Une arrestation et des interrogations





L’actualité politique internationale est dominée par un événement de taille, celui de l’arrestation d’un véritable criminel de guerre Radovan Karadzic  après 13 ans de cavale. En effet il est l’instigateur de massacres d’une rare atrocité décrits par le Tribunal Pénal International de l’ex-Yougoslavie comme des "scènes de l'enfer écrites sur les pages les plus sombres de l'histoire de l'humanité". L’explosion de joie dans les villes de la Bosnie témoigne du soulagement général après l’arrestation de ce boucher en attendant sa comparution devant la justice et son éventuelle condamnation.


L’arrestation intervient après l’entrée en fonction du nouveau gouvernement serbe qui semble, selon les observateurs, déterminé à « lever tous les obstacles sur le chemin de l'Union européenne" et à accorder la priorité aux dossiers les plus urgents. Selon les affirmations de l’analyste politique Dusan Pavlovic, "le gouvernement est guidé par le principe selon lequel les dossiers les plus épineux doivent être traités en priorité, étant acquis qu'un gouvernement a les reins les plus solides au début."


Il semblerait de toute évidence que l’arrestation du criminel de guerre en question n’est pas le fruit du hasard. Bien au contraire tout indique que la planque de Karazic n’était le secret de personne mais tout le monde a décidé comme par enchantement de le lâcher. Des questions fusent au sujet de l’opportunité de l’arrestation. Est-ce par acquis de conscience ou par calcul purement politicien que le criminel de guerre est livré au TPI ?


L’arrestation est-elle liée au dossier soigneusement concocté par ce même tribunal à l’encontre du président soudanais Omar Bachir pour démontrer que le TPI opère indépendamment de toute considération politique ? La capture de Karazic serait-elle un prétexte pour relancer le dossier du président soudanais et démontrer ainsi que les motivations du TPI sont d’ordre strictement judiciaire ?  Cette hypothèse reste plausible. La suite des événements démontrera si l’affaire ne comporte pas des points obscurs.


D’autres criminels de guerre, du reste notoires,  courent toujours en toute impunité. Ils ont sur leurs consciences –s’ils en ont- des milliers de victimes au Proche-Orient et particulièrement dans les Territoires occupés, en Irak et en Afghanistan.


Leurs dossiers mériteraient une priorité absolue. La crédibilité du TPI, durement ressentie, du moins dans le Monde arabe après l’inculpation équivoque du président soudanais, ne pourrait le cas échéant que se renforcer.


Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com