certes, ils ont dû verser huit mille dinars rien que pour les frais d’études. Mais je suis sûr que je vais pouvoir les rembourser d’une manière ou d’une autre. Cela dit, je dois avouer que je suis excité comme une puce à l’idée de partir. Pour la première fois de ma vie, je vais loger seul et je ne vais pouvoir compter que sur mes propres ressources. Je crois que c’est une expérience qui vaut la peine d’être vécue.  Et puis, il faut dire qu’un jeune est toujours attiré par les nouvelles expériences et de partir à l’aventure. Et puis, le fait de vivre à l’étranger est une occasion pour se former à tous les niveaux. Je n’aurais personne sur qui compter à part moi-même.  Je n’aurai donc qu’à cravacher dur, à travailler et à savoir gérer ma vie tout seul », dit-il.


Hammadi Chérif, bachelier, 19 ans, va également partir à Paris pour suivre des études en Math-Physique-Chimie. « Mis à part les frais de la paperasse, mes parents ont déboursé la somme de dix mille dinars pour que je puisse partir étudier en France. A vrai dire, ce n’est pas une décision que j’ai prise à la hâte. Cela me travaillait depuis des années. Je rêvais, certes, de réussir avec une mention qui me permette de bénéficier d’une bourse d’Etat, mais après avoir passé mon bac, je savais que je n’aurais pas le droit à un tel privilège. J’en ai donc  sérieusement parlé avec mes parents et ils étaient totalement d’accord pour que je parte en France. Je crois que cela m’ouvrira de plus larges perspectives et de plus grandes opportunités. Toutefois, je ne pense pas que je m’établirais en France pour toujours. En fait, je crois que je suis redevable de revenir ici pour servir mon pays et pour mettre mes acquis au service des miens. De plus, mes parents ne pourront pas supporter que je vive toujours loin d’eux. Mais ce dont je suis sûr, c’est que j’aurais bien plus de chance de réussir ma carrière professionnelle si je vais au bout du cursus universitaire et réussir ainsi à décrocher un master de la France. Cela dit, je pense que le fait de se retrouver tout seul dans un autre pays alors qu’on a à peine vingt ans est une réelle chance. Je vais pouvoir apprendre beaucoup de choses, je ne vais compter que sur moi-même. Et ce sera vraiment une expérience très enrichissante », dit-il.


Rami, élève, 16 ans, n’a pas encore pris de décision. Le jeune homme est toutefois très tenté par l’idée de poursuivre ses études à l’étranger. «Je suis encore assez loin de mon bac. Je ne suis donc pas encore en mesure de décider pour l’instant parce que je ne sais pas encore ce que les années à venir vont me réserver. Mais l’idée de partir étudier à l’étranger est très tentante à plus d’un titre. Cela me permettra de m’ouvrir sur de nouvelles cultures, d’apprendre à compter sur mes propres ressources et de ne plus faire la fine bouche. De plus, les études à l’étranger vont sûrement me former de manière plus approfondie. Toutefois, je suis foncièrement contre le fait de continuer à vivre à l’étranger. Je suis Tunisien, je porte l’amour de mon pays dans les veines et je ne pourrais jamais vivre loin de cette terre et loin de ma famille. Je serais comme un poisson hors de l’eau. Même si je pars pour étudier ailleurs, je reviendrais sûrement ici avec un diplôme étranger, une bonne expérience et un bon paquet d’argent pour servir mon pays », dit-il.


Chayma Ennahdi, 19 ans, passera son bac Lettres l’année prochaine. La jeune fille compte partir en Algérie pour poursuivre ses études universitaires. « Je veux étudier les sciences juridiques en Algérie. D’abord, j’ai de la famille là-bas, de plus je suis allée à maintes reprises en Algérie et je me sentais vraiment chez moi. Les habitants de ce pays sont chaleureux et accueillants et ils sont vraiment réglo. Et puis, l’Algérie est « à deux pas», donc je ne me sentirais pas vraiment dépaysée », dit-elle.


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com